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lundi 17 mars 2014

Mission: Blacklist, un tournage de 30 jours prévu avec quelques détails d'organisation

Le film Mission: Blacklist nous aura donner du fil à retordre et nous en aura fait voir de toutes les couleurs. Mais, ne dit-on pas que plus un projet mijote, meilleur il sera?
 
C'est en tout cas ce que nous souhaitons!
 
En tout cas, des nouvelles arrivent tout de même au compte gouttes. Après les encouragements de Dylan Kussman, c'est la Commission des Films de l'Etat de Californie qui nous révèle quelques informations supplémentaires sur le tournage du film Mission: Blacklist.
 
Ainsi, nous apprenons que le tournage escompté est de 30 jours, avec 835 extras, 52 personnes au casting, 85 membres dans l'équipe technique et vous avez ensuite le coût de ce film (comme indiqué ci-dessous)
 
 
Source (Site de la Commission)
Source 2 (@gossipgyal)
Source 3 (Spunk-Ransom)
 
Une bonne nouvelle dans l'ensemble qui ne nous laisse cependant pas beaucoup d'informations telles que la date de tournage, le cast ou encore le lieu de tournage.
 
Espérons donc avoir des nouvelles plus complètes très bientôt!

lundi 24 février 2014

Encouragements de Dylan Kussman, le mot d'ordre: "Continuez d'y croire"

Cette nuit (et donc en fin de soirée hier aux Etats-Unis), Dylan Kussman, scénariste sur Mission: Blacklist, nous faisait part d'une nouvelle réunion entre scénaristes pour le projet cinématographique via son Twitter.

Voici ses tweets, traduits maison comme d'habitude:



"Temps de méditation" - Erik Jendredsen concernant un bon scénario" (RAPPEL: Erik Jendresen est le scénariste principal de Mission: Blacklist)


"Fort café noir avec le producteur de #MissionBlacklist Kevin Waller dans une demi-heure."


"La mise à jour: confiance, passion, détermination. Désolé je ne peux pas récompenser votre patience pour le moment, fans #MissionBlacklist"

Comme vois pouvez le constater, Dylan Kussman nous conseille de tenir bon (ce que nous faisons depuis maintenant deux ans) et que nous serons bientôt récompensés!
Attendons donc et croisons les doigts comme nous le faisons depuis le début de cette aventure.

Et j'espère pouvoir incessamment sous peu vous annoncer une bonne nouvelle.

vendredi 21 février 2014

Mission: Blacklist parmi les 200 films les plus attendus de 2014 selon IONCINEMA

Malgré les doutes qui planent au dessus du projet Mission: Blacklist, le film reste toujours l'un des plus attendus de l'année 2014 selon le site IONCINEMA
 
Source (site IONCINEMA)
 
Voici l'article traduit maison comme d'habitude!
 
 "Les 200 films les plus attendus de 2014: #92 Mission Blacklist de Jesper Ganslandt
MISSION BLACKLIST
 
Réalisateur: Jesper Ganslandt
Scénaristes: Erik Jendresen, Dylan Kussman et Trace Sheehan
Producteurs: Ross M. Dinerstein, Jendresen, Kevin Waller
Distributeur Américain: Droits disponibles
Casting: Robert Pattinson
 
Ses deux dernières œuvres, le sombre et complexe The Ape associé à l'audit empli d'œstrogènes appelé Blondie, démontrent un Jesper Ganslandt au tempérament filmographique charmant et volatile, alors naturellement nous pensons que le réalisateur Suédois peut embellir ce thriller basé sur des faits réels avec des touches sombres de psychose. Nous avons perdu le fil avec ce projet qui devait débuter son tournage en janvier, et avec Robert Pattinson toujours en déplacement, nous pouvons imaginer des nouvelles très prochainement.
 
Le topo: Basé sur le livre Mission: Black List #1 – The Inside Story of the Search for Saddam Hussein – As Told by the Soldier Who Masterminded His Capture par Eric Maddox et Davin Seay, contrairement aux autres interrogateurs sortis tout droit de formation, Eric Maddox (Pattinson) a un esprit beau et brillant. Il a l'habilité unique de déchiffrer des pistes complexes tirées d'événements vraisemblablement communs. Sa mission est de piéger l'homme le plus recherché au monde, Saddam Hussein - et il doit même défier ses supérieurs pour repérer sa proie. Plus il s'approche de la vérité, plus la traque devient dangereuse.
 
Date de sortie: Toujours en développement, pour avoir une chance de sortir sur les écrans en 2014, le tournage de ce film devra se faire avant le mois de mai."
 
Cet article nous apprend deux choses très importantes: la première étant que le film est toujours d'actualité et la deuxième, que Robert Pattinson est pour le moment toujours attaché au rôle d'Eric Maddox.
 
Il ne nous reste plus qu'à croiser les doigts et d'espérer, nous aussi, de prochaines photos de tournage mais cette fois-ci pour Mission Blacklist!

mercredi 30 octobre 2013

Mise à jour sur le site Embankment Films (Production et Sortie)

Le site Embankment Films vient d'être mis à jour:

- La Production se fera le 2 ème trimestre de 2014
- Et la Sortie du film est prévue courant du 1er trismestre 2015.



Va donc falloir encore patienter un peu avant de voir le film sur nos écrans...

lundi 24 juin 2013

Arrivée de Jesper Ganslandt dans l'équipe



Le scénariste Dylan Kussman a confirmé aujourd'hui sur son twitter que Jesper Ganslandt a rejoint l'Équipe de Mission: Blacklist en tant que réalisateur au côté de Erik Jendresen.




Vous pouvez en apprendre un peu plus sur ce jeune réalisateur Suédois grâce à sa page Wikipedia ou Imdb.



Bienvenu dans l'Aventure Jesper :D







Sources: Twitter via MissionBlacklistFilm

vendredi 10 mai 2013

A la recherche d'un réalisateur?

Depuis avant-hier, la boîte de production Embankment Films a provoqué un profond questionnement parmi les fans et les cinéphiles intéressés par le projet Mission : Black List.

En effet, après une visite sur le site officiel d'Embankment Films, une fan (Desert Queen) remarque que le nom du réalisateur Jean-Stéphane Sauvaire a disparu de la page de présentation du projet...

Il y a quelques mois de cela, Embankment Fims via l'American Film Market avait annoncé officiellement le début de recherche de financement pour le projet Mission: Black List, adaptation du livre Mission: Black List #1 écrit par Eric Maddox.


Sur le document ci-dessus, le nom de monsieur Sauvaire y apparaît bien...





Cependant, comme vous pouvez le voir ci-dessous, tous les protagonistes du projet sont notés mais pas de traces de monsieur Sauvaire...





A ce jour, aucun réalisateur n'est mentionné.





Desert Queen a donc décidé de contacter Dylan Kussman via Twitter afin de lui demander si cela s'agissait d'une erreur ou bien d'un changement radical dans l'organisation de la production.

Voici la réponse du script : "good eye and a safe assumption" soit : "très bon œil et excellente supposition"


Il semblerait donc que le projet Mission: Black List soit à la recherche d'un autre réalisateur...
Cela expliquerait peut être les différents reports dans les dates de production et de tournage.

En attendant, Embankment Films spécifie bien que la pré-production sera en cours dès le début de l'été 2013 et que la machine devrait s'enclencher pour de bon à la fin de l'été 2013 pour une "livraison" (c'est-à-dire une date de sortie) pour l'été 2014.

Bien que cette nouvelle nous réjouisse, la disparition de Jean-Stéphane Sauvaire du projet nous fait nous poser de nombreuses questions auxquelles personne ne peut répondre pour le moment.

Enfin, nous avons tout de même de quoi nous réjouir car Embankment Films a annoncé sa présence pendant le Festival de Cannes la semaine prochaine!
De quoi nous garder bien éveillé(e)s et à l'affût de la moindre évolution.

A noter que Robert Pattinson est également attendu à Cannes. Rien d'officiel n'a encore été annoncé.

Il nous suffit donc d'un peu de patience!

mardi 16 avril 2013

EXCLUSIF: Interview de Dylan Kussman, scénariste sur Mission Blacklist

Le projet Mission : Black List #1 reste, malgré son tournage très proche, un mystère tant pour les fans que pour les professionnels du cinéma.


Ainsi, afin de lever légèrement le voile sur ce film, je vous propose une interview exclusive de Monsieur DYLAN KUSSMAN l'un des scénaristes chargé du projet.
Monsieur Kussman m'a effectivement donné la permission de l'interviewer et de vous révéler une ou deux petites choses sur le processus d'écriture d'un scénario tel que celui-ci.

Les propos que vous allez lire ont été approuvé et révélé par monsieur Kussman lui-même, ils ont été recueilli par moi-même. Merci de respecter ce travail. (Tous droits réservés)


Interview (version originale anglaise):

"_ For those who do not know you, could you introduce yourself and tell us what do you do for a living?

"My name is Dylan Kussman.  I've been a professional actor for over 30 years, known best for my roles in such films as Dead Poets Society, The Way of the Gun, X2, and most recently, Flight, and Jack Reacher. I have been a professional writer for about half that time. I wrote the feature film Burn, co-wrote the screenplays Booth and The Mayor of Castro Street, and was writer and director of the hit Web series The Steps. (www.youtube.com/thestepswebseries)"

_ Tell us about your work for Mission: Blacklist and how you ended up being a part of this project?

"I became involved with Mission: Blacklist when head writer and Executive Producer Erik Jendresen contacted me about contributing to the project. At the time, he and his co-writer Trace Sheehan were deeply immersed in adapting Staff Sergeant Maddox's book, Mission: Black List #1, and were looking for an additional voice to help flesh out the main character and structure his remarkable story as a movie. It was an honor to be asked to collaborate with two such accomplished and well-respected writers, on a story with such an incredible pedigree, and I accepted without a moment's hesitation."

_ Was it complicated for you to work on this book and, particularly, on this subject?

"The most challenging part about working on the project for me personally was absorbing the vast amount of research Erik and Trace had compiled before I came onboard. On top of the book itself, there were hundreds of pages of interviews they'd conducted with the Staff Sergeant, firsthand accounts of the Iraq War and of the American presence in Baghdad and Tikrit after Saddam's fall -- I had to get up to speed in a hurry. Once I'd gotten on top of the material, however, I was fortunately able to see a strong and clear contribution I could make towards rendering this soldier's mind-bending ordeal into a piece of dramatic cinema. Incredible human beings don't always make compelling onscreen protagonists, but between the work we've done as writers, Jean Stephane Sauvaire's guiding hand as director, and Robert Pattinson's committment to playing this inspiring figure with the fearless honesty for which he's known, I don't think that will be the case here."

_ Did you work directly with Eric Maddox to sort out what to take or not take from the book?

"Both Erik Jendresen and Trace Sheehan worked more directly with Eric Maddox than I did, and Mr. Pattinson has spent an extended amount of time with him at this point. They will be able to speak to your question better than me."


