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dimanche 15 décembre 2013

Eric Maddox retrace la capture de Saddam Hussein, 10 ans après

Vendredi 13 décembre ne marquait pas seulement un jour de superstition pour tout le monde. En effet, vendredi dernier marquait les dix ans de la capture de Saddam Hussein qui est retracée dans le livre d'Eric Maddox.

A cette occasion, Fox & Friends et KGOU (qui sont des sites/chaînes d'informations) ont pu interviewer Eric Maddox sur cette traque, la capture mais également sur le projet cinématographique Mission: Blacklist.

Voici la transcription de ces interviews. Traduction maison comme d'habitude.

Interview Fox & Friends

Source 1 (Site Fox)
Source 2 (Blog Partenaire Mission: Blacklist)

Cette première vidéo traite de la capture de Saddam Hussein en elle-même sans le segment d'Eric Maddox. Je vous invite à la regarder pour pouvoir situer les événements mais aussi pour en connaître d'avantage sur l'histoire de cette capture. Cependant, pas de traduction pour cette partie puisque Eric Maddox n'y apparaît pas et qu'ils ne parlent pas du film.

Petite citation tout de même, pour vous montrer à quel point les Etats-Unis ont été touché par cette histoire.

"Difficile de croire, qu'il y a dix ans de cela, le dictateur Saddam Hussein fut retrouvé caché dans un trou (littéralement trou d'araignée en anglais, signifiant cachette ou trou à rat en français) après des années de crimes de guerres. Sa capture, une occasion momentanée pour un monde de nouveau libre."

Source 3 (Site Partenaire Spunk Ransom)
Source 4 (YouTube)

Cette fois-ci, vidéo d'Eric Maddox sur le film.

"Présentateur: Et c'est le trou que nous regardons maintenant, recouvert d'une pierre et d'une protection, où se trouvait Saddam Hussein. Quelle histoire! Et je sais qu'ils vont en faire un film et je sais qui va jouer votre rôle!
Eric Maddox: Robert Pattinson va jouer mon rôle, Steve.
Présentateur: Fantastique! C'est super!
Eric Maddox: Oui.
Présentateur: Est-ce que vous savez quand il va se retrouver sur le grand écran?
Eric Maddox: Ils commencent le tournage au printemps, donc... Je ne fais pas partie du monde d'Hollywood alors je vais juste attendre et je ne sais absolument pas quand il sortira sur grand écran.
Présentateur: Eh bien vous savez quoi? Il (Pattinson) a de nombreux fans, vous en avez aussi pour ce que vous avez tous fait il y a dix ans. C'était Eric Maddox qui est désormais un formateur dans l'art des interrogatoires pour le département de la Défense. Merci infiniment pour votre service rendu. Merci pour tout. Et euh, bonne chance avec le film.
Eric Maddox: Merci, vous aussi"

Je vous avoue que je n'ai pas bien compris le comportement assez peu professionnel du présentateur... On voit bien qu'Eric Maddox n'est pas très à l'aise mais les questions posées laissent assez à désirer.
On sait néanmoins que le sergent est très fier du projet et du choix de l'acteur principal.

Nous n'avons plus qu'à attendre le printemps!

Interview KGOU

Il s'agit d'une interview enregistrée, je vous invite à l'écouter en même temps que la lecture de la transcription. Comme d'habitude traduction maison!

Source 1 (KGOU)
Source 2 (Blog Partenaire Mission Blacklist)

"Un natif d'Oklahoma revient sur l'Irak et l'art des interrogatoires lors de l'anniversaire de la capture de Saddam Hussein

Il y a dix ans vendredi, des centaines d'interrogatoires et des mois de travail sur la récolte d'informations ont payé pour Eric Maddox lorsque ses pairs soldats de l'armée américaine ont "rendu" le dictateur Iraquien Saddam Hussein qu'ils avaient trouvé dans sa cachette (son trou d'araignée) près de sa ville natale de Tikrit.

Plus d'une décennie après le début du conflit, et deux ans après le départ de l'armée américaine d'Irak, Maddox dit qu'une fois qu'Hussein a été appréhendé, les Etats-Unis n'avaient aucune idée de la façon dont ils pouvaient reconstruire le pays.

"Les Iraquiens regardent l'Armée américaine et leur font remarquer "Hey, vous êtes responsables maintenant", dit Maddox. "Et lorsque leurs attentes n'ont pas été respectées, ils ont commencés à se retourner contre nous. C'est à ce moment-là que les éléments d'Al-Qaeda entrent en jeu en Irak, et recrutent des citoyens défaitistes et des combattants étrangers, et à partir de là, cela devient une toute autre guerre."

Maddox dit qu'alors que les forces de la coalition étaient très bien préparées pour l'invasion et ont accomplies leur mission qui était le changement de régime, il ne s'est personnellement pas senti prêt d'interroger des insurgés pendant la si bien appelée "nouvelle guerre".





"On m'a appris à interroger des soldats en uniforme et avec une arme sur le champ de bataille" Maddox dit. "Ceux-là étaient des individuels vivant la vie de tous les jours, avaient un travail normal, et étaient chez eux dans des habits de civils, et il n'y avait pas d'évidence contre eux. Et les techniques qu'on nous avait apprises ne fonctionnaient pas."

Maddox est l'auteur de Mission: Black List #1 qui détaille son expérience l'ayant conduit à la capture de Hussein (Saddam). Le livre va être adapté au cinéma avec la star de Twilight, Robert Pattinson, reprenant le rôle de Maddox.
Ayant servi en tant que ranger aéroporté (Airborne Ranger) de l'infanterie autrefois a aidé Maddox à s'adapter aux situations inattendues. Il a rapidement apprit à sympathiser avec ses prisonniers, se mettre à leur place, et gagner leur confiance ainsi que leur respect.

"C'est une situation où je suis un peu Big Brother," dit Maddox. "Tikrit, par exemple, est une petite ville de 20,000 habitants. Je connaissais chaque rue, chaque quartier, chaque famille. Et lorsque je leurs dis, "Vous allez rentrer chez vous parce que je peux vous trouver", ils le feront."

Maddox a servi pendant la tumultueuse décennie où les militaires de l'art de l'interrogation étaient sous les feux de la rampe à cause de leurs techniques d'interrogation plus que controversées, plus communément perçu comme de la torture. Il dit qu'il ne l'a jamais fait, mais il sait que cela existe et a vu le gouvernement des Etats-Unis ainsi que l'Armée faire leur possible pour que cela cesse.

"Nous avons la responsabilité de créer et développer des techniques d'interrogatoires qui sont de loin plus supérieures et plus effectives que la torture," dit Maddox. "Je le ferais à ma façon même si j'avais l'autorisation de torturer. Si nous ne faisons pas ça, il n'y a aucune garantie que cela cesse pour de bon."


TRANSCRIPTION INTEGRALE

SUZETTE GRILLOT, PRESENTATRICE: Eric Maddox, Bienvenue dans World Views.

ERIC MADDOX: Merci de m'accueillir.

GRILLOT: Eh bien, cela fait dix ans que vous avez été impliqué dans la capture de Saddam Hussein. Pouvez-vous retracer, nous donner certaines idées de ce que vous pensez; comment ces dix années ont passé depuis la capture de Saddam Hussein? Il y avait tellement d'optimisme et d'excitation, je suppose, lorsque vous avez appréhendé le dictateur et réussi à changer le régime en Irak, ce pourquoi vous étiez allés là-bas. Nous savons comment cela s'est passé, mais qu'avez-vous à dire sur la suite des événements à partir de là?

MADDOX: Eh bien, c'est une question complète, mais de mon point de vue, en tant que membre de l'Armée, en tant que Sergent à l'époque, il s'agissait d'une période d'excitation. Nous avions l'impression de nous battre pour notre pays, et nous allions faire sortir un dictateur dont nous avions tous entendu parler en grandissant et que nous représentions comme un homme vil. Et nous sentions que nous étions préparés. Nous y sommes allés et avons juste fait tout ça. Nous avons inversé le régime. Nous avons commencé à traquer les cibles de grandes valeurs. Eventuellement, nous avons capturé Saddam, mais le problème je pense, et il ne s'agit que de mon opinion, est que nous ne savions pas comment mettre fin à ça. Parce que nous n'avions aucune idée sur la façon de reconstruire un pays alors que nous en avions la responsabilité. Les Iraquiens regardent l'Armée américaine et leur font remarquer "Hey, vous êtes responsables maintenant". Et lorsque leurs attentes n'ont pas été respectées, ils ont commencés à se retourner contre nous. C'est à ce moment-là que les éléments d'Al-Qaeda entrent en jeu en Irak, et recrutent des citoyens défaitistes et des combattants étrangers, et à partir de là, cela devient une toute autre guerre. Vous avez en réalité deux guerres totalement différentes.


GRILLOT: Donc, il y avait une guerre contre l'Irak, la guerre contre Saddam Hussein, la guerre contre le dictateur, dont le pouvoir avait été retiré. Et vous dites que vous étiez préparé à ça. Vous étiez préparés à combattre dans cette guerre. Mais la seconde guerre a commencé. L'insurrection. Est-ce que c'est ce dont vous parlez, par rapport à une guerre différente?

