dimanche 15 décembre 2013

Eric Maddox retrace la capture de Saddam Hussein, 10 ans après

Vendredi 13 décembre ne marquait pas seulement un jour de superstition pour tout le monde. En effet, vendredi dernier marquait les dix ans de la capture de Saddam Hussein qui est retracée dans le livre d'Eric Maddox.

A cette occasion, Fox & Friends et KGOU (qui sont des sites/chaînes d'informations) ont pu interviewer Eric Maddox sur cette traque, la capture mais également sur le projet cinématographique Mission: Blacklist.

Voici la transcription de ces interviews. Traduction maison comme d'habitude.

Interview Fox & Friends

Source 1 (Site Fox)
Source 2 (Blog Partenaire Mission: Blacklist)

Cette première vidéo traite de la capture de Saddam Hussein en elle-même sans le segment d'Eric Maddox. Je vous invite à la regarder pour pouvoir situer les événements mais aussi pour en connaître d'avantage sur l'histoire de cette capture. Cependant, pas de traduction pour cette partie puisque Eric Maddox n'y apparaît pas et qu'ils ne parlent pas du film.

Petite citation tout de même, pour vous montrer à quel point les Etats-Unis ont été touché par cette histoire.

"Difficile de croire, qu'il y a dix ans de cela, le dictateur Saddam Hussein fut retrouvé caché dans un trou (littéralement trou d'araignée en anglais, signifiant cachette ou trou à rat en français) après des années de crimes de guerres. Sa capture, une occasion momentanée pour un monde de nouveau libre."

Source 3 (Site Partenaire Spunk Ransom)
Source 4 (YouTube)

Cette fois-ci, vidéo d'Eric Maddox sur le film.

"Présentateur: Et c'est le trou que nous regardons maintenant, recouvert d'une pierre et d'une protection, où se trouvait Saddam Hussein. Quelle histoire! Et je sais qu'ils vont en faire un film et je sais qui va jouer votre rôle!
Eric Maddox: Robert Pattinson va jouer mon rôle, Steve.
Présentateur: Fantastique! C'est super!
Eric Maddox: Oui.
Présentateur: Est-ce que vous savez quand il va se retrouver sur le grand écran?
Eric Maddox: Ils commencent le tournage au printemps, donc... Je ne fais pas partie du monde d'Hollywood alors je vais juste attendre et je ne sais absolument pas quand il sortira sur grand écran.
Présentateur: Eh bien vous savez quoi? Il (Pattinson) a de nombreux fans, vous en avez aussi pour ce que vous avez tous fait il y a dix ans. C'était Eric Maddox qui est désormais un formateur dans l'art des interrogatoires pour le département de la Défense. Merci infiniment pour votre service rendu. Merci pour tout. Et euh, bonne chance avec le film.
Eric Maddox: Merci, vous aussi"

Je vous avoue que je n'ai pas bien compris le comportement assez peu professionnel du présentateur... On voit bien qu'Eric Maddox n'est pas très à l'aise mais les questions posées laissent assez à désirer.
On sait néanmoins que le sergent est très fier du projet et du choix de l'acteur principal.

Nous n'avons plus qu'à attendre le printemps!

Interview KGOU

Il s'agit d'une interview enregistrée, je vous invite à l'écouter en même temps que la lecture de la transcription. Comme d'habitude traduction maison!

Source 1 (KGOU)
Source 2 (Blog Partenaire Mission Blacklist)

"Un natif d'Oklahoma revient sur l'Irak et l'art des interrogatoires lors de l'anniversaire de la capture de Saddam Hussein

Il y a dix ans vendredi, des centaines d'interrogatoires et des mois de travail sur la récolte d'informations ont payé pour Eric Maddox lorsque ses pairs soldats de l'armée américaine ont "rendu" le dictateur Iraquien Saddam Hussein qu'ils avaient trouvé dans sa cachette (son trou d'araignée) près de sa ville natale de Tikrit.