_ In the story, the blue shirt is very important and during a lecture in Oklahoma University, Eric Maddox said that Robert Pattinson will probably wear it, did you include it in your work?

"Eric Maddox wore the same blue oxford shirt throughout his intelligence effort to help locate Saddam Hussein, and we included that costume choice as part of Maddox's character in the screenplay. Whether Robert will be wearing the actual shirt during the shoot is a question for the director, actor, and Staff Sergeant Maddox to answer."


_ Did you have a word in the castings? And in the choice for the place where it will be filmed?

"No, and no"

_ What do you think of Robert Pattinson's choice as the lead man?

"Robert Pattinson is a phenomenal choice. We were all thrilled when he came onboard. More importantly, after spending lengthy one-on-one time with Staff Sergeant Maddox, and getting Maddox's personal blessing to portray him in the movie ... he is the only choice."

_ What can you tell us (that nobody knows yet) about the movie or the project?

"All I can say is, you've never seen a story like this one, or experienced an intelligence, military or otherwise, like you will Staff Sergeant Maddox's in this film. His is truly a remarkable mind; I remain as much in awe of it now as I was after I first read the book, and I remain very proud to have been a small part of the process of bringing the man and his story to the screen"

_ Do you speak French (even for a little bit)?

"Non, je ne parle pas francais, sauf ...  Commet Tu t'appeles? Je m'appelle Dylan. Ca va? Comme si Comme sa

That's about it!"




Traduction de l'interview (French version)

"_ Pour ceux qui ne vous connaissent pas, pourriez-vous vous présenter et expliquer ce que vous faites dans la vie?

"Je m'appelle Dylan Kussman, j'ai été acteur professionnel pendant plus de 30 ans, plus connu pour mes rôles dans des films tels que Le Cercle des Poètes Disparus (dans le rôle de Richard Cameron), The way of the Gun (en 2000), X2 (X-Men United)et plus récemment Flight (avec Denzel Washington) et Jack Reacher (avec Tom Cruise).
J'ai été scénariste professionnel depuis la moitié de ce temps-là. J'ai écrit le film sur grand écran Burn co-écrit les scénarios de Booth et de Harvey Milk (avec Sean Penn), et j'étais scénariste et réalisateur sur la célèbre série web The Steps (lien sur interview en anglais)"

_ Dites-nous en plus sur Mission : Blacklist et comment vous vous êtes retrouvé sur ce projet.

"Je suis devenu impliqué dans Mission : Blacklist lorsque le scénariste principal et le producteur exécutif Erik Jendersen m'ont contacté afin de me demander si je souhaitais contribuer au projet. A ce moment-là, lui et son co-scénariste Trace Sheehan étaient profondément immergés dans l'adaptation du livre du sergent Maddox, Mission : Black List #1, et ils recherchaient une voix supplémentaire pour les aider à matérialiser le personnage principal et à structurer sa remarquable histoire en un film. Ce fut un honneur d'être sollicité pour collaborer avec de si accomplis et très respectés scénaristes, sur une histoire avec un incroyable pédigré, et j'ai accepté sans la moindre hésitation."

_ Était-il difficile de travailler sur ce livre et, plus particulièrement, sur ce sujet?

"La partie qui tenait le plus de challenge pour moi dans le travail de ce projet était d'absorber la grande quantité de recherches qu'Erik et Trace avaient accumulé avant que je rejoigne l'équipe. En plus du livre en lui-même, il y avait des centaines de pages d'interviews qu'ils avaient effectué avec le sergent, des témoignages de premier ordre sur la guerre en Irak et sur la présence américaine à Bagdad et Tikrit (fief de Saddam Hussein et ville où ce dernier a été retrouvé et capturé) après la chute de Saddam -- J'ai du aller très vite car le temps pressait. Une fois que j'étais informé à tous les plans, néanmoins, j'ai été capable de voir une forte et claire contribution dans l'établissement du profil du soldat capable de "contourner" les esprits et de faire de son histoire une œuvre dramatique pour le cinéma. Les êtres humains incroyables ne font pas souvent de protagonistes captivants au cinéma, mais entre le travail que nous avions fait en tant que scénaristes, le guidage de Jean Stéphane Sauvaire en tant que réalisateur, et l'engagement de Robert Pattinson pour jouer le rôle d'une personne inspirante avec cette honnêteté sans peur pour laquelle il est connu, je ne pense pas que cela sera le cas ici."

_ Avez-vous travaillé directement avec Eric Maddox afin de trier ce qu'il y avait ou non à prendre dans le livre?

"Erik Jendresen et Trace Sheehan ont eu l'occasion de travailler plus directement avec Eric Maddox que je n'ai pu le faire, et M. Pattinson a passé beaucoup de temps avec lui jusqu'ici. Ils seront à même de répondre à votre question mieux que moi."

_ Dans l'histoire, la chemise bleue est un élément très important et durant une lecture à l'Université d'Oklahoma, Eric Maddox a révélé que Robert Pattinson serait susceptible de la porter, l'avez-vous incluse dans votre travail?

"Eric Maddox a porté la même chemise oxford bleue durant toute sa période d'interrogations afin de permettre la localisation de Saddam Hussein, et nous avons inclus ce costume en tant qu'élément du personnage de Maddox dans le scénario. Si Robert portera ou non la véritable chemise pendant le tournage est une question pour le réalisateur, l'acteur et le sergent Maddox."

_ Avez-vous eu votre mot à dire sur les castings? Et sur l'endroit où sera tourné le film?

"Non, et non."

_ Que pensez-vous du choix de Robert Pattinson en tant que rôle principal?

"Robert Pattinson est un choix phénoménal. Nous étions tous aux anges lorsqu'il a rejoint notre équipe. Plus important, après avoir passé beaucoup de temps en tête à tête avec le sergent Maddox, et avoir eu l'approbation du sergent lui-même pour qu'il le représente dans le film... il est le seul choix."

_ Que pouvez-vous nous dire (que personne ne sait encore) sur le film ou sur le projet?

"Tout ce que je peux dire est que vous n'avez jamais vu une histoire comme celle-là ou même que vous n'avez jamais vécu une histoire d'espionnage, militaire ou autre comme vous le ferez avec celle du sergent Maddox dans ce film. Son histoire est celle d'un esprit incroyable, je reste encore autant en admiration devant lui que lorsque j'ai lu le livre pour la première fois, et je reste très fier d'avoir contribué ne serait-ce qu'à une petite partie de cet homme et son histoire sur grand écran."

_ Est-ce que vous parlez français (ne serait-ce qu'un petit peu)?

"Non, je ne parle pas français, sauf ... Comment tu t’appelles? Je m'appelle Dylan. Ça va? Comme-ci Comme-ça"

C'est tout!"



*Propos recueillis par Laura*

Voici donc quelques révélations qui, même si elles ne nous apportent pas de nouvelle du tournage, nous amènent à comprendre mieux le processus de création de ce film mais aussi l'expérience de chacun face à cette histoire et cet homme.
En tout cas, j'espère que cette interview vous a donné envie de lire le livre et surtout de suivre avec une grande attention les news sur Mission : Blacklist.

dimanche 3 février 2013

"5 Raisons pour lesquelles Robert Pattinson est fait pour Mission : Blacklist" par Hollywood.com

Alors que le tournage avait été repoussé, nous avons appris pas plus tard que vendredi soir la bonne nouvelle: Mission Blacklist #1 ou plutôt Operation Blacklist (selon plusieurs sites américains) va être tourné en Avril 2013. L'autre bonne nouvelle pour certains fans anxieux (dont je faisais partie, je l'avoue) est que le tournage se fera soit au Maroc soit en Jordanie...

Le compte à rebours est enclenché, certains paris sont lancés pour la localisation, mais le plus important, le monde du cinéma se pose une question : Robert Pattinson a-t-il la capacité de faire un bon boulot sur un film qui sort tant de son "registre habituel"?

Le site hollywood.com fait taire les mauvaises langues et prouve que le jeune acteur a bien les épaules pour un tel rôle.

Petite photo des Golden Globes pour alimenter l'article et comme d'habitude, une traduction maison!

Sources: Photo: robertpattinsonau.com et article: hollywood.com



"Robert Pattinson traque Saddam Hussein dans un nouveau Thriller : 5 raisons pour lesquelles il est l'homme de la situation

Twilight a fait de lui un nom réputé, mais depuis son explosion de popularité, Robert Pattinson ne s'est pas contenté de laisser la célébrité empiéter sur sa carrière. Son prochain rôle en est la preuve : Pattinson est relié au projet Mission : Black List, un thriller psychologique, dans lequel il doit jouer le rôle d'Eric Maddox, un véritable soldat interrogateur. Maddox fut d'une grande influence dans la capture de Saddam Hussein, son livre complet (d'après lequel le film est adapté) révèle en détails comment il s'est servi de méthodes non violentes et manipulatrices afin de récupérer les informations dont il avait besoin.

Les perceptions de l'étendue du talent de Pattinson sont souvent étroites notamment à cause des demandes reliées au rôle qui l'a propulsé, Edward Cullen (un rôle ne lui rendant aucun service), mais Mission: Black List peut bien faire prendre un tournant catégorique pour sa carrière. Voici pourquoi :

Il est versatile (NA-définition : personnes aux talents variés, ayant des ressources)

Avant toute chose : Pattinson peut sembler détaché tout comme son personnage dans Twilight, mais c'est seulement car il est un acteur sérieux qui souhaite laisser son statut de célébrité hors de son boulot.
Entre les différents épisodes de la bien-aimée franchise, il s'est attaqué à des biopics (Le film sur Salvador Dali Little Ashes), à des drames réalistes (Remember Me) et des spectacles d'époques (Water for Elephants - De l'eau pour les éléphants). Nous n'avons vu qu'une infime partie de ce dont Pattinson est réellement capable, mais sa volonté d'explorer variété d'histoires, thèmes et personnages est la preuve qu'il est plus que capable de prendre les choses à bras le corps et de se salir les mains pour un thriller.

Il n'est pas le premier joli garçon à faire le grand saut dans un thriller

La route de la reconnaissance est semée d’embûches pour les acteurs ayant foulé la scène à un très jeune âge, mais Pattinson est sur la bonne voie. Comme Matt Damon, apparu dans des films dramatiques tels que 'The Talented Mr. Ripley', 'The Lengend of Bagger Vance' et 'All the Pretty Horses' avant de s'attaquer au rôle de Jason Bourne dans 'The Bourne Identity', Pattinson s'est décrit lui-même comme quelqu'un à la recherche d'un rôle qui le pousserait hors de son registre habituel. Bon nombre de personnes ont sous-estimé Matt Damon lorsqu'il a fait le grand saut parce qu'il était maigrichon et intellectuel - pas forcément l'homme d'action recherché. Pattinson est dans le même bateau, mais c'est pour cette raison que la crème de la crème d'Hollywood à ses coachs personnels!