MADDOX: La seconde guerre d'insurrection menée par des combattants étrangers et celle pour laquelle nous ne pouvions déterminer l'ennemi et gagner le cœur et les esprits des gens. Parce c'est vraiment... lorsque vous combattez une insurrection, c'est tout ce que vous faites. Soit vous gagnez le cœur et les esprits des gens, soit vous n'y arrivez pas. Si il y a des questions concernant la raison de l'échec en Afghanistan, c'est parce que le gouvernement Afghan ne pouvait pas gagner, ils ne peuvent pas gagner le cœur et l'esprit du peuple, et les Talibans le font. Alors, c'est un exemple, et il nous a fallut plusieurs années pour comprendre et réaliser, "Attendez une seconde, on ne peut pas jouer à frapper n'importe où avec ces ennemis-là, il faut que nous construisions des infrastructures, et les aider à construire un gouvernement." Et cela nous a prit plusieurs années, parce que nous n'avions aucune expérience là-dedans.

GRILLOT: Alors lorsque vous dites que vous étiez préparés pour la guerre, je me demandais si vous étiez préparé à faire votre travail en particulier, puisque vous dites dans votre livre et vous l'avez commenté à plusieurs reprises publiquement que vous n'aviez pas vraiment été formé pour devenir interrogateur. Maintenant, vous avez servi en tant que tel en Irak. Vous avez interrogé un bon nombre de personnes menant à la capture de Saddam Hussein, alors étiez-vous préparé à ce boulot? Parce qu'il m'a semblé que vous ne saviez absolument pas à quoi vous attendre.

MADDOX: Lorsque je dis que nous étions préparé, je parlais de l'Armée des Etats-Unis qui fournit la meilleur formation du monde. Nous avions le nombre. Nous n'étions pas fatigués de combats qui avaient duré plusieurs années, mais moi-même, je n'étais absolument pas préparé. Je n'avais jamais conduit d'interrogatoires, et je suis allé là-bas et ai commencé à interroger, les techniques que j'avais apprises ne fonctionnaient pas. On m'a appris à interroger des soldats en uniforme et avec une arme sur le champ de bataille. Ceux-là étaient des individus lambda vivant la vie de tous les jours, qui avaient un travail normal, et étaient chez eux dans des habits de civils, et il n'y avait pas d'évidence contre eux. Et les techniques qu'on nous avait apprises ne fonctionnaient pas. J'avais, néanmoins, servi pendant plusieurs années dans l'infanterie en tant que ranger aéroporté, où on nous apprenait à s'adapter.


GRILLOT: Alors, lorsque vous vous êtes adaptés, en fait, dites-nous comment vous vous êtes adaptés. Vous avez fait quelques commentaires sur le fait que vous aviez trouvé comment vous mettre à leur place, et que c'est une tactique qui vous a aidé à récolter l'information dont vous aviez besoin. Que voulez-vous dire par là?

MADDOX: C'est le principe numéro un auquel je crois. Lorsque j'enseigne l'art des interrogatoires à un futur interrogateur, vous devez absolument vous mettre dans les baskets du prisonnier. Maintenant, qu'est-ce que ça veut dire? Eh bien, on nous a apprit à jeter au visage les preuves que l'on a contre eux pour essayer de briser leur esprit dans le but de leur soutirer des révélations. Jusqu'à ce qu'ils se confessent, on ne peut pas vraiment faire confiance dans ce qu'ils nous disent. Ils sont assis là dans leurs vêtements de civils, et ils ne sont pas vraiment des soldats, et dans leur esprit, vivre sous les règles de Saddam signifie ne jamais se confesser. Alors cette bataille est livrée (entre les deux objectifs). Et en réalité ils ont des problèmes. Ils voulaient rentrer chez eux. Ils avaient de la famille dont ils avaient à s'occuper quotidiennement. Ils avaient des boulots et des responsabilités, et ils avaient besoin de rentrer chez eux. Et comment est-ce qu'on fait ça? Ils doivent m'aider. Je dois attraper leurs patrons faisant partie de l'insurrection. Eh bien, si leur boss est un membre de leur famille, et ils disent, "je ne vais pas vous aider à attraper un membre de la famille", je dois aller encore plus haut qu'eux. Dans ces cas-là ils me regarderont et me diront, "Voilà le plan. Si je vous livre mon boss, ils vont savoir que c'est moi et ils vont me tuer. Mais monsieur l'interrogateur, je dois rentrer chez moi, mais si je vous livre le boss de mon boss, et d'autres individus dont vous n'êtes pas conscients qu'ils existent, allez d'abord les chercher. Capturez-les et ensuite allez chercher le boss de mon boss. Ils penseront que ces gars les ont dénoncé et je serais libre de rentrer chez moi." Et alors j'expliquerais à ce prisonnier, "Tu sais , c'est une bonne idée. Et parce que ton frère fait partie de l'insurrection, j'ai besoin d'aller le chercher, et lui dire de se calmer. Il restera assis chez lui, et il ne fera rien. J'ai besoin que tu rentre chez toi et que tu vives ta vie. Je sais où tu habites. Je sais comment t'attraper. Mais tu vas t'asseoir là-bas et vivre ta vie normalement, deal?" Et il est choqué. Il est épaté. Il est en train de penser, "je vais passer le reste de ma vie dans une prison du gouvernement des Etats-Unis," mais deux jours après j'aurais fait rentrer ces gars chez eux et ils nous révèleront tout ce dont nous avons besoin.

 
GRILLOT: Donc, en termes de tactiques d'interrogatoires alors, j'ai comme l'impression que vous sympathiser avec votre prisonnier. Que vous vous mettez à sa place. Vous prenez en compte leur perspective de la situation et comprenez leur besoin. Est-ce que vous pensez que c'est quelque chose qui s'est répandu bien plus loin que pour les techniques d'interrogatoires et donc s'est étendu à une compréhension de ce dont les Iraquiens avaient besoin? Ou bien si nous étendons même ceci à un autre conflit dans lequel nous sommes impliqués, l'Afghanistan, sympathisons-nous avec les Iraquiens? Sympathisons-nous avec les Afghans? Sympathisons-nous plus largement dans notre politique, ou est-ce que cela est juste limité à l'art des interrogatoires?

MADDOX: Je ne peux pas vraiment parler à grande échelle. Je peux simplement parler de ce que j'ai appris et développé en tant qu'interrogateur. Il semblerait que ce soit une suite logique. La difficulté est d'avoir des commandeurs qui ont le courage de laisser des prisonniers dont ils ont conscience qu'ils se battent contre nous, qui ont probablement tué des Américains, retourner chez eux deux jours après leur arrestation. Lorsque les commandeurs m'ont fait confiance pour que je libère ces prisonniers, et de par cette action - donner des informations - alors nous pouvions avancer. Mais ce fut quelque chose que j'ai fait moi. Je ne peux pas parler d'actions à plus grande échelle. Cependant, je vais dire, je le fais en Afghanistan et c'est tout aussi effectif. Parce qu'à la fin de la journée, les gens veulent simplement rentrer chez eux.

GRILLOT: Mais vers quoi rentrent-ils chez eux?

MADDOX: Ils sont...

GRILLOT: Je veux dire c'est une vie difficile qu'ils vivent ces derniers temps. Est-ce qu'ils rentrent chez eux dans l'insécurité? Est-ce que vous pouvez être confiant qu'ils rentrent vraiment chez eux et qu'ils ne travailleront pas contre vous? Comment établissez-vous cette relation avec eux à travers ce processus?

MADDOX: Eh bien, une fois la journée finie, le principal est qu'une fois que j'ai toutes les informations que j'ai récolté, je sais où ils vivent. Je sais où chacun des membres de leur famille vit. C'est une situation où je deviens Big Brother.

GRILLOT: Vous les connaissez bien. Vous les connaissez même très bien. Et ils le savent.

MADDOX: J'ai passé des heures avec ces prisonniers, et Tikrit, par exemple, est une petite ville de 20,000 habitants. Je connaissais chaque rue, chaque quartier, chaque famille. Et lorsque je leurs dis, "Vous allez rentrer chez vous parce que je peux vous trouver", ils le feront. Bien sûr, ils retournent en terrain de guerre, mais lorsque vous avez des responsabilités, ils préfèrent y retourner. La plupart de ces leaders, les membres séniors de l'insurrection, ils sont des personnes importantes. Alors ils ont besoin de prendre soin de leur famille. Oui, c'est dur à l'extérieur, mais ils préfèrent être libres.

GRILLOT: Alors, en tant qu'interrogateur, je suis sûre que vous n'êtes pas surpris d'entendre que certains ont été très critiques par rapport aux techniques que vous avez utilisées. Vous avez annoncé clairement que vous n'aviez pas eu recours à la torture pendant vos interrogatoires. Que vous n'avez torturé aucune des personnes qui vous ont mené à la capture de Saddam Hussein. Cependant nous savons que cela arrive parfois. Il y a des preuves évidentes de cela, et juste pour citer un exemple, la capture d'Oussama Ben Laden, par exemple, certains ont dit, et je pense qu'ils en ont fait un film - que ce soit la réalité ou non - qu'il y a eu torture afin d'acquérir certaines informations. Qu'avez-vous à dire par rapport à ça? Est-ce qu'il s'agit de quelque chose de commun? D'inhabituel? Quelque chose dont nous devrions nous inquiéter ou non?