Plus d'une décennie après le début du conflit, et deux ans après le départ de l'armée américaine d'Irak, Maddox dit qu'une fois qu'Hussein a été appréhendé, les Etats-Unis n'avaient aucune idée de la façon dont ils pouvaient reconstruire le pays.

"Les Iraquiens regardent l'Armée américaine et leur font remarquer "Hey, vous êtes responsables maintenant", dit Maddox. "Et lorsque leurs attentes n'ont pas été respectées, ils ont commencés à se retourner contre nous. C'est à ce moment-là que les éléments d'Al-Qaeda entrent en jeu en Irak, et recrutent des citoyens défaitistes et des combattants étrangers, et à partir de là, cela devient une toute autre guerre."

Maddox dit qu'alors que les forces de la coalition étaient très bien préparées pour l'invasion et ont accomplies leur mission qui était le changement de régime, il ne s'est personnellement pas senti prêt d'interroger des insurgés pendant la si bien appelée "nouvelle guerre".





"On m'a appris à interroger des soldats en uniforme et avec une arme sur le champ de bataille" Maddox dit. "Ceux-là étaient des individuels vivant la vie de tous les jours, avaient un travail normal, et étaient chez eux dans des habits de civils, et il n'y avait pas d'évidence contre eux. Et les techniques qu'on nous avait apprises ne fonctionnaient pas."

Maddox est l'auteur de Mission: Black List #1 qui détaille son expérience l'ayant conduit à la capture de Hussein (Saddam). Le livre va être adapté au cinéma avec la star de Twilight, Robert Pattinson, reprenant le rôle de Maddox.
Ayant servi en tant que ranger aéroporté (Airborne Ranger) de l'infanterie autrefois a aidé Maddox à s'adapter aux situations inattendues. Il a rapidement apprit à sympathiser avec ses prisonniers, se mettre à leur place, et gagner leur confiance ainsi que leur respect.

"C'est une situation où je suis un peu Big Brother," dit Maddox. "Tikrit, par exemple, est une petite ville de 20,000 habitants. Je connaissais chaque rue, chaque quartier, chaque famille. Et lorsque je leurs dis, "Vous allez rentrer chez vous parce que je peux vous trouver", ils le feront."

Maddox a servi pendant la tumultueuse décennie où les militaires de l'art de l'interrogation étaient sous les feux de la rampe à cause de leurs techniques d'interrogation plus que controversées, plus communément perçu comme de la torture. Il dit qu'il ne l'a jamais fait, mais il sait que cela existe et a vu le gouvernement des Etats-Unis ainsi que l'Armée faire leur possible pour que cela cesse.

"Nous avons la responsabilité de créer et développer des techniques d'interrogatoires qui sont de loin plus supérieures et plus effectives que la torture," dit Maddox. "Je le ferais à ma façon même si j'avais l'autorisation de torturer. Si nous ne faisons pas ça, il n'y a aucune garantie que cela cesse pour de bon."


TRANSCRIPTION INTEGRALE

SUZETTE GRILLOT, PRESENTATRICE: Eric Maddox, Bienvenue dans World Views.

ERIC MADDOX: Merci de m'accueillir.

GRILLOT: Eh bien, cela fait dix ans que vous avez été impliqué dans la capture de Saddam Hussein. Pouvez-vous retracer, nous donner certaines idées de ce que vous pensez; comment ces dix années ont passé depuis la capture de Saddam Hussein? Il y avait tellement d'optimisme et d'excitation, je suppose, lorsque vous avez appréhendé le dictateur et réussi à changer le régime en Irak, ce pourquoi vous étiez allés là-bas. Nous savons comment cela s'est passé, mais qu'avez-vous à dire sur la suite des événements à partir de là?