Il est prêt pour une transformation

En parlant de transformation physique, un rôle en tant que militaire - un film centré principalement sur lui apporte à Pattinson une plus grande motivation pour perdre son apparence plus que reconnaissable. S'il doit devenir l'agent Eric Maddox, il va devoir ressembler à ce dernier - et cela se traduit par la perte de sa touffe de cheveux. Et il le fera - Pattinson a beau être réservé dans sa vie privée, il ne s'est jamais épargné afin d'obtenir un rôle. Une peau diamantée semble fou, mais il l'a fait car il le devait. Une tête rasé et quelques kilos de muscles en plus peuvent paraître de tous petits détails, mais un acteur doit revenir de très loin pour échapper aux notions préconçues. Pattinson ne devrait avoir aucun problème à changer son image radicalement.

Il peut devenir vivant

En jugeant le précédent travail du réalisateur Jean-Stéphane Sauvaire (qui est dessiné pour mener le projet), Mission : Black List devrait être grandement cinétique, souvent une effrayante dissection de l'occupation américaine et de la traque de Saddam Hussein. Le film demandera de Pattinson une performance énergétique, l'absolu opposé de ce qu'il a fait dans ses films précédents. Mais n'oublions pas son temps passé dans le monde d'Harry Potter, où l'acteur a été propulsé dans l'action en tant que participant vedette à la compétition des trois sorciers dans la Coupe de Feu. Bon sang, il souriait même dans ce film! Si Black List passe subtilement dans des moments d'action, Pattinson semble être taillé pour le rôle.

[...]


Il se surpasse

Avec Breaking Dawn - Part.2 dans la boîte et prêt à être vu par le monde entier, Pattinson se prépare avec prudence à la nouvelle direction de sa carrière. Il pourrait très bien se la jouer prudent - regarder Zac Efron dans 'The Lucky One'. Mais à la place, il capitalise son expérience afin de collaborer avec des réalisateurs visionnaires dans des projets fous. Le plus bizarre que bizarre Cosmopolis, dirigé par le légendaire David Cronenberg, va redéfinir Pattinson lorsqu'il arriva à Cannes en mai et dans les cinémas à la fin de l'année. Mission : Black List devrait compliquer sa personne plus encore. Même si le film termine en désastre, s'il s'avère être complètement à côté de la plaque pour le rôle, le facteur risque est une assez bonne preuve qu'il a sa place dans ce film. Comme sa partenaire dans Twilight, Kristen Stewart, qui mélange également tout en 2012, Pattinson suit divers chemins menant à une carrière différente qui lui permettra de faire ce qu'il voudra dans le futur signifiant qu'il va tout mettre en oeuvre pour en faire quelque chose de bien."

XXXX


Le tournage approchant, il est vrai qu'on peut se demander comment une personne telle que Robert Pattinson peut prendre un rôle aux antipodes de ce qu'on s'attend de lui. Cependant, n'ont-ils jamais vu 'The Haunted Airman' ou encore 'How to Be'?
Tout ce qui est sûr pour le moment, c'est que l'acteur a toujours montré sa dévotion et sa motivation pour le projet. Ne reste plus qu'à attendre les photos de tournage et les images sur grand écran.
Qui sait, peut être sera-t-il récompensé l'année prochaine à Cannes, ou même plus encore, aux Oscars!

jeudi 8 novembre 2012

Interview de Jean Stephane Sauvaire & Annonce d'une date de tournage pour Mission : Blacklist au AFM

Après quelques temps où les news n'affluaient pas, je suis heureuse de revenir pour vous donner quelques infos sur le projet Mission : Blacklist!

Alors que Jean Stephane Sauvaire continue ses recherches pour les lieux de tournage du film Mission: Blacklist, le blog américain RP Life partage avec nous une interview très intéressante de l'atypique réalisateur.

Les questions sur Mission: Blacklist débutent à la 18ème minute et 36 secondes pour finir à 22 minutes 28 secondes. Un dernier commentaire est également fait à la 23ème minute et 55 secondes jusqu'à la fin. (Merci à RPLife pour cette vidéo et le timing parfait!)

PS : Le son est assez mauvais et je vous rappelle que Jean Stéphane Sauvaire est français, ce qui explique son petit accent frenchy en anglais ;)

Comme d'habitude, traduction de l'anglais au français faite par mes soins.



Journaliste: Vous avez travaillé avec Robert Pattinson? Qu'est-ce que cela vous a fait de travailler avec la star?

Jean Stéphane Sauvaire: Il semblerait que je le fasse en même temps que Rob Pattinson... Et j'étais intéressé de travailler avec lui pour la même raison, il vit quelque chose de réel, il a une super personnalité et c'est pour ça qu'il est si connu aujourd'hui. C'est pour cette raison que tout le monde l'aime comme ça, parce qu'il est si unique et je suis vraiment intéressé de travailler avec ce type, voilà... Et j'ai regardé Cosmopolis par exemple, son dernier film, et je pense qu'il a fait une très bonne performance, il est génial dans ce film, il est totalement différent de la personne qu'il est dans la vraie vie, et pourtant on croit en son personnage. Ce que je veux dire, c'est qu'il est excellent et le personnage qu'il a à interpréter dans mon film, dans Mission : Blacklist, est un personnage complexe, je veux dire que ce n'est pas ce que nous imaginerions venant de Rob Pattinson, ou même ce que nous savons de lui, alors oui cela va être très intéressant je suis sûr qu'il sera super parce qu'il est si intense et qu'il a cette... Je sais que c'est un bon acteur au fond de lui, je suis vraiment enthousiaste de faire ce film et nous allons faire ça ensemble, vous savez, vivre en Irak, répéter des scènes et puisqu'il s'agit d'une histoire véridique, nous allons travailler avec Eric Maddox qui est la véritable personne dont l'histoire s'inspire alors il sera intéressant de mêler le travail avec les équipes Iraquiennes sur place car l'action se passe en Irak, pendant la guerre et je veux vraiment montrer la même chose voyez-vous, quelque chose entre le documentaire et la fiction.

Journaliste: (Petit jeu de mot de la journaliste :"So you go on the lines, on the borderlines") Alors vous réciterez les lignes, en dépassant les lignes (c'est-à-dire les limites)? Vous n'avez aucun problème de dépasser les bornes? Je veux dire, vous savez, d'aller tourner ce film en Irak?

Jean Stéphane Sauvaire: Je pense que je vais faire un bon film. Pour faire un bon film il faut prendre des risques, si vous envisagez le tout avant, si vous calculez tout ce que vous comptez faire... On ne sait pas vraiment comment faire de bons films alors je pense qu'il est important de prendre des risques, et d'essayer différentes manières de filmer, ne pas faire les mêmes choses, il s'agit peut-être d'une attitude punk mais ne pas faire ce que les autres font, le même nombre de jours de tournage, le même coût, le même type de plateau de tournage, de... Non, nous devons essayer de changer, cela peut être par exemple tourner un film à trois personnes ou alors tourner avec 100 personnes pour le même coût, peu importe, ce que je veux dire c'est qu'il faut essayer d'imaginer d'autres types de choses, même dans la manière de travailler avec les acteurs ou encore dans ma manière de filmer, c'est tout ça qui m'intéresse réellement. C'est pour cette raison que j'ai travaillé aussi longtemps en tant qu'assistant réalisateur, tout autant que d'essayer de me faire ma propre idée. C'est un film français mais on peut le faire, ce n'est pas le même script alors on doit essayer de faire le film différemment, comme pour chaque autre film, vous comprenez. Même dans la manière de s'y prendre, vous voyez, on va tourner en Irak parce que je pense que c'est important et ce sera tellement différent de tourner là bas plutôt qu'à Los Angeles dans un studio, ne serait-ce que pour les acteurs, je veux dire être sur place et comprendre comment c'était et rencontrer les Iraquiens qui sont si uniques et intenses et de bonnes personnes, et puis comprendre leur culture et tout ce qui l'entoure, je pense que ça fait partie du progrès.

[...]

Jean Stéphane Sauvaire: C'est une bonne chose de connaître les différents 'mondes' autour de nous et les différents pays et rencontrer des gens différents de nous-mêmes, par exemple dans ce film avec Pattinson, vous savez j'ai passé cinq semaines en Irak, à vivre dans les palaces de Saddam Hussein et lorsque j'étais là bas, je me suis dit 'wow'. Je veux dire, c'est pour ça que j'aime tant faire des films, vous savez. Comment aurais-je pu dormir dans un palace de Saddam Hussein si je n'avais pas été réalisateur, si je ne travaillais pas sur ce film? Je ne serais peut-être jamais allé en Irak et pourtant c'était super d'aller là bas et de comprendre ainsi que de rencontrer les Iraquiens."

XXXX

On commence à en apprendre un peu plus sur ce réalisateur qui semble vraiment différent des autres... Du moins, différent des réalisateurs que je connaissais...

Le projet semble vraiment le passionner et je ne sais pas vous, mais cela m'intrigue de plus en plus.

Cependant, certaines rumeurs circulent sur la sécurité sur place, en Irak. Robert Pattinson lui-même avait évoqué ses doutes dans le MTV First du mois d'août...

Attendons donc de nouvelles interviews et infos de ce côté là!

__________________________________________

Autre nouvelle (merci à ROBsessed), l'American Films Market (un événement important pour la récolte d'investissement dans les projets de films aux Etats-Unis) a publié dans le courant de la semaine dernière un document concernant Mission : Blacklist. En effet, sur le document ci-dessous, vous pouvez voir que la date de tournage serait prévue pour Avril 2013...

On attend plus de détails dès la fin de l'AFM par Embankment Films (boîte de production officielle du film)



Voilà pour le moment. Autre petit article en préparation pour très bientôt!
Bonne soirée à tous ;)

lundi 13 août 2012

Dans la tête de Saddam Hussein

A l'aube d'une promotion pour Cosmopolis, Robert Pattinson n'a encore rien révélé du tournage de Mission: Blacklist, prévu pour la fin du mois, nous nous attendons à quelques révélations sur ce projet spécial.

Si certains d'entre vous regardent les informations, de nombreux bombardements ont eu lieu en Irak la semaine dernière. Ceci, à moins d'un mois du tournage de Mission : Blacklist, nous fait nous poser des questions : est-ce que le tournage aura vraiment lieu en Irak? Les bombardements ne constituent-ils pas un danger pour l'équipe du film? Pourquoi le tournage du film reste-t-il un véritable mystère?

Toutes ces questions, bien que fondées, ne trouveront peut-être pas de réponses dans l'immédiat (en tout cas si les journalistes ou les fans ne les posent pas...).

Alors que nous sommes dans le noir le plus complet, je vous propose de plonger dans l'histoire même du livre et plus particulièrement ce personnage atypique qu'est Saddam Hussein.

En effet, comme vous le savez, Mission: Back List #1 traite de la capture de l'ancien dirigeant de l'Irak.
Pour mieux comprendre ce livre mais aussi le danger de cet homme, nous avons fait quelques recherches dans les livres (on peut remercier ma sœur, Anaïs, qui fait des études de psychologie et qui veut se diriger vers la criminologie) et voici donc une courte analyse de l'esprit de l'ancien dictateur Iraquien!