MADDOX: Je pense que lorsque vous regardez l'Histoire de la torture ces dix dernières années, je dirais que cela a absolument existé dans les premières années, et j'y ai assisté... J'ai effectué huit déploiements ces dix derniers années, seulement en tant qu'interrogateur. J'ai vu le gouvernement des Etats-Unis, l'Armée des Etats-Unis, faire tout ce qui est en leur pouvoir pour se débarrasser de cette pratique. Pour l'éliminer. Pour y mettre fin. Cela existait, et ensuite ils ont essayer de s'en débarrasser, et il y avait de petits morceaux restant. Ils ont appris de leurs erreurs, mais à la fin de la journée, j'ai une philosophie qui dit que, lorsque vous êtes un commandeur ou un soldat, un interrogateur également, si la vie de vos hommes est en ligne de mire, ils vont tout faire pour obtenir l'information qu'ils veulent. Alors la responsabilité que nous avons est de créer et développer des techniques d'interrogatoires supérieures et bien plus efficientes que la torture. C'est la seule voie que je puisse garantir. Je le ferais à ma façon même si j'avais l'autorisation de torturer. Je prouverais que les techniques que j'utilise sont plus rapides et plus efficaces. Si nous ne faisons pas ça, alors il n'y a aucune garantie que cela cesse pour de bon.

GRILLOT: Vous avez écrit à propos de ces tactiques. Vous avez parlé publiquement de ces tactiques à plusieurs reprises. Est-ce que cela porte ses fruits? Est-ce que le gouvernement et l'Armée des Etats-Unis utilisent de plus en plus les tactiques que vous promouvez ici et là?

MADDOX: On me demande souvent d'aller enseigner, parler et discuter de mes tactiques. Si certains éléments de l'Armée les utilisent, je sais que les éléments avec qui je travaille les acceptent volontiers, et me demandent de leur apprendre, mais je dirais qu'à la fin de la journée, 95% des militaires de l'Armée ne connaissent pas mes tactiques et elles ne leur ont pas été présentées. Et ce n'est pas parce que je les garde secrètes, on ne m'a juste pas demandé de les enseigner à grande échelle.

GRILLOT: Est-ce pour cette raison que l'insurrection continue aujourd'hui? Nous parlons de dix années en Irak. Encore plus longtemps en Afghanistan. Est-ce votre solution qui va nous aider à combattre l'insurrection?

MADDOX: Je pense qu'il y a beaucoup de choses qui doivent être faites. Si nous regardons dans l'Histoire, si nous nous attardons sur la manière dont nous résolvons les problèmes, je dirais que c'est trop difficile de s'attendre à ce qu'une Armée reconstruise une nation. Je ne pense pas que cette responsabilité soit celle des militaires. Je crois que nous devrions réfléchir et se dire "Est-ce qu'on veut vraiment entrer dans cette guerre? Car il va bien s'agir d'une guerre et qu'allons-nous bien pouvoir faire lorsque nous aurons à reconstruire le pays? Est-ce que c'est vraiment ce que l'on souhaite?" Mais oui je pense que les avancées en terme d'interrogatoires seront d'une grande aide. On peut observer tellement de choses qui ont été faites dans le passé, et je pense qu'au final, il faut se demander, "Est-ce qu'on a besoin de faire ça? Est-ce vraiment nécessaire?"

GRILLOT: Alors, je dois le mentionner, votre livre Mission: Black List va être adapté au cinéma. Robert Pattinson a été choisi pour interpréter votre personnage. Que pensez-vous de tout ça? Que va-t-on apprendre? Que va-t-on voir dans ce film?

MADDOX: Je suis vraiment excité par le projet. La seule chose que j'ai demandé est que le film soit aussi réaliste que possible. Et travailler avec Rob, c'est également sur ce trait qu'il insiste. Il me demande tout le temps "Est-ce que c'est vrai? Est-ce que ça s'est réellement passé?" Alors c'est très excitant. Nous verrons.

GRILLOT: Eh bien nous attendons cela avec impatience l'année prochaine.

MADDOX: Merci.

GRILLOT: Merci d'être venu sur World Views, Eric, votre présence a été très appréciée.

MADDOX: Ce fut un plaisir. Heureux d'être revenu."

Comme vous pouvez le constater, seule la dernière partie concerne le film mais je trouvais cette interview intéressante et pleines d'informations sur le personnage d'Eric Maddox. Personnellement , je ne peux m'empêcher d'être admirative devant un homme qui arrive à prendre du recul par rapport à son expérience mais également par rapport aux mondes militaire et politique.

J'espère également que cela vous a donné envie de lire le livre car bientôt, il sera à gagner sur notre blog!

En attendant le mois d'Avril avec impatience, sachez que nous ne sommes jamais à l'abri d'une énorme surprise d'ici la fin d'année!      



 

samedi 27 avril 2013

Un tournage pour le mois d'Août ?

Après de nombreuses spéculations, des informations triées sur le volet, voici une nouvelle information concernant le tournage du film.

En effet, le 26 avril dernier, la chaîne News on 6 a eu l'opportunité d'interviewer chez lui le sergent Eric Maddox. Ce dernier a répondu à des questions sur sa mission à Tikrit et sur son expérience d'interrogateur.

Ce dernier ne spécifie rien sur le film, seule la journaliste précise à la fin de cette interview l'adaptation du livre de Maddox ainsi qu'une possible date de tournage: Août. Bien sûr, cette information est à prendre avec des pincettes tant que nous n'avons pas d'annonce plus officielle.

En attendant, je vous propose de regarder cette vidéo avec, comme d'habitude, une traduction maison.



Comment un Homme de Saculpa a traqué Saddam Hussein

HOUSTON, Texas - Quelques fois, la vérité est plus étrange que la fiction, et cela pourrait bien être l'histoire d'Eric Maddox, de Saculpa.

Il est sur le point de devenir l'interrogateur le plus célèbre au monde.

La capture de Saddam Hussein fut un événement entendu partout autour du monde. Ce que nous n'avons pas entendu est l'histoire de cette capture.

Et aussi irréaliste que cela puisse paraître, tout a commencé ici à Tulsa, sur le parcours de course de LaFortune Park, lorsqu'Eric Maddox, natif de Saculpa et nouveau diplômé de l'université d'Oklahoma, a entendu la voix de Dieu, lui disant de devenir parachutiste de l'infanterie.

"Je ne raconte pas cette histoire habituellement, mais, vous savez, les gens d'Oklahoma, ils comprennent, ils l'acceptent,' a dit Maddox.

Il n'avait jamais utilisé d'armes, n'avait jamais sauté d'un avion et était terrifié par la hauteur.

"Chaque jour à l'école de rangers, j'étais du genre 'Est-ce que tu es sûr?'" Maddox dit en riant. "Je suis passé de justesse"

La décision suivante de Maddox était tout aussi improbable : il s'est inscrit pour devenir interrogateur dans l'armée.

"Ils m'ont dit, 'Deviens interrogateur. C'est le plus simple - huit semaines de formation.

Tu n'auras jamais à le faire, nous n'avons aucun prisonnier.'" a dit Maddox.

Puis est arrivé 9/11 (Le 11 septembre 2001) et le début de la guerre en Irak.

En quelques semaines, sans avoir fait aucun interrogatoire, Maddox se retrouve à Tikrit... travaillant avec la plus expérimentée des équipes de forces spéciales au monde. Et échouait misérablement.

"La partie la plus effrayante, fut lorsque j'ai réalisé que je n'avais jamais mené d'interrogatoires, mais lorsque je les ai commencé, cela ne fonctionnait pas," dit Maddox.

Le monde apprendra par la suite que, dans les premiers jours de la guerre, la torture était communément utilisée sur les détenus Iraquiens, particulièrement dans la prison Abu Graib à Bagdad.

"Légalement, c'était inacceptable, mais suspecté derrière les portes closes" dit Maddox. "C'était attendu à tous les niveaux."

Mais les circonstances ont fait que le sergent Eric Maddox a été jeté dans le coin perdu de Tikrit, volant de ses propres ailes et développant sa propre technique.

"C'est la meilleure chose qui ait pu m'arriver, car il n'y avait pas d'attentes. Je pouvais trouver le moyen de faire parler les prisonniers sans les torturer" dit Maddox.

Maddox a également découvert une habilité naturelle à retenir de petits morceaux d'informations de centaines de prisonniers pour ensuite les assembler en une mosaïque révélant lentement le front des insurgés qui s'étaient cachés.

"Et une fois que vous avez une idée du front, vous comprenez comment traquer les individus qui peuvent vous mener à la prochaine étape, puis la prochaine et la prochaine," dit Maddox.

Jusque-là, la plus grande revendication de célébrité de Maddox fut d'aider dans la défaite de Jenks en 1989 pendant les playoffs (NA : Football Américain). Mais la traque de Saddam stagnait et Maddox avait un plan.

"Je suis allé voir le chef d'équipe et j'ai baratiné. 'Je sais que ça va paraître fou, mais je pense que j'ai une piste, qui si nous la suivons, ça pourrait nous mener au numéro 1 de notre Black List'" il dit. (NA : Soit, Saddam Hussein)

Au lieu de courir après des cibles de profil important, Maddox suivait une toile de gardes du corps, chauffeurs et gardes manger, montant petit à petit la chaîne de commandement.