MADDOX: Eh bien, c'est une question complète, mais de mon point de vue, en tant que membre de l'Armée, en tant que Sergent à l'époque, il s'agissait d'une période d'excitation. Nous avions l'impression de nous battre pour notre pays, et nous allions faire sortir un dictateur dont nous avions tous entendu parler en grandissant et que nous représentions comme un homme vil. Et nous sentions que nous étions préparés. Nous y sommes allés et avons juste fait tout ça. Nous avons inversé le régime. Nous avons commencé à traquer les cibles de grandes valeurs. Eventuellement, nous avons capturé Saddam, mais le problème je pense, et il ne s'agit que de mon opinion, est que nous ne savions pas comment mettre fin à ça. Parce que nous n'avions aucune idée sur la façon de reconstruire un pays alors que nous en avions la responsabilité. Les Iraquiens regardent l'Armée américaine et leur font remarquer "Hey, vous êtes responsables maintenant". Et lorsque leurs attentes n'ont pas été respectées, ils ont commencés à se retourner contre nous. C'est à ce moment-là que les éléments d'Al-Qaeda entrent en jeu en Irak, et recrutent des citoyens défaitistes et des combattants étrangers, et à partir de là, cela devient une toute autre guerre. Vous avez en réalité deux guerres totalement différentes.


GRILLOT: Donc, il y avait une guerre contre l'Irak, la guerre contre Saddam Hussein, la guerre contre le dictateur, dont le pouvoir avait été retiré. Et vous dites que vous étiez préparé à ça. Vous étiez préparés à combattre dans cette guerre. Mais la seconde guerre a commencé. L'insurrection. Est-ce que c'est ce dont vous parlez, par rapport à une guerre différente?

MADDOX: La seconde guerre d'insurrection menée par des combattants étrangers et celle pour laquelle nous ne pouvions déterminer l'ennemi et gagner le cœur et les esprits des gens. Parce c'est vraiment... lorsque vous combattez une insurrection, c'est tout ce que vous faites. Soit vous gagnez le cœur et les esprits des gens, soit vous n'y arrivez pas. Si il y a des questions concernant la raison de l'échec en Afghanistan, c'est parce que le gouvernement Afghan ne pouvait pas gagner, ils ne peuvent pas gagner le cœur et l'esprit du peuple, et les Talibans le font. Alors, c'est un exemple, et il nous a fallut plusieurs années pour comprendre et réaliser, "Attendez une seconde, on ne peut pas jouer à frapper n'importe où avec ces ennemis-là, il faut que nous construisions des infrastructures, et les aider à construire un gouvernement." Et cela nous a prit plusieurs années, parce que nous n'avions aucune expérience là-dedans.

GRILLOT: Alors lorsque vous dites que vous étiez préparés pour la guerre, je me demandais si vous étiez préparé à faire votre travail en particulier, puisque vous dites dans votre livre et vous l'avez commenté à plusieurs reprises publiquement que vous n'aviez pas vraiment été formé pour devenir interrogateur. Maintenant, vous avez servi en tant que tel en Irak. Vous avez interrogé un bon nombre de personnes menant à la capture de Saddam Hussein, alors étiez-vous préparé à ce boulot? Parce qu'il m'a semblé que vous ne saviez absolument pas à quoi vous attendre.

MADDOX: Lorsque je dis que nous étions préparé, je parlais de l'Armée des Etats-Unis qui fournit la meilleur formation du monde. Nous avions le nombre. Nous n'étions pas fatigués de combats qui avaient duré plusieurs années, mais moi-même, je n'étais absolument pas préparé. Je n'avais jamais conduit d'interrogatoires, et je suis allé là-bas et ai commencé à interroger, les techniques que j'avais apprises ne fonctionnaient pas. On m'a appris à interroger des soldats en uniforme et avec une arme sur le champ de bataille. Ceux-là étaient des individus lambda vivant la vie de tous les jours, qui avaient un travail normal, et étaient chez eux dans des habits de civils, et il n'y avait pas d'évidence contre eux. Et les techniques qu'on nous avait apprises ne fonctionnaient pas. J'avais, néanmoins, servi pendant plusieurs années dans l'infanterie en tant que ranger aéroporté, où on nous apprenait à s'adapter.