(Attention : ceci est un extrait d'un livre ayant pour but de voir l'ancien dictateur sous un nouveau jour, il ne s'agit aucunement de nos opinions politiques ou autres.)

Dans l'esprit des meurtriers, de Paul Roland aux éditions Obscuria (la face cachée de l'humain)




"Saddam Hussein - Palaces et paranoïa

Peu avant la première guerre en Irak en 1991, Dr Jerrold Post, un ancien psychiatre qui travaillait pour la CIA, fut chargé d'effectuer une évaluation psychologique du dictateur irakien, car le gouvernement pensait qu'elle pourra l'aider à prévoir sa réaction face à la menace de pression politique internationale ou même d'invasion. Comme Walter Langer l'avait fait avec Hitler, soixante ans auparavant, Dr Post releva des éléments significatifs de la vie de Saddam Hussein qui, selon lui, avaient formé son caractère et alimenté sa névrose. Tout d'abord, il avait été abandonné et maltraité. Saddam Hussein perdit très tôt son père, ce qui contraignit sa mère à le confier à son frère, Khayrallah, qui aurait violenté l'enfant. L'abandon et les mauvais traitements ne furent pas sans conséquence sur son développement psychologique, et créèrent ce que les psychologues appellent "le Moi blessé", une victime qui se méfie du monde et de tous ceux qui l'habitent. Le remariage de sa mère n'améliora pas la situation et Saddam quitta le toit familial à l'âge de huit ans pour retourner volontairement chez son oncle, qui entretint les idées de gloire militaire du garçon.
Saddam se voyait comme un conquérant, mais cette image fut ternie par un fort sentiment d'insécurité, qu'il extériorisa dans les palaces qu'il se fit construire plus tard. Les intérieurs étaient décorés dans un style digne d'un magnat persan, et sous terre, sous les sols incrustés de marbre, il avait fait construire un bunker d'acier et de béton armé pour y abriter du matériel de communication, un arsenal, et même une sortie de secours pour un hélicoptère. Que ce soit dans la vraie vie ou dans son état interne, Saddam Hussein était effectivement assiégé.
Lorsqu'il est assiégé pour de bon, le Moi blessé est généralement autodestructeur. A l'instar de Hitler et d'autres dictateurs, Saddam Hussein ordonna la destruction des infrastructures et des ressources naturelles (les gisements de pétrole) de son propre pays, pour satisfaire son caractère vindicatif. "Si je ne peux pas l'avoir, personne ne l'aura" : la réponse typique de l'enfant gâté.

Le fou du Proche et du Moyen-Orient

En décembre 1990, Dr Post avait déconseillé à la House Armed Services Committee de diaboliser le dictateur, que beaucoup en Occident avaient dénommé "le fou du Proche et du Moyen-Orient". Placer Saddam Hussein dans la catégorie des "fous" supposait qu'il était imprévisible, irrationnel et impulsif, une supposition qui ne fut pas confirmée par ses actions.
Au contraire, le leader irakien était un opportuniste politique ambitieux et calculateur qui pouvait être aussi patient qu'un prédateur qui attend le bon moment pour frapper. Il était sain psychologiquement, mais politiquement parlant, il ne vivait plus du tout dans la réalité. Sa vision du monde était déformée et extrêmement limitée. Tout comme Hitler avant lui, le dictateur irakien s'était convaincu que son destin et celui de son peuple étaient interdépendants et il pensait avoir été sélectionné par le sort pour jouer le rôle de sauveur.

Délires messianiques

Selon Dr Post, c'était une croyance en une mission messianique qui avait convaincu Saddam Hussein qu'il ne devait pas être gêné par sa conscience mais qu'il pouvait utiliser la violence contre toute personne qui s'opposerait à lui, car s'opposer à Saddam c'était s'opposer à la volonté de Dieu. Mais une agression utilisée pour défendre un idéal masque invariablement une insécurité sous-jacente. Les individus qui ont mérité leur autorité ressentent rarement le besoin de la renforcer par des coups préventifs contre leurs ennemis.
Des actes de violence délibérée et aveugle comme ceux auxquels s'est livré Saddam Hussein contre les Kurdes et contre ses rivaux politiques relèvent une forte prédisposition à la paranoïa. Brûlant d'une colère indignée, il ignora le fait qu'il avait lui-même créé ces menaces et ces conspirations, en partie pour unir les partisans dans la lutte contre l'ennemi commun, mais en partie aussi parce qu'il avait un besoin psychologique d'être constamment en guerre pour ne pas devoir affronter le vrai ennemi intérieur.
Comme avec la plupart des individus de ce genre, le seul moyen de les faire céder quand ils sont coincés, est de leur donner l'occasion de sauver la face, puisque le prestige et l'image de soi sont primordiaux. Ils n'ont ni ressources internes, ni notion de valeur personnelle.
Face à une défaite humiliante, de tels individus n'hésiteraient pas à mettre en branle leurs armes les plus effroyables dans une orgie de destruction massive plutôt que de capituler. Le pouvoir est le seul langage que les dictateurs comprennent et le seul ennemi qu'ils respecteront est celui qui aura un but précis et qui fera preuve de détermination à lutter jusqu'au bout. L'indécision et la tergiversation sont perçues comme un signe de faiblesse.
"Il ne se retirera du Koweït que s'il pense qu'il pourra survivre avec son pouvoir et sa dignité intacts. De même, il ne changera de direction que si son pouvoir et sa réputation sont menacés. Pour cela, il faudra qu'un monde unifié et civilisé, manifestant une volonté d'utiliser la force en cas de besoin, fasse preuve de force, de fermeté et de détermination. Le seul langage que Saddam Hussein comprend est le langage du pouvoir.
Saddam n'ira pas dans le dernier bunker en flammes s'il a un moyen de s'en sortir, mais il peut être extrêmement dangereux et ne reculera devant rien s'il est coincé. S'il pense que sa survie en tant qu'acteur politique mondial est menacée, Saddam peut répondre par une agression sans limites, utilisant toutes les armes et les ressources à sa disposition, pour réaliser ce qui serait certainement un acte final tragique et sanglant"

Narcissisme malin

Bien que Dr Post affirme qu Saddam Hussein ne souffrait d'aucun trouble psychologique connu, de nombreux profileurs et psychologues politiques le décriraient comme étant un exemple classique du syndrome de narcissisme malin, qui est une caractéristique relativement commune chez les criminels. Les composantes essentielles de ce syndrome, comme les identifia le psychanalyste Otto Kernberg, sont le narcissisme pathologique,des caractéristiques anti-sociales, des traits paranoïaques et des agressions sans limites. Si des hommes de ce genre atteignent des positions de pouvoir et d'influence politique, ils continueront de constituer une menace sérieuse et soutenue pour les pays voisins jusqu'à ce qu'on les destitue. Selon l'éminent psychologue politique Aubrey Immelman, directeur de recherche pour le département d'étude de la personnalité politique du Minnesota, les composantes principales de ce syndrome se manifestent comme suit :

1. Narcissisme pathologique

Saddam manifeste une grandiloquence et une extrême confiance en lui, ainsi qu'une fascination pour lui-même tellement importante qu'il est incapable d'empathie par rapport aux souffrances humaines, ce qui lui permet de commettre des atrocités contre son propre peuple aussi facilement que contre ses ennemis.

2. Caractéristiques anti-sociales

La conscience sociale peu développée des narcissiques malins est gouvernée principalement par leur propre intérêt. Des dirigeants narcissiques malins tels que Saddam Hussein sont poussés par la recherche du pouvoir et le désir immodéré de s'élever. Cependant, leur amoralité leur permet d'exploiter les croyances et les convictions inébranlables d'autres individus (des valeurs religieuses ou une ferveur nationaliste, par exemple) afin de consolider leur pouvoir personnel. Ils ne se laissent pas décourager par la menace de punition, ce qui les rend singulièrement résistants aux mesures d'indication économique, aux sanctions ou à d'autres pressions manquant de force.

3. Une conception paranoïaque

Derrière une façade grandiose, les narcissiques malins abritent le syndrome de la forteresse assiégée. Ils sont bornés, ils projettent sur les autres les hostilités qu'ils éprouvent à leur égard, et ils ne reconnaissent pas leur part de responsabilité dans la création d'ennemis. Les ennemis réels ou imaginaires sont tour à tour utilisés pour justifier le fait qu'ils agressent les autres.

4. Une agression sans limites

Les narcissiques malins sont froids, impitoyables, sadiques et cyniquement calculateurs, et pourtant ils sont capables de dissimuler leurs intentions agressives derrière un masque public de civilité ou de souci d'idéalisme.

Malgré ses attitudes agressives et ses menaces de lancer la Mère de toutes les batailles, Saddam se retira dans son bunker lorsqu'il fut confronté aux forces de la coalition pendant la Première guerre du Golfe en 1991, et n'en sortit que lorsque ses ennemis s'arrêtèrent à ses frontières, leur mandat des Nations Unies pour libérer le Koweït achevé. Mais lorsque les Etats-Unis envahirent l'Irak en 2003, il regarda ses forces armées s'enliser et retourna au Moi blessé de son enfance, se cachant dans un trou creusé dans le sol où les troupes américaines finirent par le trouver avant de le mettre en état d'arrestation. Saddam fut jugé coupable de crimes contre l'humanité et exécuté le 30 décembre 2006."


XXXX

Voilà de quoi réfléchir un peu je dirai... Cela permet de cibler le personnage mais aussi de comprendre un peu plus le contexte du livre (et du film par extension).

lundi 25 juin 2012

Nota Bene

Hello les Black Listers!

Du nouveau sur la toile et ailleurs,

Nous sommes actuellement en contact avec un professionnel pour vous faire part des enjeux de l'adaptation du livre d'Eric Maddox Mission : Black List #1 puisque, vous devez vous en douter, le sujet est très sensible.

En effet, les dossiers de l'armée sont classés et le fait qu'Eric Maddox les confie a posé quelques soucis (demandes diverses d'autorisations).

Selon une source ayant des connaissances sur le sujet (Moyen-Orient, politique, terrorisme et Cie), la publication du livre a provoqué de vives réactions dans le monde diplomatique, créant ainsi des incidents diplomatiques plus ou moins graves, notamment l'interdiction de la publication du bouquin dans certains pays...

De plus, malgré l'envie tenace du réalisateur, le tournage en Iraq semble assez compromis pour les raisons citées ci-dessus mais aussi à cause de la situation actuelle sur place.

Nous vous tiendrons informés dès que nous en serons plus ;)

Bonne soirée!