Mais son temps en Irak arrivait à sa fin, et lorsque l'un des raids a permi de ramener l'une de ses cibles numéro un, l'un des gardes du corps de Saddam, Maddox n'eut que deux heures pour qu'il l'amène vers le 'prix'.

"Je lui ai dit 'personne ne sait qui tu es. Je t'ai traqué et tout le monde s'en moque. Ils vont juste jeter la clef. Alors quand tu change d'avis, frappe à ta cellule. Tu ferais mieux de laisser quelqu'un le savoir.'" a dit Maddox. "Alors que j'étais conduit jusqu'à l'avion qui allait me faire quitter le pays, ils m'ont dit'ce prisonnier - qu'est-ce que tu lui as fait ? Il est devenu fou, il frappe sa cellule comme un malade'"

Maddox a fait dessiner une carte au prisonnier détaillant la location de Saddam, puis a quitté le pays.

Devant le public, l'administration Bush s'était empressée de créditer la CIA pour la faille qui mena au dictateur Iraquien, mais dans les coulisses, tout le monde, du directeur de la CIA Porter Goss au secrétaire de la défense Donald Rumsfeld couvrait Maddox de compliments et de médailles.

"C'est ma plus précieuse médaille. C'est la Légion du Mérite, et ça m'a été donné par l'équipe," dit Maddox.

Il a dit que tout semblait irréel, jouer un rôle aussi important dans un événement historique pareil.

"Cela m'a pris plusieurs années avant d'arriver à la conclusion que je n'allais pas me réveiller d'un rêve," dit Maddox.

Désormais, l'histoire se révèle au grand public. Maddox a écrit un livre il y a quelques années. Vous ne l'avez probablement pas vu, mais un studio de production en a tout de suite acheté les droits.

Robert Pattinson, célèbre de par Twilight, a signé pour interpréter Maddox, et le script est écrit par le scénariste de Band of Brothers.

Le tournage débute en Août.

Entre temps, Donald Rumsfeld était tellement enthousiaste de conserver les services de Maddox qu'il a établit des forces civiles d'interrogateurs, engageant Maddox en tout premier.

Son travail pour la Défense continue à ce jour."

Source: vidéo et article via MissionBlacklistfilm

XXXX


On en apprend toujours un peu plus sur l'histoire de ce soldat qui reste humble et modeste tout au long de ses interviews.
Cependant, l'annonce du tournage du film, qui fait un grand buzz sur le net, reste à prendre avec des pincettes puisque de nombreuses dates ont été citées au cours de ces derniers mois...

Dylan Kussman, scénariste sur le projet semble pourtant partager l'information sur son twitter... Ne reste plus qu'un petit communiqué officiel et l'aventure Mission : Black List pour enfin débuter!

mardi 16 avril 2013

EXCLUSIF: Interview de Dylan Kussman, scénariste sur Mission Blacklist

Le projet Mission : Black List #1 reste, malgré son tournage très proche, un mystère tant pour les fans que pour les professionnels du cinéma.


Ainsi, afin de lever légèrement le voile sur ce film, je vous propose une interview exclusive de Monsieur DYLAN KUSSMAN l'un des scénaristes chargé du projet.
Monsieur Kussman m'a effectivement donné la permission de l'interviewer et de vous révéler une ou deux petites choses sur le processus d'écriture d'un scénario tel que celui-ci.

Les propos que vous allez lire ont été approuvé et révélé par monsieur Kussman lui-même, ils ont été recueilli par moi-même. Merci de respecter ce travail. (Tous droits réservés)


Interview (version originale anglaise):

"_ For those who do not know you, could you introduce yourself and tell us what do you do for a living?

"My name is Dylan Kussman.  I've been a professional actor for over 30 years, known best for my roles in such films as Dead Poets Society, The Way of the Gun, X2, and most recently, Flight, and Jack Reacher. I have been a professional writer for about half that time. I wrote the feature film Burn, co-wrote the screenplays Booth and The Mayor of Castro Street, and was writer and director of the hit Web series The Steps. (www.youtube.com/thestepswebseries)"

_ Tell us about your work for Mission: Blacklist and how you ended up being a part of this project?

"I became involved with Mission: Blacklist when head writer and Executive Producer Erik Jendresen contacted me about contributing to the project. At the time, he and his co-writer Trace Sheehan were deeply immersed in adapting Staff Sergeant Maddox's book, Mission: Black List #1, and were looking for an additional voice to help flesh out the main character and structure his remarkable story as a movie. It was an honor to be asked to collaborate with two such accomplished and well-respected writers, on a story with such an incredible pedigree, and I accepted without a moment's hesitation."

_ Was it complicated for you to work on this book and, particularly, on this subject?

"The most challenging part about working on the project for me personally was absorbing the vast amount of research Erik and Trace had compiled before I came onboard. On top of the book itself, there were hundreds of pages of interviews they'd conducted with the Staff Sergeant, firsthand accounts of the Iraq War and of the American presence in Baghdad and Tikrit after Saddam's fall -- I had to get up to speed in a hurry. Once I'd gotten on top of the material, however, I was fortunately able to see a strong and clear contribution I could make towards rendering this soldier's mind-bending ordeal into a piece of dramatic cinema. Incredible human beings don't always make compelling onscreen protagonists, but between the work we've done as writers, Jean Stephane Sauvaire's guiding hand as director, and Robert Pattinson's committment to playing this inspiring figure with the fearless honesty for which he's known, I don't think that will be the case here."

_ Did you work directly with Eric Maddox to sort out what to take or not take from the book?

"Both Erik Jendresen and Trace Sheehan worked more directly with Eric Maddox than I did, and Mr. Pattinson has spent an extended amount of time with him at this point. They will be able to speak to your question better than me."


_ In the story, the blue shirt is very important and during a lecture in Oklahoma University, Eric Maddox said that Robert Pattinson will probably wear it, did you include it in your work?

"Eric Maddox wore the same blue oxford shirt throughout his intelligence effort to help locate Saddam Hussein, and we included that costume choice as part of Maddox's character in the screenplay. Whether Robert will be wearing the actual shirt during the shoot is a question for the director, actor, and Staff Sergeant Maddox to answer."


_ Did you have a word in the castings? And in the choice for the place where it will be filmed?

"No, and no"

_ What do you think of Robert Pattinson's choice as the lead man?

"Robert Pattinson is a phenomenal choice. We were all thrilled when he came onboard. More importantly, after spending lengthy one-on-one time with Staff Sergeant Maddox, and getting Maddox's personal blessing to portray him in the movie ... he is the only choice."

_ What can you tell us (that nobody knows yet) about the movie or the project?

"All I can say is, you've never seen a story like this one, or experienced an intelligence, military or otherwise, like you will Staff Sergeant Maddox's in this film. His is truly a remarkable mind; I remain as much in awe of it now as I was after I first read the book, and I remain very proud to have been a small part of the process of bringing the man and his story to the screen"

_ Do you speak French (even for a little bit)?

"Non, je ne parle pas francais, sauf ...  Commet Tu t'appeles? Je m'appelle Dylan. Ca va? Comme si Comme sa

That's about it!"




Traduction de l'interview (French version)

"_ Pour ceux qui ne vous connaissent pas, pourriez-vous vous présenter et expliquer ce que vous faites dans la vie?

"Je m'appelle Dylan Kussman, j'ai été acteur professionnel pendant plus de 30 ans, plus connu pour mes rôles dans des films tels que Le Cercle des Poètes Disparus (dans le rôle de Richard Cameron), The way of the Gun (en 2000), X2 (X-Men United)et plus récemment Flight (avec Denzel Washington) et Jack Reacher (avec Tom Cruise).
J'ai été scénariste professionnel depuis la moitié de ce temps-là. J'ai écrit le film sur grand écran Burn co-écrit les scénarios de Booth et de Harvey Milk (avec Sean Penn), et j'étais scénariste et réalisateur sur la célèbre série web The Steps (lien sur interview en anglais)"

_ Dites-nous en plus sur Mission : Blacklist et comment vous vous êtes retrouvé sur ce projet.

"Je suis devenu impliqué dans Mission : Blacklist lorsque le scénariste principal et le producteur exécutif Erik Jendersen m'ont contacté afin de me demander si je souhaitais contribuer au projet. A ce moment-là, lui et son co-scénariste Trace Sheehan étaient profondément immergés dans l'adaptation du livre du sergent Maddox, Mission : Black List #1, et ils recherchaient une voix supplémentaire pour les aider à matérialiser le personnage principal et à structurer sa remarquable histoire en un film. Ce fut un honneur d'être sollicité pour collaborer avec de si accomplis et très respectés scénaristes, sur une histoire avec un incroyable pédigré, et j'ai accepté sans la moindre hésitation."

_ Était-il difficile de travailler sur ce livre et, plus particulièrement, sur ce sujet?