GRILLOT: Alors, lorsque vous vous êtes adaptés, en fait, dites-nous comment vous vous êtes adaptés. Vous avez fait quelques commentaires sur le fait que vous aviez trouvé comment vous mettre à leur place, et que c'est une tactique qui vous a aidé à récolter l'information dont vous aviez besoin. Que voulez-vous dire par là?

MADDOX: C'est le principe numéro un auquel je crois. Lorsque j'enseigne l'art des interrogatoires à un futur interrogateur, vous devez absolument vous mettre dans les baskets du prisonnier. Maintenant, qu'est-ce que ça veut dire? Eh bien, on nous a apprit à jeter au visage les preuves que l'on a contre eux pour essayer de briser leur esprit dans le but de leur soutirer des révélations. Jusqu'à ce qu'ils se confessent, on ne peut pas vraiment faire confiance dans ce qu'ils nous disent. Ils sont assis là dans leurs vêtements de civils, et ils ne sont pas vraiment des soldats, et dans leur esprit, vivre sous les règles de Saddam signifie ne jamais se confesser. Alors cette bataille est livrée (entre les deux objectifs). Et en réalité ils ont des problèmes. Ils voulaient rentrer chez eux. Ils avaient de la famille dont ils avaient à s'occuper quotidiennement. Ils avaient des boulots et des responsabilités, et ils avaient besoin de rentrer chez eux. Et comment est-ce qu'on fait ça? Ils doivent m'aider. Je dois attraper leurs patrons faisant partie de l'insurrection. Eh bien, si leur boss est un membre de leur famille, et ils disent, "je ne vais pas vous aider à attraper un membre de la famille", je dois aller encore plus haut qu'eux. Dans ces cas-là ils me regarderont et me diront, "Voilà le plan. Si je vous livre mon boss, ils vont savoir que c'est moi et ils vont me tuer. Mais monsieur l'interrogateur, je dois rentrer chez moi, mais si je vous livre le boss de mon boss, et d'autres individus dont vous n'êtes pas conscients qu'ils existent, allez d'abord les chercher. Capturez-les et ensuite allez chercher le boss de mon boss. Ils penseront que ces gars les ont dénoncé et je serais libre de rentrer chez moi." Et alors j'expliquerais à ce prisonnier, "Tu sais , c'est une bonne idée. Et parce que ton frère fait partie de l'insurrection, j'ai besoin d'aller le chercher, et lui dire de se calmer. Il restera assis chez lui, et il ne fera rien. J'ai besoin que tu rentre chez toi et que tu vives ta vie. Je sais où tu habites. Je sais comment t'attraper. Mais tu vas t'asseoir là-bas et vivre ta vie normalement, deal?" Et il est choqué. Il est épaté. Il est en train de penser, "je vais passer le reste de ma vie dans une prison du gouvernement des Etats-Unis," mais deux jours après j'aurais fait rentrer ces gars chez eux et ils nous révèleront tout ce dont nous avons besoin.

 
GRILLOT: Donc, en termes de tactiques d'interrogatoires alors, j'ai comme l'impression que vous sympathiser avec votre prisonnier. Que vous vous mettez à sa place. Vous prenez en compte leur perspective de la situation et comprenez leur besoin. Est-ce que vous pensez que c'est quelque chose qui s'est répandu bien plus loin que pour les techniques d'interrogatoires et donc s'est étendu à une compréhension de ce dont les Iraquiens avaient besoin? Ou bien si nous étendons même ceci à un autre conflit dans lequel nous sommes impliqués, l'Afghanistan, sympathisons-nous avec les Iraquiens? Sympathisons-nous avec les Afghans? Sympathisons-nous plus largement dans notre politique, ou est-ce que cela est juste limité à l'art des interrogatoires?