A la recherche de Saddam Hussein

Les introuvables frères Musslit étaient le chaînon manquant qui devait mener les enquêteurs à l'antre du dictateur. (3/5)

(Photo: Arrestation à Tikrit en octobre 2003.)
"Le sergent-chef Eric Maddox ne voulait pas d' Izzat Ibrahim al-Douri dans son organigramme. Chargé des interrogatoires dans le cadre des opérations spéciales à Tikrit, Maddox avait élaboré des graphiques semblables à ceux de l'équipe des renseignements du colonel Jim Hickey, et leur ajoutait des noms à chaque information fournie par les prisonniers. Certes, al-Douri, confident roux de Saddam considéré par beaucoup comme son bras droit - le roi de trèfles dans le jeu de carte de l'armée - était activement recherché, mais Maddox estimait qu'il avait dû quitter son patron depuis un bail.

Pour Maddox comme pour les hommes de Hickey, le chemin menant à Saddam passait par la capture de personnages bien moins connus, à Tikrit et aux environs. Un seul problème: le haut commandement - les patrons des patrons de Maddox - ne l'entendaient pas de cette oreille, et exigeaient que des personnalités éminentes comme Al-Douri soient représentées dans l'organigramme des hommes à capturer. Pour éviter les problèmes, Maddox en fit deux versions: celle à partir de laquelle lui et les analystes travaillaient, et celle qu'ils affichaient ostensiblement dès que quelqu'un d'important pointait le bout de son nez.

Maddox ne manquait pas de noms pour remplir ses graphiques. Lorsqu'il avait rejoint le groupe d'opérations spéciales en juillet, un interprète lui avait montré une longue liste de tous les anciens gardes du corps de Saddam et de leurs familles vivant dans la région. Parmi eux, figuraient 40 Musslit. Maddox en tira deux conclusions: d'abord que les Musslit étaient une famille influente dans la région, et ensuite que Saddam Hussein avait beaucoup de gardes du corps.

Au fil des interrogatoires, Maddox découvrit une chose curieuse. Alors que certains gardes du corps étaient clairement engagés dans l'insurrection, d'autres semblaient avoir quasiment pris leur retraite. (Maddox apprit qu'un ancien garde du corps au grade très élevé était tranquillement resté chez lui, au vu et au su de tous, depuis le début de la guerre). Il lui fallait à présent déterminer lesquels, de tous les anciens protecteurs de Saddam, étaient encore en contact avec lui - et pour cela, étudier les rôles d'avant-guerre de chacun n'était pas d'une grande utilité. Comme l'écrit Maddox dans son mémoire de cette époque, Mission: Black List #1, « l'Irak était un lieu complètement différent de ce qu'il avait été avant la guerre».

Centralité intermédiaire

Au cours de la traque de Saddam, Maddox et ses homologues durent prendre une foule de décisions subjectives pour déterminer qui -parmi tous ces gardes du corps, et tous ces Musslit- revêtaient la plus grande importance. L'intuition du lieutenant colonel Steve Russell lui dictait que les frères Rudman et Mohammad al-Musslit étaient de ceux-là, au vu de leurs riches propriétés à Tikrit, des photos où ils figuraient aux côtés de Saddam et des rapports de renseignements où leurs noms ne cessaient d'apparaître. L'analyse, plus tard, du major Brian Reed, qui allait écrire son mémoire sur cet organigramme, montra que la théorie du réseau confirmait l'intuition de Russell.

L'une des façons pour mesurer l'importance d'une personne dans un réseau social consiste à étudier sa «centralité intermédiaire». Cette mesure est élevée si la personne est un connecteur - c'est-à-dire, si elle est susceptible de se trouver sur le plus court chemin entre deux autres nœuds, contribuant ainsi à former la connexion entre eux. Un individu n'a pas besoin d'être directement relié à de nombreux nœuds pour avoir une grande centralité intermédiaire; il suffit qu'il relie deux groupes sociaux, de façon qu'un chemin allant de l'un à l'autre devra nécessairement passer par lui.

Dans un réseau de mes collègues et de mes amis de fac, par exemple, ma centralité intermédiaire est au plus haut, puisque c'est moi qui comble le fossé entre deux groupes qui n'ont rien d'autre en commun. Des connexions fortuites peuvent aussi déboucher sur de hautes valeurs de centralité intermédiaire. Pensez à toutes les connexions inattendues que vous avez vues sur Facebook. Un exemple: un de mes collègues est allé au lycée avec un de mes amis d'université. Cela leur octroie à chacun de hauts niveaux de centralité intermédiaire à l'intérieur de mon réseau - même sans moi, mes collègues pourraient remonter jusqu'à mes compagnons de fac grâce à ce lien.

Le cœur du réseau de Saddam est représenté ci-dessous. Je l'ai élaborée à partir du mémoire de Reed, de comptes-rendus publics et d'entretiens avec les militaires sur le terrain en Irak. Il apparaît clairement que Mohammad al-Musslit est le lien vital entre Saddam et l'intégralité du clan Musslit. Rudman obtient aussi un score élevé car c'est le chef des opérations de l'insurrection.

Les calculs derrière chaque note impliquent des opérations mathématiques relativement compliquées, mais la raison de l'importance des deux frères est claire: Rudman et Mohammad sont situés exactement entre Saddam et le reste de la famille Musslit. Et, ce qui ajoute à leur importance, les deux frères sont aussi le lien entre Saddam - via un mariage dans la famille Musslit - et un autre clan au rôle majeur dans l'insurrection. (Le diagramme établi par Reed et le major Stan Murphy, des renseignements, figure dans le mémoire de Reed sous une forme très élaborée. J'ai pu y identifier Rudman et Mohammad en me basant sur les comptes-rendus et les déductions grâce aux nœuds voisins. En revanche, je n'ai pas su identifier la deuxième famille à laquelle les frères Musslit étaient reliés).

Faire le tri dans les Musslit

Curieusement, l'un des hommes du diagramme de Reed à la centralité intermédiaire élevée était mort depuis vingt ans quand la 4ème division d'infanterie est arrivée à Tikrit. Son importance restait cependant primordiale pour le réseau car il formait l'un des rares liens entre les Musslit et le deuxième clan mentionné plus haut, également actif dans l'insurrection.

Rudman et Mohammad, en revanche, étaient tout ce qu'il a de plus vivants. Le réseau et son instinct disaient la même chose à Maddox: ces types-là le conduiraient à Saddam Hussein. Mais l'instinct seul, même étayé par un organigramme, ne constitue pas une base assez solide pour organiser un raid et mettre en danger la vie de soldats américains.

Maddox devait gagner la confiance des commandants des opérations spéciales en avançant les preuves que ses organigrammes reflétaient des réalités sur le champ de bataille. Maddox commit sa part d'erreurs — en préconisant des raids qui ne donnèrent rien du tout, et en s'opposant à d'autres qui s'avèreraient fructueux. Mais à mesure que les interrogatoires continuaient de confirmer ce que le réseau avait laissé entendre - qui était important, et qui ne l'était pas - le commandant et l'analyste de l'équipe acceptèrent de prendre le risque de se fier davantage au réseau. Maddox finit par faire partie de l'équipe qui organisait et exécutait les raids, rôle inhabituel pour un interrogateur.

A Tikrit, Maddox passait un temps fou à faire le tri dans des dizaines de Musslit pour tenter de se frayer un chemin jusqu'à Rudman et Mohammad. Les Musslit n'étaient pas seulement des fidèles de Saddam. Si les hommes de Tikrit s'appelaient mutuellement Ibn 'Amm ou 'Amm- cousin ou oncle, selon la différence d'âge - la famille Musslit était réellement liée à Saddam du côté maternel. Selon un arbre généalogique élaboré à la main par l'expert de l'Irak Amatzia Baram, le clan Musslit partageait avec Saddam un arrière-grand-père - le Musslit originel. Parmi les enfants de cet ancêtre commun figuraient le grand-père maternel de Saddam, Talfah, et un homme appelé Omar, grand-père des Musslit qui organisaient l'insurrection.

Se contenter de traquer les Musslit n'allait pourtant pas mener à ceux qui étaient les plus proches de Saddam. Pour reconstituer une image détaillée de l'insurrection, Maddox et ses collègues devaient aussi remplir les cases correspondant aux figurants. Outre les cinq principales familles qui semblaient orchestrer les opérations, le lieutenant colonel Steve Russell et ses hommes se lancèrent sur la trace d'un réseau de familles de deuxième niveau, plus directement impliquées dans les combats des rues. Chaque raid rapportait son lot de renseignements. Le capitaine Timothy Morrow, officier des renseignements de Russell, se souvient avoir confisqué des représentations élaborées de l'arbre généalogique de Saddam - dont l'un comportait «Adam et Eve» tout en bas - qui s'avérèrent essentielles pour compléter les organigrammes. Comme me le dit Russel lors de ma visite dans l'Oklahoma:

Il y avait en fait deux familles qui ne figuraient pas dans le réseau des cinq grandes, mais qui nous sont apparues comme très importantes. C'était ceux qui organisaient la plus grande résistance contre nous. C'était les gars qui planifiaient l'explosion de bombes sophistiquées au bord des routes, contrairement à ce que nous avions dû affronter avant... Nous les avions combattus dans les rues pendant l'été. Nous connaissions leurs noms. Ce n'est que quand on a commencé à en attraper un certain nombre et qu'on a pu relier les points entre eux qu'on a compris, “La vache, regardez-le papa de ce groupe-là est marié à la demi-sœur de Saddam”. On a réalisé: “Ces types sont vraiment liés entre eux”.

Le 22 juillet, les fils psychopathes de Saddam Hussein, Oudaï et Qoussaï, furent abattus par l'armée américaine à Mossoul (ils avaient tué l'un des chiens renifleurs de bombes de l'armée, provoquant des représailles explosives). Leur mort permit à Maddox de se concentrer davantage sur des insurgés aux noms moins connus.

Mohammad et Rudman restaient les cibles prioritaires, mais les analystes esquissèrent une image plus complète du reste du clan. Ses membres semblaient obéir à une division du travail: certains cuisinaient, d'autres livraient la nourriture (peut-être à Saddam), d'autres encore organisaient l'insurrection. Le but était de remonter le réseau des Musslit - du cuisinier au plus haut membre de l'état-major, et à partir de tous ces cousins de la base, remonter à Mohammad et Rudman, au sommet.

Les précieuses erreurs des prisonniers

Dans les jours qui suivirent la mort d'Oudaï et de Qoussaï, Steve Russell et ses soldats firent pour la troisième fois une descente sur la ferme de Faris Yasin Omar al-Musslit. Ils ne parvinrent pas à pincer Faris, mais cette opération leur permit de découvrir des photos qui les aidèrent à identifier une nouvelle fournée de gardes du corps de haut rang. Peu de temps après, un bataillon sous le commandement de Hickey utilisa ces tous nouveaux renseignements pour attraper Nazhan Ibrahim Omar Al-Musslit, l'un des frères de Rudman et Mohammad. Le cœur de la famille Musslit se rapprochait.