"La partie qui tenait le plus de challenge pour moi dans le travail de ce projet était d'absorber la grande quantité de recherches qu'Erik et Trace avaient accumulé avant que je rejoigne l'équipe. En plus du livre en lui-même, il y avait des centaines de pages d'interviews qu'ils avaient effectué avec le sergent, des témoignages de premier ordre sur la guerre en Irak et sur la présence américaine à Bagdad et Tikrit (fief de Saddam Hussein et ville où ce dernier a été retrouvé et capturé) après la chute de Saddam -- J'ai du aller très vite car le temps pressait. Une fois que j'étais informé à tous les plans, néanmoins, j'ai été capable de voir une forte et claire contribution dans l'établissement du profil du soldat capable de "contourner" les esprits et de faire de son histoire une œuvre dramatique pour le cinéma. Les êtres humains incroyables ne font pas souvent de protagonistes captivants au cinéma, mais entre le travail que nous avions fait en tant que scénaristes, le guidage de Jean Stéphane Sauvaire en tant que réalisateur, et l'engagement de Robert Pattinson pour jouer le rôle d'une personne inspirante avec cette honnêteté sans peur pour laquelle il est connu, je ne pense pas que cela sera le cas ici."

_ Avez-vous travaillé directement avec Eric Maddox afin de trier ce qu'il y avait ou non à prendre dans le livre?

"Erik Jendresen et Trace Sheehan ont eu l'occasion de travailler plus directement avec Eric Maddox que je n'ai pu le faire, et M. Pattinson a passé beaucoup de temps avec lui jusqu'ici. Ils seront à même de répondre à votre question mieux que moi."

_ Dans l'histoire, la chemise bleue est un élément très important et durant une lecture à l'Université d'Oklahoma, Eric Maddox a révélé que Robert Pattinson serait susceptible de la porter, l'avez-vous incluse dans votre travail?

"Eric Maddox a porté la même chemise oxford bleue durant toute sa période d'interrogations afin de permettre la localisation de Saddam Hussein, et nous avons inclus ce costume en tant qu'élément du personnage de Maddox dans le scénario. Si Robert portera ou non la véritable chemise pendant le tournage est une question pour le réalisateur, l'acteur et le sergent Maddox."

_ Avez-vous eu votre mot à dire sur les castings? Et sur l'endroit où sera tourné le film?

"Non, et non."

_ Que pensez-vous du choix de Robert Pattinson en tant que rôle principal?

"Robert Pattinson est un choix phénoménal. Nous étions tous aux anges lorsqu'il a rejoint notre équipe. Plus important, après avoir passé beaucoup de temps en tête à tête avec le sergent Maddox, et avoir eu l'approbation du sergent lui-même pour qu'il le représente dans le film... il est le seul choix."

_ Que pouvez-vous nous dire (que personne ne sait encore) sur le film ou sur le projet?

"Tout ce que je peux dire est que vous n'avez jamais vu une histoire comme celle-là ou même que vous n'avez jamais vécu une histoire d'espionnage, militaire ou autre comme vous le ferez avec celle du sergent Maddox dans ce film. Son histoire est celle d'un esprit incroyable, je reste encore autant en admiration devant lui que lorsque j'ai lu le livre pour la première fois, et je reste très fier d'avoir contribué ne serait-ce qu'à une petite partie de cet homme et son histoire sur grand écran."

_ Est-ce que vous parlez français (ne serait-ce qu'un petit peu)?

"Non, je ne parle pas français, sauf ... Comment tu t’appelles? Je m'appelle Dylan. Ça va? Comme-ci Comme-ça"

C'est tout!"



*Propos recueillis par Laura*

Voici donc quelques révélations qui, même si elles ne nous apportent pas de nouvelle du tournage, nous amènent à comprendre mieux le processus de création de ce film mais aussi l'expérience de chacun face à cette histoire et cet homme.
En tout cas, j'espère que cette interview vous a donné envie de lire le livre et surtout de suivre avec une grande attention les news sur Mission : Blacklist.

samedi 30 mars 2013

L'homme à la chemise bleue donne une lecture dans son ancienne université

Comme nous vous l'avions dit il y a quelques jours, mercredi 27 Mars 2013, Eric Maddox, l'auteur de Mission Black List #1, a fait une lecture à l'université d'Oklahoma, aux Etats Unis. (Je m'excuse d'ailleurs pour le retard... Soucis d'ordi et derniers jours de boulot)

Voici ici la transcription de cette conférence proposée par le site de l'université (oudaily.com) avec une petite photo.

Comme d'habitude traduction maison ;)

Source: missionblacklistfilm.com



"Un ancien étudiant de l'université d'Oklahoma (OU), responsable de la capture de Saddam Hussein, de retour pour discuter

Un ancien étudiant de l'université d'Oklahoma, responsable de l'avancée de la traque et de la capture de Saddam Hussein avait une histoire, des conseils et des avis à partager mercredi.

"Ce que je m'apprête à vous dire n'est pas l'avis de l'armée des Etats Unis, il s'agit des opinions d'Eric Maddox" a-t-il dit.

Eric Maddox - interrogateur, auteur et ancien élève à OU (Université d'Oklahoma) a expliqué le processus de traque et de capture de Saddam Hussein ainsi que les détails des dilemmes auxquels il a fait face devant près de 300 personnes dans la salle de bal Memorial Union de Molly Shi Boren à Oklahoma. Le public comptait des étudiants, membres de facultés ainsi que le père d'Eric Maddox.

"Ma foi joue un rôle très important dans chacune des choses que je fais," a dit Maddox.

Un chrétien dévoué qui avait dans l'idée d'aller en fac de droit après être diplômé de l'OU, Maddox décida de changer ses plans lors d'un jogging près de Sapulpa, la ville où il habitait.
"J'ai rejoint l'armée car je courrais à Tulsa entre deux semestres, et j'ai entendu une voix dire "tu as besoin d'être un ranger aéroporté" a dit Maddox.

Après avoir parlé avec son père de ce qu'il aurait pu faire différemment dans sa vie, Maddox a dit qu'il avait décidé d'être un ranger aéroporté.

Maddox a partagé l'histoire des étapes l'amenant à la capture de Saddam Hussein dans l'ordre chronologique, en ne laissant seulement de côté que "quelques petits éléments" qu'on lui avait demandé de ne pas révéler en raison de la nature confidentielle de ces éléments.

Cette même histoire a été regroupée dans son livre, Mission Blacklist #1, lequel va être adapté au cinéma en mettant en scène Robert Pattinson qui jouera Maddox.

"Quelqu'un veut faire un film de mon histoire - je trouve ça très excitant!" a dit Maddox.

Maddox a dit qu'il avait déjà rencontré et appris à connaître Pattinson.

"C'est un chic type," a dit Maddox. "Lorsqu'ils m'ont dit son nom, je n'avais jamais entendu parler de lui auparavant. Je ne crois pas aux films ou aux histoires de vampires. Je ne savais simplement pas qui il était."


Maddox a dit qu'il avait porté une seule et même chemise bleue pendant ses mois de recherche sur Hussein, avec aucun autre change. Cette chemise a une basse "à grande gueule" brodé dessus, des poches en Velcro et des tâches de sang.

"Je l'ai toujours [La chemise]. Je pense que Rob la portera dans le film," a dit Maddox.

Maddox a du attendre cinq ans avant de pouvoir raconter son histoire et écrire son livre puisque le gouvernement américain souhaitait garder cette affaire confidentielle, a-t-il dit.

"Depuis, le gouvernement américain veut que je supporte le projet de film, et souhaitait que je dise qui j'étais et ce que je faisais," dit-il.

Alors qu'il a accompli sa mission pour arriver à la capture d'Hussein, Maddox a dit qu'il souhaitait rester humble face à cet accomplissement. Il se comparait à un joueur de football américain de l'université d'Oklahoma, Barry Sanders, qui était très humble par rapport à son talent sur le terrain.

"Je me suis dit, "tu vas être très Barry Sanders à propos de ça - tu ne sera rien d'autre que complètement humble," a dit Maddox.

Maddox a également expliqué les caractéristiques d'un bon interrogateur.

"J'adore écouter les gens parler. Si vous aimez faire ça aussi, vous pourriez également être un bon interrogateur," a dit Maddox. "Vous devez aussi être auto-critique pour être un bon interrogateur - qu'ai-je fait pour que ça foire? Que faire pour m'améliorer?"

Maddox a dit que la chose avec le plus de valeur qu'il ait apprise à OU était l'importance des amitiés et des relations qu'il avait créées.

"Je suis un pionnier, et chacun qui me connaît depuis plus de dix minutes le sait," il dit. "J'espère que j'ai bien représenté mon école, mais c'est une responsabilité. Alors le jour où vous êtes diplômés, réalisez que vous portez ce poids sur vos épaules, et avec ça, j'attend avec impatience de vous voir tous des pionniers d'Oklahoma."

Une étudiante fut interloquée par l'idée que quelqu'un qui a marché dans le même campus qu'elle ait eu un tel impact sur le monde.

"Voir quelqu'un qui est allé dans la même école, qui a marché dans les mêmes halls et qui a expérimenté les mêmes choses et qui a continué et a fait quelque chose d'aussi bien pour notre pays - je pense que c'est très inspirant," a dit Alexis Taitel, une junior en études internationales et présidente du Bureau du conseil des activités des orateurs, qui a organisé cette lecture.