MADDOX: Je ne peux pas vraiment parler à grande échelle. Je peux simplement parler de ce que j'ai appris et développé en tant qu'interrogateur. Il semblerait que ce soit une suite logique. La difficulté est d'avoir des commandeurs qui ont le courage de laisser des prisonniers dont ils ont conscience qu'ils se battent contre nous, qui ont probablement tué des Américains, retourner chez eux deux jours après leur arrestation. Lorsque les commandeurs m'ont fait confiance pour que je libère ces prisonniers, et de par cette action - donner des informations - alors nous pouvions avancer. Mais ce fut quelque chose que j'ai fait moi. Je ne peux pas parler d'actions à plus grande échelle. Cependant, je vais dire, je le fais en Afghanistan et c'est tout aussi effectif. Parce qu'à la fin de la journée, les gens veulent simplement rentrer chez eux.

GRILLOT: Mais vers quoi rentrent-ils chez eux?

MADDOX: Ils sont...

GRILLOT: Je veux dire c'est une vie difficile qu'ils vivent ces derniers temps. Est-ce qu'ils rentrent chez eux dans l'insécurité? Est-ce que vous pouvez être confiant qu'ils rentrent vraiment chez eux et qu'ils ne travailleront pas contre vous? Comment établissez-vous cette relation avec eux à travers ce processus?

MADDOX: Eh bien, une fois la journée finie, le principal est qu'une fois que j'ai toutes les informations que j'ai récolté, je sais où ils vivent. Je sais où chacun des membres de leur famille vit. C'est une situation où je deviens Big Brother.

GRILLOT: Vous les connaissez bien. Vous les connaissez même très bien. Et ils le savent.

MADDOX: J'ai passé des heures avec ces prisonniers, et Tikrit, par exemple, est une petite ville de 20,000 habitants. Je connaissais chaque rue, chaque quartier, chaque famille. Et lorsque je leurs dis, "Vous allez rentrer chez vous parce que je peux vous trouver", ils le feront. Bien sûr, ils retournent en terrain de guerre, mais lorsque vous avez des responsabilités, ils préfèrent y retourner. La plupart de ces leaders, les membres séniors de l'insurrection, ils sont des personnes importantes. Alors ils ont besoin de prendre soin de leur famille. Oui, c'est dur à l'extérieur, mais ils préfèrent être libres.

GRILLOT: Alors, en tant qu'interrogateur, je suis sûre que vous n'êtes pas surpris d'entendre que certains ont été très critiques par rapport aux techniques que vous avez utilisées. Vous avez annoncé clairement que vous n'aviez pas eu recours à la torture pendant vos interrogatoires. Que vous n'avez torturé aucune des personnes qui vous ont mené à la capture de Saddam Hussein. Cependant nous savons que cela arrive parfois. Il y a des preuves évidentes de cela, et juste pour citer un exemple, la capture d'Oussama Ben Laden, par exemple, certains ont dit, et je pense qu'ils en ont fait un film - que ce soit la réalité ou non - qu'il y a eu torture afin d'acquérir certaines informations. Qu'avez-vous à dire par rapport à ça? Est-ce qu'il s'agit de quelque chose de commun? D'inhabituel? Quelque chose dont nous devrions nous inquiéter ou non?

MADDOX: Je pense que lorsque vous regardez l'Histoire de la torture ces dix dernières années, je dirais que cela a absolument existé dans les premières années, et j'y ai assisté... J'ai effectué huit déploiements ces dix derniers années, seulement en tant qu'interrogateur. J'ai vu le gouvernement des Etats-Unis, l'Armée des Etats-Unis, faire tout ce qui est en leur pouvoir pour se débarrasser de cette pratique. Pour l'éliminer. Pour y mettre fin. Cela existait, et ensuite ils ont essayer de s'en débarrasser, et il y avait de petits morceaux restant. Ils ont appris de leurs erreurs, mais à la fin de la journée, j'ai une philosophie qui dit que, lorsque vous êtes un commandeur ou un soldat, un interrogateur également, si la vie de vos hommes est en ligne de mire, ils vont tout faire pour obtenir l'information qu'ils veulent. Alors la responsabilité que nous avons est de créer et développer des techniques d'interrogatoires supérieures et bien plus efficientes que la torture. C'est la seule voie que je puisse garantir. Je le ferais à ma façon même si j'avais l'autorisation de torturer. Je prouverais que les techniques que j'utilise sont plus rapides et plus efficaces. Si nous ne faisons pas ça, alors il n'y a aucune garantie que cela cesse pour de bon.