En rassemblant les éléments du puzzle pour reconstituer ce réseau, Maddox raconte qu'il obtenait parfois directement des prisonniers tout ce qu'il voulait savoir. «Ils ne veulent rien dire de l'insurrection» expliqua-t-il. «Mais ils vous disent qui est copain avec qui». Convaincus qu'ils détournaient l'attention des interrogateurs, les petits chefs conduisaient Maddox plus près de sa cible. Ces prisonniers commettaient en quelque sorte la même erreur que l'armée américaine au début de la guerre en Irak. Des renseignements institutionnels sur l'insurrection n'auraient pas aidé les soldats de la coalition à trouver la cachette de Saddam Hussein. Les renseignements sociaux fournis par ces Musslit de peu d'importance étaient bien plus précieux. Maddox voulait les noms des amis de Saddam, pas ceux de ses anciens collègues.

Le 3 août, les soldats de Russell firent une descente dans un complexe de fermes élaboré, propriété de la famille Musslit. Cette fois encore, ils ne trouvèrent aucune de leurs cibles, mais ils récupérèrent de nouvelles photos de famille et une source bien vivante, particulièrement précieuse: Omar Al-Musslit lui-même, le grand-père de la plupart des Musslit fauteurs de troubles. Russell souligne avec ironie que le numéro de carte d'identité nationale d'Omar était le 666 - symbole approprié pour celui qui engendra tant d'hommes de main de Saddam. Dans la semaine qui suivit, le 1er bataillon du 22ème régiment d'infanterie continua de capturer des membres des cinq familles. Et, lors d'un nouveau raid dans la ferme personnelle de Rudman, le gardien leur asséna qu'ils venaient de rater Rudman et Mohammad de moins de 24 heures."


A la recherche de Saddam (4/5)

(Photo: Saddam Hussein filmé après sa capture, le 14 décembre 2003)
"Le Gros", garde du corps fidèle de Saddam, était le seul à pouvoir conduire les enquêteurs au repaire du dictateur déchu.

"L'infernal été irakien touchait à sa fin. Rudman Ibrahim Omar al-Musslit et son frère Mohammad étaient incroyablement difficiles à localiser. Pour Eric Maddox, chargé des interrogatoires pour les forces d'opérations spéciales de Tikrit, la première avancée notable de l'automne fut la capture d'Ahmed Yasin Omar al-Musslit. L'un des plus jeunes représentants d'une longue lignée de cousins Musslit, Ahmed n'était pas personnellement suspecté d'activités insurrectionnelles majeures. Mais Nasir et Faris, deux de ses frères, si.

Maddox mit six heures à faire parler Ahmed de sa famille. Celui-ci jura n'avoir pas vu Rudman depuis des mois, mais il avait vu Mohammad. Et contrairement à ce que la plupart des analystes américains avaient cru, Ahmed prétendait que c'était Mohammad, pas Rudman, qui recevait les ordres directement de Saddam.

Maddox était sous pression; il fallait absolument que cette histoire de réseau donne des résultats. Une nouvelle équipe de forces spéciales était arrivée en octobre, ce qui signifiait de nouveaux patrons pour les deux mois de mission qui lui restaient. Il s'était alors familiarisé à un tel point avec les acteurs de l'insurrection que les rebelles eux-mêmes lui avaient trouvé un surnom: «l'homme à la chemise bleue». (Maddox n'avait pas apporté de garde-robe très élaborée à Tikrit, il portait tous les jours la même chemise en oxford bleu).

La plus grosse prise de l'automne a duré 24h

Le commandant de l'équipe de remplacement, que tout le monde surnommait «Bam Bam» était aussi intelligent que cynique. Maddox allait devoir perdre du temps à faire la conquête d'un chef qui ne voyait pas nettement l'intérêt de traquer des gens sans rôle connu dans l'insurrection, sous prétexte qu'ils étaient le cousin de quelqu'un.

Enfin, le 8 novembre, Maddox put montrer le résultat de son travail. Ce même jour, un bataillon de la 4e division d'infanterie captura Faris Yasin, frère du jeune Ahmed Yasin, et les opérations spéciales s'emparèrent de Rudman Ibrahim en personne. Rudman fut transporté en avion à Bagdad contre la volonté de l'équipe des opérations spéciales, qui voulaient l'interroger sur le champ. C'était la plus grosse prise de l'automne.

Or, moins de 24 heures après sa capture, Rudman mourait d'un infarctus. «Nous étions furieux qu'il nous claque entre les doigts», se rappelle le lieutenant colonel Steve Russell, commandant du 1er bataillon, 22ème régiment d'infanterie. «Vous imaginez un peu: il savait où était Saddam!»

Mais à quelque chose malheur est bon. Après la mort de Rudman, l'insurrection continua ses opérations sans baisse d'efficacité apparente. Ce qui prouvait qu'Ahmed avait dit la vérité: Rudman Ibrahim Omar al-Musslit n'était pas le cerveau de l'organisation-c'était son frère Mohammad qui tirait les ficelles depuis le début. «Nous pensions, jusqu'à la capture de Rudman, que Mohammad était peut-être le chef de la sécurité ou quelque chose comme ça, alors qu'en réalité, c'était lui qui dirigeait les opérations» explique Russell. «C'était lui, l'homme qui maintenait la cohérence de l'ensemble».

Du jour au lendemain, l'attention de tous se focalisa sur Mohammad. Son identité à l'époque était encore un secret bien gardé, et il devint connu de ceux qui le traquaient sous le nom de «Fat Man», le Gros. La chasse était ouverte, et les chasseurs étaient plus que jamais convaincus que s'ils trouvaient le Gros, ils ne seraient plus très loin de Saddam Hussein.

Des réseaux sociaux prédictifs

Ma première rencontre avec Eric Maddox eut lieu par une pluvieuse matinée de novembre, dans un restaurant mexicain d'Alexandria, Virginie. Il partait le lendemain à l'étranger pour une nouvelle mission d'interrogatoires, pour la énième fois. C'est un homme du genre bulldog, d'environ 1,75m, à la poignée de main ferme et dont le visage sérieux cache un vrai sens de l'humour. Parlez-lui de réseaux sociaux, et il s'enflamme.

Si les organigrammes représentant les réseaux sociaux sont si importants pour la contre-insurrection, explique Maddox, c'est parce qu'ils aident à prédire ce qui se passe quand quelqu'un comme Rudman Ibrahim Omar al-Musslit se fait tuer ou capturer. En étudiant les relations entre les cibles potentielles, il est possible de deviner comment le réseau va se modifier - et surtout, qui va monter en grade - quand quelqu'un est éliminé. «Quand vous connaissez tous les liens entre les personnes», conclut Maddox-les mariages, les liens de parenté, qui boit avec qui-«alors les modifications du réseau n'ont plus rien d'irrationnel.»

Pour illustrer son propos, Maddox emprunta mon bloc et esquissa le réseau d'une fausse insurrection. Son graphique comportait une vingtaine de personnes, avec une cible de grande valeur au sommet. (Maddox soulignait énergiquement ses propos en traçant des lignes avec son stylo, et le réseau finit par ressembler à l'explosion d'une cartouche d'encre. Voici la reconstitution de son dessin).

La clé du scénario de Maddox est que l'un des hommes proches du sommet (le n°4) a un neveu (le n°16) qui ne joue qu'un petit rôle dans l'insurrection. Capturer et interroger ce neveu peut vous mener à l'homme haut placé, dont on ne connaît pas la cachette. La ruse, explique Maddox, consiste à trouver quelqu'un dans le réseau dont la fonction, s'il était éliminé, reviendrait au neveu.

De l'ombre à l'oncle

Même si ce dernier n'est pas terriblement important ou expérimenté, le plus crucial est de bien comprendre que, particulièrement en Irak, le lien familial prime toute autre relation. Si un poste important devient subitement vacant, il y a de grandes chances pour que l'homme situé au sommet de la hiérarchie y nomme son neveu. Une fois celui-ci sorti de l'ombre, vous pouvez l'interroger et remonter jusqu'à l'oncle.
Quand Rudman disparut du réseau, l'hypothèse de Maddox se réalisa. Pour combler cette immense lacune, d'autres membres du clan Musslit et leurs associés durent passer à l'action - ce qui les rendit plus visibles et donc, plus faciles à capturer. Le 4 décembre, la 4ème division d'infanterie rattrapa Burhan Ibrahim Omar al-Musslit, soupçonné de coordonner les finances de l'insurrection. Quelques jours plus tard, un jeune homme qui servait d'informateur au colonel Jim Hickey conduisit les Américains à un membre de la famille qui avait aidé Saddam lorsqu'il avait fui le pays en 1959.

Entre-temps, le fils de Rudman Ibrahim Omar al-Musslit avait commencé à parler. Surnommé «Baby Rudman», ce jeune homme de 18 ans avait été pris avec son père et envoyé à Bagdad. Après la mort de son père, Baby Rudman fut renvoyé à Tikrit pour y être interrogé. Questionné par Maddox, il donna les noms de deux alliés de Mohammad Ibrahim Omar al-Musslit: un partenaire d'affaires appelé Abu Drees, et Basim Latif, le chauffeur de Mohammed.

«Un putain d'organigramme»

Mais faire capturer deux personnes sous prétexte qu'elles étaient censées être des amis d'un ami de Saddam était loin d'être gagné. Comme Maddox le rapporte dans son mémoire, «Kelly», l'analyste de l'équipe — les membres des opérations spéciales, dont certaines missions sont tenues secrètes, ne sont pas identifiés par leurs noms entiers — ne mâcha pas ses mots:

Ecoutez: vous continuez à descendre dans ce putain d'organigramme, et ça ne mène jamais nulle part. On est censés remonter la filière. Tout ce que vous faites c'est ajouter des noms tout en bas de la liste. Par chance, la 4ème division d'infanterie avait déjà localisé Basim, le chauffeur. Pour Maddox, mettre la pression sur Basim comportait une certaine dose de risque: il était le cousin d'un responsable de la sécurité de haut rang à Tikrit, avec qui l'armée américaine avait besoin d'être en bons termes. Après un premier interrogatoire infructueux, Maddox l'interrogea à nouveau, dans les bureaux du maire de Tikrit, en présence d'une grande partie de l'équipe des opérations spéciales. Devant l'obstination du chauffeur à garder le silence, ces dernières le firent prisonnier.

A ce moment précis, «Bam Bam», le commandant des forces spéciales, mettait sa carrière en danger. L'arrestation de Basim tendait les relations américaines avec les dirigeants de Tikrit, sans aucun bénéfice immédiat. Mais aussi insignifiant qu'il paraisse, Basim n'était qu'à deux personnes de Saddam. Et c'était la meilleure carte du jeu de Maddox.

Cela s'avéra l'une des plus importantes décisions de l'équipe. «Il est à l'origine de tout», justifia Maddox lors de notre rencontre, presque exactement six années plus tard. Après son arrestation, Basim opéra une volte-face totale et décida que son intérêt était de parler. Il se consacra corps et âme à aider les Américains à localiser Mohammad Ibrahim, désigné à l'époque par le nom de code «le Gros». S'ils mettaient la main sur lui, ils n'auraient plus qu'à prier pour qu'il soit resté en contact avec celui qu'ils recherchaient vraiment.