Devin Turnham, freshman de l'université, a dit qu'elle était impressionnée de l'humilité de Maddox.


"J'ai adoré son engagement envers l'université, et c'est toujours bon d'entendre quelqu'un qui est parti et qui a fait de grandes choses et qui est toujours près à revenir et revenir avec humilité," a dit Turnham"


XXXX


Comme vous pouvez le voir, Eric Maddox semble être très impliqué dans son histoire et dans les impacts de celle-ci, montrant bien qu'il sera là pendant l'adaptation de son livre sur grand écran.
Ce qui m'a fait également très plaisir, fut de lire que la chemise dont il parle dans le livre fera une "vraie" apparition dans le film. Je ne sais pas si certains/certaines d'entre vous ont lu le livre, mais on y voit bien des photos d'Eric avec cette fameuse chemise et nous apprenons même dans l'histoire que Saddam Hussein avait eu vent que "l'homme à la chemise bleue" le recherchait... C'est donc une très bonne surprise de savoir que le film sera à ce point fidèle au récit.
Notamment, l'histoire de Barry Sanders qui m'avait beaucoup marquée. En effet, tout au long du livre, Maddox se raccroche énormément au football américain et à ce joueur, jusqu'à le citer à la fin de toute cette aventure puisqu'il dit bien qu'il doit rester humble comme Sanders lorsqu'il apprend la capture de Saddam Hussein.

Cette lecture annonce presque le début du tournage du film. Pas encore d'infos à ce sujet, cela reste très secret malgré l'appui de Maddox lui-même et donc indirectement l'appui de l'armée des Etats Unis...
A voir ensuite si Jean Stéphane Sauvaire suivra la voie du docu-fiction ou s'il va en faire un récit détourné.
Nous attendons avec impatience le début du tournage pour enfin nous donner quelques indices.

vendredi 23 novembre 2012

Robert Pattinson n'a qu'un film en tête, Mission: Blacklist

Alors que la promotion Twilight bat son plein dans le monde entier, il semblerait que Robert Pattinson n'est qu'un projet en tête : le tournage de Mission : Blacklist #1.


En effet, le quotidien Metro New York a publié le 15 novembre dernier (soit un jour avant la sortie américaine de Twilight Breaking Dawn Part. 2) un article sur ce qu'allait bien pouvoir faire l'acteur après la saga.

Voici donc un extrait où le comédien mentionne Mission : Blacklist avec un enthousiasme qu'on reconnait bien lorsqu'il parle de ce projet dangereux et ambitieux à la fois.

Comme d'habitude, traduction maison ;)


Ce qui le guide
Comme le prouvent ses choix récents -- incluant le film challenge Cosmopolis de David Cronenberg, qui le montre en plein examen de la prostate -- il [Robert Pattinson] n'est plus effrayé de prendre des risques. "J'ai signé pour beaucoup de films l'année dernière. J'étais vraiment fixé sur le fait de travailler avec un maximum de personnes qui sont en quelques sortes dangereuses," dit-il.

"La partie business du showbiz a vraiment pris un tournant *merdique* du coté spectacle de la chose, alors je pense que n'importe quelle personne ayant de la visibilité devrait essayer quelque chose de vraiment, totalement subversif. Je pense qu'il serait intéressant de devenir totalement subversif pour le grand public. Nous ne sommes pas seulement dans l'industrie du cinéma en tant que consommateurs mais en tant que participants."

C'est cette sensibilité qui l'a amenée à signer pour le projet Mission : Blacklist, un film dont le tournage est prévu en Irak pour l'année prochaine. "C'est probablement hors de toute zone de confort pour n'importe quel individu," Pattinson parle du film, fondé sur une histoire vraie. "Ça parle de ce gars prénommé Eric Maddox qui fut un interrogateur de l'Armée et qui presqu'à lui seul a trouvé Saddam Hussein. Personne ne connait vraiment l'histoire, et pourtant elle est incroyable et assez hilarante d'un certain côté et bizarre."

Zones de Confort
Ce projet met en collaboration Pattinson et le réalisateur français Jean-Stéphane Sauvaire, qui a utilisé de véritables enfants soldats libériens pour son dernier film. "Je pense que j'aime sa façon de travailler," dit Pattinson. "Je voulais qu'il soit dans sa zone de confort, alors nous avons tous les deux poussé, affirmant que nous devions tourner en Irak... C'est le but ultime." On peut alors voir où se cache sa passion par le fait que, pendant cette interview, le comédien parle plus de Mission : Blacklist que de Twilight. Mais la promotion pour Breaking Dawn Part. 2 doit être faite... [...] "Cette année je pense que je devrais essayer de faire un film qu'au moins une personne ira voir," dit-il, "alors, maintenant j'essaye de trouver comment."



Comme vous pouvez le lire, Robert est vraiment prêt à tout pour ce film. Ne sentirait-on pas une palme à Cannes?
Rien n'est sûr mais l'ambition et la volonté des participants de cette aventure nous promettent bien des choses ;)

jeudi 8 novembre 2012

Robert Pattinson parle de Mission: Blacklist pendant la promo Twilight

C'est le retour de PromoRob comme l'appellent les américains.

Robert Pattinson, rôle principal du film Mission: Blacklist, est en pleine promotion pour le 5ème chapitre Twilight Breaking Dawn ou Révélation Partie 2.

Cela se traduit donc par des interviews à gogo où l'acteur de talent donne quelques infos sur le projet Mission : Blacklist.

Ainsi, il donnait une interview à Brooke Anderson (photo ci-dessous), lorsqu'il a mentionné le film dont le tournage est prévu pour 2013...


C'est donc muni de sa nouvelle coupe de cheveux que Rob nous en dit un peu plus sur son avenir et, fatalement, sur Mission: Blacklist de Jean Stéphane Sauvaire...

Traduction par mes soins ;)

Si vous voulez voir l'intégralité des vidéos et d'autres informations sur Twilight et Robert Pattinson, c'est par ici... Sources: robsessedpattinson et robpattinson


"Brooke Anderson: Les fans veulent savoir où est-ce que vous vous imaginez dans dix ans au niveau de votre carrière après ce dernier volet de la Saga Twilight?

Robert Pattinson: Eh bien, en fait... Je ne sais pas. Je ne peux pas... Je ne sais même pas où est-ce que je vais être dans, admettons... euh...

Brooke Anderson: Demain

Robert Pattinson : (rires) oui voilà! Hum... J'ai quelques projets pour l'année prochaine... Et donc, oui, j'essaye un peu de me diriger vers des projets plutôt dangereux... Par exemple, je vais tourner un film en Irak [ ... ] Je ne sais pas... J'espère juste sentir que j'ai évolué en tant qu'être humain. Mais peut être que j'aurais aussi régressé comme un enfant (rires)

Brooke Anderson: Vous êtes toujours aussi marrant. Félicitations pour la sortie de Twilight chapitre 5 : Révélation Partie 2."


XXXX


Peu de révélations mais toujours la même information : le tournage se fera en Irak...

Je dois avouer que cela me fait me poser bon nombre de questions face à la sécurité du tournage et la practicité du tout... J'espère que nous aurons plus d'informations bientôt...

De plus, je me rends la semaine prochaine à Berlin en compagnie d'Angy donc on ne sait jamais si l'opportunité se présente à nous de faire les reporters sans frontières pour le site Mission : Blacklist France, on vous tient au courant!!

Je vous souhaite une bonne soirée. Avec, je l'espère, plus d'infos d'ici la fin de la semaine prochaine.

Interview de Jean Stephane Sauvaire & Annonce d'une date de tournage pour Mission : Blacklist au AFM

Après quelques temps où les news n'affluaient pas, je suis heureuse de revenir pour vous donner quelques infos sur le projet Mission : Blacklist!

Alors que Jean Stephane Sauvaire continue ses recherches pour les lieux de tournage du film Mission: Blacklist, le blog américain RP Life partage avec nous une interview très intéressante de l'atypique réalisateur.

Les questions sur Mission: Blacklist débutent à la 18ème minute et 36 secondes pour finir à 22 minutes 28 secondes. Un dernier commentaire est également fait à la 23ème minute et 55 secondes jusqu'à la fin. (Merci à RPLife pour cette vidéo et le timing parfait!)

PS : Le son est assez mauvais et je vous rappelle que Jean Stéphane Sauvaire est français, ce qui explique son petit accent frenchy en anglais ;)

Comme d'habitude, traduction de l'anglais au français faite par mes soins.



Journaliste: Vous avez travaillé avec Robert Pattinson? Qu'est-ce que cela vous a fait de travailler avec la star?