GRILLOT: Vous avez écrit à propos de ces tactiques. Vous avez parlé publiquement de ces tactiques à plusieurs reprises. Est-ce que cela porte ses fruits? Est-ce que le gouvernement et l'Armée des Etats-Unis utilisent de plus en plus les tactiques que vous promouvez ici et là?

MADDOX: On me demande souvent d'aller enseigner, parler et discuter de mes tactiques. Si certains éléments de l'Armée les utilisent, je sais que les éléments avec qui je travaille les acceptent volontiers, et me demandent de leur apprendre, mais je dirais qu'à la fin de la journée, 95% des militaires de l'Armée ne connaissent pas mes tactiques et elles ne leur ont pas été présentées. Et ce n'est pas parce que je les garde secrètes, on ne m'a juste pas demandé de les enseigner à grande échelle.

GRILLOT: Est-ce pour cette raison que l'insurrection continue aujourd'hui? Nous parlons de dix années en Irak. Encore plus longtemps en Afghanistan. Est-ce votre solution qui va nous aider à combattre l'insurrection?

MADDOX: Je pense qu'il y a beaucoup de choses qui doivent être faites. Si nous regardons dans l'Histoire, si nous nous attardons sur la manière dont nous résolvons les problèmes, je dirais que c'est trop difficile de s'attendre à ce qu'une Armée reconstruise une nation. Je ne pense pas que cette responsabilité soit celle des militaires. Je crois que nous devrions réfléchir et se dire "Est-ce qu'on veut vraiment entrer dans cette guerre? Car il va bien s'agir d'une guerre et qu'allons-nous bien pouvoir faire lorsque nous aurons à reconstruire le pays? Est-ce que c'est vraiment ce que l'on souhaite?" Mais oui je pense que les avancées en terme d'interrogatoires seront d'une grande aide. On peut observer tellement de choses qui ont été faites dans le passé, et je pense qu'au final, il faut se demander, "Est-ce qu'on a besoin de faire ça? Est-ce vraiment nécessaire?"

GRILLOT: Alors, je dois le mentionner, votre livre Mission: Black List va être adapté au cinéma. Robert Pattinson a été choisi pour interpréter votre personnage. Que pensez-vous de tout ça? Que va-t-on apprendre? Que va-t-on voir dans ce film?

MADDOX: Je suis vraiment excité par le projet. La seule chose que j'ai demandé est que le film soit aussi réaliste que possible. Et travailler avec Rob, c'est également sur ce trait qu'il insiste. Il me demande tout le temps "Est-ce que c'est vrai? Est-ce que ça s'est réellement passé?" Alors c'est très excitant. Nous verrons.

GRILLOT: Eh bien nous attendons cela avec impatience l'année prochaine.

MADDOX: Merci.

GRILLOT: Merci d'être venu sur World Views, Eric, votre présence a été très appréciée.

MADDOX: Ce fut un plaisir. Heureux d'être revenu."

Comme vous pouvez le constater, seule la dernière partie concerne le film mais je trouvais cette interview intéressante et pleines d'informations sur le personnage d'Eric Maddox. Personnellement , je ne peux m'empêcher d'être admirative devant un homme qui arrive à prendre du recul par rapport à son expérience mais également par rapport aux mondes militaire et politique.

J'espère également que cela vous a donné envie de lire le livre car bientôt, il sera à gagner sur notre blog!

En attendant le mois d'Avril avec impatience, sachez que nous ne sommes jamais à l'abri d'une énorme surprise d'ici la fin d'année!      



 

Aucun commentaire:

Publier un commentaire