A deux heures de la fin de mission

Pendant des jours, les Américains ne furent qu'à un cheveu du Gros. Ils commencèrent par une descente dans une maison de location de la ville voisine de Samarra, où ils ratèrent leur cible mais capturèrent son fils de 18 ans, Musslit al-Musslit. Une cachette recelant 1,9 million de dollars en billets de 100 leur laissa penser qu'ils étaient sur le bon chemin. Musslit ne tarda pas à céder à l'interrogatoire et indiqua à Maddox une écloserie où son père et un ami allaient régulièrement pêcher. L'équipe des opérations spéciales fit deux descentes dans le centre de pisciculture, mais une fois de plus, le Gros leur glissa entre les doigts. En revanche, ils capturèrent deux pêcheurs nerveux à la place.

Le temps imparti à Maddox arrivait à son terme; sa mission était sur le point de se terminer. Le 8 décembre, il retourna à l'aéroport international de Bagdad accompagné de quelques prisonniers coopérants, notamment Basim. Sa première priorité était d'interroger les pêcheurs capturés dans l'exploitation piscicole du Gros, envoyés directement à Bagdad après leur capture. Il ne restait alors à Maddox que six jours en Irak.

C'était exactement le type de menu fretin que Kelly, l'analyste de Tikrit, n'avait aucune envie de perdre du temps à traquer. Et pourtant, ils allaient prouver que l'approche par le réseau fonctionnait réellement. Il s'avéra que l'un des deux hommes était le cousin d'un compagnon de pêche du Gros, Mohammed Khudayr. Ce pêcheur et son cousin possédaient aussi une propriété à Bagdad susceptible de servir de refuge au Gros. Maddox fit passer l'information.

Lors d'une des dernières nuits de Maddox en Irak, un major évoqua par hasard un raid en train d'avoir lieu dans une maison de Bagdad-le refuge du pêcheur. Quelques heures plus tard, les hommes des opérations spéciales revenaient avec quatre prisonniers cagoulés, parmi lesquels se trouvait Mohammed Khudayr. Une fois encore, semblait-il, le Gros leur avait échappé. Encore une piste en impasse, comme tant d'autres.

Un peu plus tôt le jour même, Maddox avait briefé le commandant des opérations spéciales sur son organigramme et son approche par les réseaux sociaux. Ce dernier avait été si impressionné qu'il avait demandé à Maddox d'en parler à l'officier des renseignements du CENTCOM [United States Central Command] le lendemain à Doha, au Qatar. L'avion décollait à 8 heures du matin. A 2 heures, six heures avant de quitter l'Irak, Maddox commença à interroger Mohammed Khudayr.

Et sous la cagoule...

Après de longs échanges, Maddox reçut un choc en apprenant de la bouche de Khudayr que le Gros était avec lui lors de sa capture. Maddox retourna à toute vitesse à la prison et arracha les cagoules des trois autres hommes capturés ce jour-là. Le troisième était Mohammad Ibrahim Omar al-Musslit. Ils avaient trouvé le Gros; il leur avait juste fallu quelques heures pour s'en rendre compte.

A Tikrit, le major Brian Reed posa d'un geste sec une feuille de papier kraft sur la table. En une quinzaine de minutes, Reed et son commandant, le colonel Jim Hickey, esquissèrent les grandes lignes d'un plan de capture de Saddam Hussein. Le Gros avait livré à Maddox le lieu de sa cachette au bout de quelques heures d'interrogatoire seulement: une ferme au bord du Tigre, près de la ville d'al Dawr. L'endroit revêtait une signification particulière pour le dictateur.

En 1959, après sa tentative ratée d'assassinat du Premier ministre irakien, Saddam avait fui à al Dawr avant de traverser le Tigre à la nage pour rejoindre la Syrie. Après son accession au pouvoir, Saddam mit en scène cette traversée tous les ans pour célébrer l'anniversaire de sa fuite.

Alors que Maddox se trouvait désormais à Doha, Mohammad Ibrahim Omar al-Musslit fut transporté par avion de Bagdad à Tikrit, puis conduit à la ferme par les membres des opérations spéciales qui avaient rendez-vous avec les troupes de la 4e division d'infanterie commandée par Hickey. Reed raconte qu'il s'attendait à un nouveau «puits sec», comme à chaque fois qu'il avait eu un tuyau sur la cachette de Saddam. Hickey, quant à lui, était plus sûr de son coup. Après une première fouille infructueuse de la propriété, Mohammad montra du doigt l'endroit où le célèbre trou de souris de Saddam était dissimulé. La traque de l'homme le plus recherché d'Irak venait de s'achever".


Chris Wilson
Traduit par Bérengère Viennot.(Mars 2010)
Sources: slate.fr 3/5 et 4/5

Autre documents du dossier: A la recherche de Saddam Hussein 1/5, 2/5 et 5/5

jeudi 14 juin 2012

Conférence d'Eric Maddox pour TEDx

Eric Maddox, l'auteur du livre Mission : Black List #1 a donné une conférence en 2011 chez TED [Technologogy (technologie), Entertainment (divertissement) and Design (design)], qui est une organisation (non profitable) créée en 1984 lors d'une conférence du même nom. L'idée de base de cette organisation est d'étendre les informations au monde entier...

Voici la vidéo du sergent. La traduction est de nouveau faite maison.
Bon visionnage et bonne lecture!



"Eric Maddox est le militaire interrogateur à qui l’on a donné crédit pour la mise en place de la capture de Saddam Hussein. Le sergent Maddox est l’auteur du livre «Mission Blacklist» où il fait part de son expérience en Iraq.
Il a parlé à TEDxOKC de son idée que, dans le futur, les guerres pourraient se faire plus rapidement (sauvant donc plus de vies) grâce à l’augmentation de l’intensité et de l’entraînement dans le domaine de l’interrogation et de la récolte des informations."

Traduction de la vidéo

"En juillet 2003, j’étais à Bagdad, au cœur des opérations spéciales dont la mission était de capturer des cibles de grandes valeurs (High Value Targets) en Iraq.

La cible numéro 1 (#1) étant Saddam Hussein.

Quelques jours à peine après mon arrivée, on me signale qu’ils ont besoin d’un interrogateur à Tikrit, au nord de Bagdad, pour un raid de nuit. J’ai embarqué un unique change, je suis monté en hélicoptère et j’ai commencé la mission qui changera ma vie pour toujours.

A Tikrit, j’ai été récupéré par une équipe des forces spéciales. Ces huit hommes étaient les soldats les plus compétents des Etats-Unis mais ils leur manquaient un interrogateur…

Dès que je suis arrivé, nous sommes partis pour le raid où ils ont capturé une poignée de prisonniers.

Il faut savoir qu’avant mon arrivée à Tikrit je n’avais pas vraiment d’expérience en tant qu’interrogateur, je n’avais jamais vraiment mené d’interrogatoires réels… Alors, j’ai repensé à ma formation de 1999 qui avait duré huit semaines, et je m’y suis mis! *rires*

J’ai interrogé les prisonniers qu’ils avaient capturés ce soir-là puis j’ai interrogé des prisonniers qu’ils avaient arrêtés les semaines précédentes. J’ai pratiqué ce que l’on appelle «they in, they out» (ils sont dedans, ils n’y sont pas), constamment, et, au bout d’une dizaine de jours, quelque chose devenait très clair: je n’arriverais à faire parler personne! *rires*

Ils ne voulaient pas «s’ouvrir» à moi, ils ne voulaient rien me révéler. J’ai utilisé toutes les méthodes et tactiques que j’ai apprises en formation.
Mais bien sûr, ça n’a pas fonctionné.

On m’a enseigné à l’armée la façon d’interroger un prisonnier militaire ennemi. On m’a appris à interroger un Allemand de première ligne lors de la seconde guerre mondiale. On m’a appris à interroger un soldat ennemi qui portait un uniforme, une arme et qui avait une mission à mener.

Tout ce que j’ai appris n’était que matériel de formation… Et dans aucun des scénarios le prisonnier ne pouvait nier qu’il appartenait au camp adverse, qu’il soit soldat ou militaire. Tous les interrogatoires commençaient avec l’aveu de l’appartenance à l’ennemi, au minimum.
Mais, en juillet 2003, l’armée Iraquienne était déjà dissolue. Nos ennemis étaient des insurgés, mélangés à la population. Ils sont la population. Ils ont gardé leurs jobs alors qu’ils préparaient leurs opérations la nuit. Ils ont créé des identités secrètes car ils savaient qu’ils ne pouvaient pas battre l’armée américaine sur un champ de bataille. Lorsqu’ils étaient capturés, ils étaient chez eux, habillés en civil, endormis et sans une foutue arme. Et lors de leurs interrogatoires, ils niaient leur implication dans le mouvement des insurgés.

Après plusieurs douzaines d’interrogatoires, pendant lesquelles je n’ai pu obtenir aucune information utile, je suis allé voir l’analyste de l’équipe en lui demandant comment faire pour que ces prisonniers se confient… Et la réponse était très claire en termes d’interrogatoire. Nous nous battions dans une guerre différente de celle que l’armée des Etats-Unis m’a formé pour: ils s’attendaient à combattre une armée, pas des insurgés. Et je savais que si je voulais des informations vraiment utiles, j’allais devoir changer ma façon de mener un interrogatoire, surtout si je ne voulais pas être inutile dans cette guerre.

Mon séjour à Tikrit est passé de 48h à quatre mois et demi. J’y ai mené plus de 300 interrogatoires.

A partir de décembre 2003, j’ai établi une théorie fiable que deux individus dans tout l’état d’Iraq pouvaient me mener à notre cible numéro 1, Saddam Hussein.

A deux heures du matin, cette équipe de huit hommes à Tikrit, a organisé un raid et a capturé l’un de ces deux hommes: Muhammad Ibrahim Omar Al-Muslit.

Muhammad Ibrahim était l’un des plus proches gardes du corps de Saddam Hussein.
Depuis septembre 2003, Saddam Hussein a coupé tous liens avec sa famille, avec les membres de son ancien régime et avec ses anciens gardes du corps… Tous, sauf Muhammad Ibrahim.

A deux heures du matin, cette équipe de huit hommes avec qui j’ai passé quatre mois et demi, a mené un raid et à trois heures du matin, ils ont capturé Muhammad Ibrahim. A cinq heures du matin ce dernier est conduit dans les locaux où je me trouvais pour un interrogatoire et à sept heures du matin, le 13 décembre 2003, Muhammad Ibrahim, très engagé et très avidement, m’a confié l’exacte localisation de Saddam Hussein. A vingt heures ce même soir, la même équipe de huit hommes de Tikrit a organisé un raid et Muhammad Ibrahim les a mené droit vers le trou à rats où se cachait précisément son patron et ancien président, Saddam Hussein.

Pourquoi a-t-il fait ça?

Je ne l’ai pas torturé… Je n’ai touché aucun de ses cheveux…

Etais-je chanceux?