Jean Stéphane Sauvaire: Il semblerait que je le fasse en même temps que Rob Pattinson... Et j'étais intéressé de travailler avec lui pour la même raison, il vit quelque chose de réel, il a une super personnalité et c'est pour ça qu'il est si connu aujourd'hui. C'est pour cette raison que tout le monde l'aime comme ça, parce qu'il est si unique et je suis vraiment intéressé de travailler avec ce type, voilà... Et j'ai regardé Cosmopolis par exemple, son dernier film, et je pense qu'il a fait une très bonne performance, il est génial dans ce film, il est totalement différent de la personne qu'il est dans la vraie vie, et pourtant on croit en son personnage. Ce que je veux dire, c'est qu'il est excellent et le personnage qu'il a à interpréter dans mon film, dans Mission : Blacklist, est un personnage complexe, je veux dire que ce n'est pas ce que nous imaginerions venant de Rob Pattinson, ou même ce que nous savons de lui, alors oui cela va être très intéressant je suis sûr qu'il sera super parce qu'il est si intense et qu'il a cette... Je sais que c'est un bon acteur au fond de lui, je suis vraiment enthousiaste de faire ce film et nous allons faire ça ensemble, vous savez, vivre en Irak, répéter des scènes et puisqu'il s'agit d'une histoire véridique, nous allons travailler avec Eric Maddox qui est la véritable personne dont l'histoire s'inspire alors il sera intéressant de mêler le travail avec les équipes Iraquiennes sur place car l'action se passe en Irak, pendant la guerre et je veux vraiment montrer la même chose voyez-vous, quelque chose entre le documentaire et la fiction.

Journaliste: (Petit jeu de mot de la journaliste :"So you go on the lines, on the borderlines") Alors vous réciterez les lignes, en dépassant les lignes (c'est-à-dire les limites)? Vous n'avez aucun problème de dépasser les bornes? Je veux dire, vous savez, d'aller tourner ce film en Irak?

Jean Stéphane Sauvaire: Je pense que je vais faire un bon film. Pour faire un bon film il faut prendre des risques, si vous envisagez le tout avant, si vous calculez tout ce que vous comptez faire... On ne sait pas vraiment comment faire de bons films alors je pense qu'il est important de prendre des risques, et d'essayer différentes manières de filmer, ne pas faire les mêmes choses, il s'agit peut-être d'une attitude punk mais ne pas faire ce que les autres font, le même nombre de jours de tournage, le même coût, le même type de plateau de tournage, de... Non, nous devons essayer de changer, cela peut être par exemple tourner un film à trois personnes ou alors tourner avec 100 personnes pour le même coût, peu importe, ce que je veux dire c'est qu'il faut essayer d'imaginer d'autres types de choses, même dans la manière de travailler avec les acteurs ou encore dans ma manière de filmer, c'est tout ça qui m'intéresse réellement. C'est pour cette raison que j'ai travaillé aussi longtemps en tant qu'assistant réalisateur, tout autant que d'essayer de me faire ma propre idée. C'est un film français mais on peut le faire, ce n'est pas le même script alors on doit essayer de faire le film différemment, comme pour chaque autre film, vous comprenez. Même dans la manière de s'y prendre, vous voyez, on va tourner en Irak parce que je pense que c'est important et ce sera tellement différent de tourner là bas plutôt qu'à Los Angeles dans un studio, ne serait-ce que pour les acteurs, je veux dire être sur place et comprendre comment c'était et rencontrer les Iraquiens qui sont si uniques et intenses et de bonnes personnes, et puis comprendre leur culture et tout ce qui l'entoure, je pense que ça fait partie du progrès.

[...]

Jean Stéphane Sauvaire: C'est une bonne chose de connaître les différents 'mondes' autour de nous et les différents pays et rencontrer des gens différents de nous-mêmes, par exemple dans ce film avec Pattinson, vous savez j'ai passé cinq semaines en Irak, à vivre dans les palaces de Saddam Hussein et lorsque j'étais là bas, je me suis dit 'wow'. Je veux dire, c'est pour ça que j'aime tant faire des films, vous savez. Comment aurais-je pu dormir dans un palace de Saddam Hussein si je n'avais pas été réalisateur, si je ne travaillais pas sur ce film? Je ne serais peut-être jamais allé en Irak et pourtant c'était super d'aller là bas et de comprendre ainsi que de rencontrer les Iraquiens."

XXXX

On commence à en apprendre un peu plus sur ce réalisateur qui semble vraiment différent des autres... Du moins, différent des réalisateurs que je connaissais...

Le projet semble vraiment le passionner et je ne sais pas vous, mais cela m'intrigue de plus en plus.

Cependant, certaines rumeurs circulent sur la sécurité sur place, en Irak. Robert Pattinson lui-même avait évoqué ses doutes dans le MTV First du mois d'août...

Attendons donc de nouvelles interviews et infos de ce côté là!

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Autre nouvelle (merci à ROBsessed), l'American Films Market (un événement important pour la récolte d'investissement dans les projets de films aux Etats-Unis) a publié dans le courant de la semaine dernière un document concernant Mission : Blacklist. En effet, sur le document ci-dessous, vous pouvez voir que la date de tournage serait prévue pour Avril 2013...

On attend plus de détails dès la fin de l'AFM par Embankment Films (boîte de production officielle du film)



Voilà pour le moment. Autre petit article en préparation pour très bientôt!
Bonne soirée à tous ;)

vendredi 17 août 2012

Mission: Blacklist dans MTV First

Comme je vous l'avais dit précédemment, hier (enfin très tôt ce matin) a eu lieu l'interview de Robert Pattinson pour MTV First.

Evidemment, Josh Horowitz en excellent journaliste lui a posé une petite question sur ses futurs projets, notamment Mission : Blacklist.

Je vous propose donc de cliquer sur ce lien (ATTENTION quand le message MTV apparaît, cliquez sur "continuer sur le site US" normalement la vidéo est disponible pour tous, j'ai réussis à la lire donc ça devrait passer... Si ce n'est pas le cas, faites-le nous savoir): VIDEO où Josh dit dès le début "Parlons de vos prochains projets" puis avancez jusqu'à 1 minute et 17 secondes...

C'est parti pour la traduction (maison ;)



"Josh Horowitz: Nous avons encore une question twitter sur vos prochains projets : "S'il vous plaît, demandez à Rob si sa mère n'est pas trop inquiète de le voir partir en Irak..." C'est vrai que c'est ce que l'on a entendu, que vous alliez peut-être tourner en Irak... Est-ce que vous le saviez, êtes-vous prêt pour ça?

Robert Pattinson: Eh bien, je veux dire, le réalisateur y est en ce moment-même, et je veux le faire là-bas, hum... Evidemment c'est assez compliqué mais je trouve que c'est un pays fascinant et le réalisateur m'a envoyé des photos des lieux exacts où se trouvait l'armée américaine. Et c'est vraiment beau, étonnant, un peu dans un style "Kubrickien" [NRLD : référence aux visuels des films de Stanley Kubrick], les murs sont si vides, tout juste plantés là.

Josh Horowitz: Donc pourquoi pas les utiliser pour un film...

Robert Pattinson: (rire) Oui.

Josh Horowitz: Ok, alors serait-ce le prochain tournage ou celui de The Rover le sera? Parce que j'ai adoré Animal Kingdom et il s'agit du même réalisateur [NRLD : David Michôd].

Robert Pattinson: Oui, exactement. Pour l'instant, The Rover est mon prochain tournage. Hum, je pense que le tournage de Mission: Blacklist sera tout de suite après. Oui... Et donc The Rover c'est pour l'année prochaine. Si quelqu'un a un job à me proposer entre temps... Faites-le moi savoir! (rires)"


XXXX

Voilà pour les news de la semaine, avec en info principale : tournage du film pour 2013 en Irak.

Comme vous avez pu lire, le tournage en Irak pose quelques complications et c'est sans doute la raison pour laquelle il est repoussé à l'année prochaine...
Si vous regardez les informations ou lisez le journal, vous avez peut être vu qu'il y avait encore eu des attaques cette semaine dans le pays, ayant causé la mort de 22 personnes (de ce que je sais, les estimations ont peut être changées).
En tout cas, Robert est très enthousiaste pour tous ses projets et l'interview de Josh était très bien menée, sans questions sur la vie privée. Excellent moment. J'avoue que ça valait le coup d'attendre jusqu'à 1h49 et de se coucher à 3h!

C'est donc tout pour le moment, chers Black Listers. La semaine prochaine Robert sera au Jimmy Kimmel Live, on verra s'il a d'autres informations à partager sur Mission : Blacklist.

Bonne journée =]

mercredi 15 août 2012

Un nouveau report pour le tournage de MBL


Alors que Robert Pattinson est en pleine promotion pour le film Cosmopolis de David Cronenberg à New York (cf photo : Pattinson Life), l'acteur principal du film avoue au TIME Entertainment que le tournage ne se déroulera pas cet été mais l'été prochain, en 2013 et toujours en Irak.

Source: Time



"Quels sont les prochains films qui sont en voie de production?"

RP: Je vais faire ce film [Mission: Blacklist] sur Eric Maddox, un interrogateur de l'Armée qui fut l'une des personnes les plus importantes responsable de la capture de Saddam Hussein. Il travaillait avec le JSOC (Commandement des opérations spéciales), qui n'est pas censé exister, et ils ont trouvé Saddam Hussein d'eux-mêmes mais ne pouvaient pas dire qu'il s'agissait d'eux. L'histoire est folle, absolument bizarre. C'est un réalisateur vraiment cool appelé Jean-Stéphane Sauvaire. Nous allons tourner en Irak l'été prochain"

XXXX


Après toutes nos questions, voici au moins une réponse. Pourquoi ce décalage de tournage? On ne sait pas vraiment... Peut-être une question de sécurité ou encore de planning ou même de casting et de préparations. En tout cas, nous voilà un peu plus renseigné(e)s sur le sujet!