Etait-il un homme faible?

L’homme à qui faisait confiance Saddam Hussein, avec sa vie, n’était-il qu’un homme faible?!

Quatorze jours avant la capture de Saddam, j’ai interrogé le chauffeur de Muhammad Ibrahim. Le seul homme auquel Muhammad Ibrahim donnait sa confiance plus qu’à n’importe qui d’autre au monde ! Et pourtant, il m’a mené à Muhammad Ibrahim.

Deux semaines avant cela, j’ai interrogé un autre homme qui m’a mené au chauffeur.

Étaient-ils tous faibles? Ou se sentaient-ils en petite forme?

J’étais à Tikrit et je ne pouvais réussir à faire parler qui que ce soit. Et par là, je veux bien dire personne!

A partir de la première semaine de novembre, j’ai pu établir un diagramme précis de liens, un peu comme une carte routière, qui nous guiderait vers Saddam. Ce diagramme était construit sous forme de neuf étapes. Chaque étape correspondait à un individu. Chaque individu devait collaborer ou nous ne pourrions jamais le retrouver (Saddam NDLR).

Alors quelles sont les chances?

En tant qu’interrogateur, mon rôle est d’accumuler le plus d’informations, aussi minimes soient-elles, pour l’équipe avec laquelle je bossais. Chaque petite chose que je faisais pendant mes interrogatoires, à la base, correspondaient à ce dont j’avais besoin, et pourtant je rencontrais un échec cuisant.

Dix jours après mon arrivée à Tikrit, j’interrogeais cet individu en particulier.
Il s’agissait d’un membre de l’ancien régime, un proche (plus ou moins) de Saddam et je savais qu’il avait cette information. Je l’ai interrogé, «on and off», pendant deux jours d’affilé… Aboutissant à aucun signe de coopération ou de discussion avec moi.

Pour la première fois depuis mon arrivée à Tikrit, j’étais frustré et je lui ai demandé quel était son problème.
«Pourquoi me mens-tu alors que tu sais que je suis conscient de ton mensonge?»
Et il est resté assis là, pendant plusieurs secondes, puis il m’a dit qu’il ne pouvait pas m’aider…
Alors, j’ai pensé, il peut m’aider, il est l’ennemi, mais je ne suis pas censé l’aider… Je suis supposé aider mon armée, mon équipe, moi-même.

Vous voyez, on m’a appris à aller à la guerre contre des armées. On a leur gars, qui sont devenus nos gars, nos prisonniers, jusqu’à ce que la guerre soit finie et qu’ils puissent rentrer chez eux.

Ces soldats qui font partis d’une armée, ils ne rentrent jamais chez eux la nuit. Ils passent leurs journées et leurs nuits sur les champs de bataille. Cela importait peu qu’ils deviennent nos prisonniers puisqu’ils appartenaient au front.

Mais ceux-là, ils étaient insurgés. Et si je regardais ces hommes et que je pensais aux autres douzaines de gars qui faisaient parties de cette rébellion et avec lesquelles je travaillais, je me suis dit, «vous ne pouvez pas m’aider mais qu’adviendrait-il si, moi, je pouvais vous aider?»
Car ces insurgés, nous les gardons parce qu’ils ont un potentiel et qu’ils peuvent nous révéler certaines informations dont nous pourrions avoir besoin mais si nous les renvoyions chez eux, ils retourneront à cette rébellion et donc jusqu’à notre ennemi une nouvelle fois. Par pour les crimes qu’ils ont proférés.

Nous ne pouvions pas laisser partir des soldats allemands pendant la seconde guerre mondiale parce que nous devions réagir par rapport à une armée entière… Ici, nous devions nous occuper d’individus agissant par petit nombre.

Qu’arriverait-il si nous nous occupions d’un seul paquet?

Que se passerait-il si nous prenions le leader d’un de ces petits groupes?

Je libère cet homme, il ne retourne pas au combat, il retourne à ses responsabilités et à son travail pendant la journée, il n’est plus vraiment une menace.

J’expliquais tout ça aux prisonniers, ils n’étaient rien mais tout ce qu’ils entendaient était qu’ils pouvaient rentrer chez eux. Et à partir du moment où j’ai réalisé cela, les interrogatoires ont commencé à devenir faciles.

Je ne jouais plus avec les prisonniers sur leur implication ou leur innocence. Je me suis mis à leur place, j’ai d’ailleurs une citation d’un grand homme et je l’ai écrite pour m’en souvenir aujourd’hui, de Robin Myers «Imagine ce que cela peut-être d’être l’autre personne» et en somme, c’est ce que j’ai fait.

Imaginer ce que c’était d’être eux. Se mettre à leur place. Voir leurs problèmes et cela résoudra tous les miens. Et à partir de ce moment, l’information coulait à flots.

Nous avons développé un diagramme impressionnant, comprenant une vingtaine d’insurgés de toute importance. Et tout cela créait le chemin qui nous menait à Saddam.
Et la plus belle partie de tout cela, est que le prisonnier réalisait à quel point cela importait dans sa sortie de prison, son retour chez lui. Il comprenait que dès l’instant où les autres insurgés, ses camarades, découvriraient sa capture, alors ils agiront… Il devait avoir une longueur d’avance pour éviter ça, et rapidement. C’est d’ailleurs pourquoi les insurgés que nous avions capturé finissaient par parler.

Mon image parfaite est de traquer chaque cible de valeurs du monde entier.

Quelle est la manière d’avoir cette belle photo? De traquer chaque insurgé capable de nous aider? Qu’en est-il des plus importants dans la hiérarchie?

Lorsque j’ai commencé à développer ces techniques, l’important pour moi était de récolter des informations pour mon équipe. Je n’espérais pas changer le visage du champ de bataille.
Mais, j’ai réalisé, après avoir été témoin du changement de forme des révélations, et de la mise en place de ces réactions en chaîne qui augmentent, que ces techniques, c’est comme ça que l’on gagne des guerres. Et quand je dis «gagner», je veux dire que dans les guerres nous prenons nos prisonniers, je leur explique leur situation et comment ils peuvent faire pour retourner chez eux… «Et si vous ne nous aidez pas, nous allons vous traquer. Les milliers d’Américains présents en Iraq vont vous traquer, vous, vos garçons et tous les insurgés. Ils vous traqueront jusqu’au bout, ils useront toutes leurs forces… Ce qui veut dire que je vais vous laisser seul dans votre maison. Mais si vous venez à moi, je vous donnerais une opportunité.»

Et ces insurgés, ils veulent rentrer chez eux avec cette opportunité de s’en sortir.

Donc, ils se livrent. Et pourquoi se livrent-ils?

Parce qu’ils ne font pas partie d’une armée, ou d’un gouvernement ennemi. Ils sont insurgés. Ils ont l’opportunité de baisser les armes et de rentrer chez eux, le plus simplement du monde.

Et si nous leur mettons la pression, si nous leur expliquons que nous allons les sortir de là, à l’inverse de s’ils continuent. Alors, ils nous permettent de dissoudre leur équipe et là ils pourront rentrer chez eux.

Et cette situation fonctionne avec des cas d’insurgés comme celui-ci.

Les insurgés n’ont pas de quantités astronomiques d’armes. Ils ne possèdent pas de tanks. Ils ne vivent pas dans des sites protégés. Ils se basent simplement sur leur identité, leur confiance et la communication.

Nous nous occupons des insurgés en les capturant de l’intérieur. Ils ont perdu notre confiance. Ils perdent leur communication et se demandent qui dans leur équipe d’insurgés a pu donner leur localisation précise pour qu’ils soient arrêtés.

Et là, ils ont l’opportunité d’être eux-mêmes (leur propre équipe), et de rentrer chez eux.

Alors que nous pratiquons cela, les insurgés se divisent. Les petites sections du champ de bataille… Quel est le dommage collatéral?

Le dommage collatéral, c’est le numéro 1 de ces petits groupes d’insurgés. Et c’est par cela que le moindre individu qui a un lien minime avec un autre individu d’un groupe d’insurgés, nous permet de créer une liste de dix personnes susceptibles d’appartenir à ce groupe. Et par rapport à ces techniques, nous réussissons à obtenir de ces prisonniers les localisations exactes de certains insurgés.

Aucun dommage collatéral. Les locaux ne savent même pas que nous étions là.

Quatre mois et demi, une équipe de huit hommes, ont permis la dissolution de vingt réseaux d’insurgés et la capture des hommes les plus recherchés du monde entier.

Là bas, pendant ces quatre mois et demi, nous n’avons tiré sur personne…

Nous n’avons tiré sur personne!

Aucun dommage collatéral…

Depuis le 11 septembre, j’ai été déployé à sept reprises. J’ai interrogé 25 000 personnes et j’ai été acteur de 200 raids.

Chaque fois, j’ai eu la chance d’améliorer ces techniques dans cette situation de combat. Et avec tout ça, les groupes d’insurgés ont été totalement dissous.
Et les bénéfices, du côté des Etats-Unis, étaient que nous avions dans nos prisons des tonnes et des tonnes de citoyens qui pouvaient nous aider à localiser ces insurgés et comme nous n’avions pas le nombre d’interrogateurs requis pour les interroger pendant des heures et des heures, nous ne pouvions prendre notre temps à définir quel citoyen pouvait faire partie ou non de ces réseaux, cela ne menait à rien puisque les interrogateurs ne pouvaient collecter d’utiles informations.
Cela résultait en une mauvaise information pour le commandeur qui par la suite ne faisait plus confiance aux interrogateurs… C’est comme si nous attendions de tomber sur le bon prisonnier, celui qui nous mènerait sur le chemin de notre ennemi.

C’est ça le boulot de l’interrogateur. On cherche des informations que les prisonniers nous donnent en faisant des compromis mais nous ne touchons en aucun cas au paysage…

Capturer Saddam, l’une des plus importantes cibles au monde, fut une immense expérience pour moi. Mais observer les insurgés sur un grand champ de bataille, tel que l’Iraq et l’Afghanistan, m’a montré que si nous approfondissons ces techniques, nous aurions fini ces guerres en l’espace d’un an ou deux…

Lorsque je parle de la capture de Saddam, on me demande souvent «pouvez-vous trouver Ben Laden?». Et donc, je voudrais citer un autre grand homme, Chris Howard (joueur de football américain NDLR), qui a dit «Sois humble» et avec toute la modestie du monde, si jamais quelqu’un me demande de trouver Ben Laden et que j’ai l’opportunité d’utiliser ces techniques, nous essaierions.

J’aimerais citer Howard, une nouvelle fois, lorsqu’il dit «Sois responsable» si je ne le trouve pas, ils me laisseront là-bas. Merci à tous pour votre temps. Dieu soit avec vous. *applaudissements*
Dieu soit avec vous, et Dieu soit avec l’Amérique!"


XXXX

J'espère que cette vidéo vous a donné envie de lire le livre et de découvrir Eric Maddox, car, croyez-moi, ce sergent en vaut la chandelle!