On attend quand même avec impatience l'interview de demain dans Good Morning America mais aussi le Livestream New York Times et enfin l'interview de Josh Horowitz pour MTV First jeudi.

Affaire à suivre...

samedi 21 juillet 2012

Black Book Magazine : "On part pour l'Irak le mois prochain"

Encore un article qui a éveillé la toile tôt ce matin : Mission : Blacklist sera tourné dès le mois prochain et pour son intégralité en Irak.

En effet, Robert Pattinson a accordé une interview au magazine Black Book où il avoue que le tournage du film se fera bien en Irak, en intégralité mais surtout que tout cela commence dès le mois prochain!



Apparemment, le réalisateur a trouvé un endroit plus ou moins sécurisé... Malheureusement peu de détails nous sont donnés.

Je vous propose donc les scans de l'interview... (Source)




Tout au long de l'interview, on parle des choix de Robert notamment de son implication dans Twilight ou encore Cosmopolis, qui, je vous le rappelle, ne sort aux Etats-Unis que cet été.

Ce qui nous intéresse se trouve dans les 14 dernières lignes de la deuxième page d'interview : (Traduction maison comme d'habitude)



"Occasionnellement, j'interviens lorsqu'il parle d'une de ses lectures qui m'intrigue. Comme son prochain film, un drame par le réalisateur libéral français Jean Stéphane Sauvaire, dont le dernier film, Johnny Mad Dog, se centrait sur un enfant soldat Congolais. Ce dernier sera entièrement filmé en Irak. Nous nous y rendons le mois prochain. Peut-être que là-bas, les balles sifflant dans nos oreilles, me feront vibrer. Jusque-là, nous allons tisser notre temps à l'arrière d'une voiture, ralentissant à une intersection et attendant que le feu change de couleur. Jeff demande si nous voulons aller quelque part en particulier, mais nous ne sommes pas sûrs. "Je ne suis jamais allé nulle part" avoue Rob, "je ne sais même pas ce où nulle part se trouve"."



Voilà pour cette petite révélation sur le film... Tout reste très secret, notamment sur les partenaires à l'écran de Robert ou encore sur les conditions de tournages...
On garde un oeil ouvert pour vous!

mardi 3 juillet 2012

Le Sergent et les ondes radio, interview FML

Chers Black Listers,
Voici une interview d’Eric Maddox à la radio (de nouveau). Même s’il expose les mêmes choses que dans les précédents articles, j’ai pensé que ça pouvait être intéressant pour tout le monde de vraiment savoir ce que ce monsieur avait dans la tête lors de la traque de Saddam…
Comme d’habitude (je me répète), traduction maison, soyez indulgents parce qu’une demi heure de traduction seulement à l’oreille ce n’est pas du gâteau qu’on soit bilingue ou pas ;)
Je vous préviens, cette interview est longue =]


Article et écoute de l'émission FML (Faith Middleton Show)

De Publishers Weekly:

En 2003, le sergent Maddox était un spécialiste des interrogatoires sur son premier assignement sur le terrain en Iraq, récoltant des informations sur les «bad guys» (mauvais garçons). La chute inattendue du régime de Saddam Hussein a élargie cette catégorie (de «bad guys»). Envoyé à Tikrit, la ville natale de Saddam, Maddox ne trouva aucun système de référencement des détenus afin d’identifier les cibles prioritaires. Cela a commencé à changer lors de l’interrogatoire d’un des gardes du corps de Saddam, l’un des premiers interrogatoires sérieux de Maddox et le premier pas vers la capture de Saddam. Avec l’aide de l’écrivain freelance Seay (co-auteur de Hello Charlie), Maddox emmène les lecteurs dans des jeux de questions-réponses de niveaux multiples et de forte intensité qui nous mèneront doucement, avec beaucoup de faux départs et de fausses pistes, à la cachette de Saddam. Maddox ne fait aucun secret de ses erreurs: la perte de son sang-froid, la perte de contrôle des interrogatoires, la recherche d’informations plutôt que de cultiver certaines idées. «Nous n’étions pas aux Etats-Unis et mon boulot n’était pas de faire justice», écrit-il. Son point de vue est le bienvenu en ce qui concerne les techniques d’interrogations, souvent de secondes mains. La capture de Saddam Hussein, comme tout bon travail d’informations, représentait 5% d’idées et 95% de patience. La brutalité, Maddox est clair à ce sujet, n’était pas vraiment contre productive mais non nécessaire.


"La véritable histoire de la traque de Saddam Hussein, Eric Maddox interviewé par Faith Middleton pour WNPR – Connecticut Public Radio


Faith Middleton: Au centre du quartier d’art de New Haven, je suis Faith Middleton et cette émission traite de la richesse de la vie. Merci de nous écouter à Rhode Island, dans le Connecticut et à New York ainsi que dans l’est de Rhode Island, sur internet ou dans le monde entier sur notre site.

Alors que l’annonce choquante de la capture de Saddam Hussein fut faite le 14 décembre 2003, il a été révélé l’une des plus grosses affaires de l’histoire avec ses troupes militaires, ses forces spéciales, ses informations et ses dépenses utilisées avec intelligence. Aucun endroit n’a été mis de côté après l’invasion: chaque recoin, chaque caillou, chaque indice, chaque piste ont été retournés pour retrouver les anciens partisans du régime. De toutes les cibles de grandes valeurs représentées sur un jeu de carte par l’armée américaine, Saddam était l’as de pique. Mais, ce livre retrace la traque de cet homme, ainsi que le personnel impliqué qui ne devait pas être révélé au public. Eric Maddox était le sergent ayant organisé la capture de Saddam. Mission: Black List #1 – The Inside Story of the Search for Saddam Hussein - As Told by the Soldier Who Masterminded His Capture est le livre qui révèle l’envers du décor de la capture de Saddam par l’homme qui a réussi où beaucoup d’autres ont échoué.
Le sergent Eric Maddox a reçu de nombreuses récompenses: l’award du directeur de la DIA (Defense Intelligence Agency), la légion du mérite, l’étoile de bronze et la médaille de la réussite de l’Intelligence Nationale (Information) pour son rôle clé dans la capture de Saddam Hussein, il est originaire d’Oklahoma et vit désormais à San Antonio au Texas, et nous l’avons au téléphone.

Bienvenue dans l’émission!

Eric Maddox: Merci Faith, merci de me recevoir!

Faith Middleton: Dites-moi pour quelle raison avez-vous été envoyé en Iraq à la base?

Eric Maddox: C’était très simple, j’ai été envoyé en tant qu’interrogateur pour donner un coup de main aux forces spéciales qui étaient chargées de capturer des cibles de grandes valeurs, notamment Saddam Hussein. En tant qu’interrogateur, notre mission est d’interroger tous prisonniers capturés qu’ils soient coupables ou innocents. Après deux jours passés à Bagdad, j’ai été envoyé à Tikrit auprès d’une unité des forces spéciales composées de douze hommes puis j’ai travaillé pour eux en tant qu’interrogateur à la solde de l’équipe.

Faith Middleton: Dans le livre, vous expliquez que les personnes qui occupaient la place avant vous se centraient particulièrement sur la famille proche de Saddam Hussein, ce qui, en soit, est logique mais vous, vous aviez une autre idée.

Eric Maddox: Eh bien, Faith, ils avaient dans l’idée que la famille proche de Saddam mais aussi n’importe quelle personne du jeu de cartes (Deck of cards) pouvaient forcément nous mener à Saddam puisqu’ils faisaient partie de l’ancien Régime. Ce que j’ai fait lorsque je suis arrivé à Tikrit, c’est de coopérer avec les petits groupes, les «petites» gens des rues qui pourraient avoir un lien avec l’insurrection qui avait lieue contre les militaires. Après avoir parlé à une centaine d’entres eux, pendant environ deux mois et demi, une nouvelle insurrection a commencé à se développer, et cette dernière semblait tourner autour de quelques gardes du corps personnels et très rapprochés de Saddam et j’ai donc pensé que si Saddam voulait organiser une telle chose, il ne se servirait que de ses gardes du corps rapprochés pour diriger l’insurrection puisqu’ils n’étaient pas vraiment recherchés… Donc, lorsque j’ai réalisé ça, j’en ai parlé à cette équipe de douze hommes avec laquelle je travaillais et je leur ai conseillé de changé de tactique, de cibles… Nous devions nous concentrer sur ces insurgés de bas niveau qui travaillaient directement dans l’insurrection puisqu’ils voyaient tout…

Faith Middleton: Parce que ces derniers étaient très loyaux envers lui et la logique tendrait à dire que s’ils l’étaient pendant son mandat ils l’étaient sans doute encore donc cela voudrait dire qu’ils étaient encore en contact avec lui pour lui venir en aide…

Eric Maddox: Exactement! Il s’agissait d’une partie de la logique… En fait, eh bien la logique était qu’il devait leur faire confiance, ces gars le protégeaient jours et nuits et il était celui qui donnait les ordres. Il y a certains gardes du corps qui étaient impliqués et lorsque nous interrogions les sous fifres, nous leur demandions toujours pour qui ils travaillaient et à chaque fois, seuls deux noms ressortaient. Alors, pour moi, l’étau se resserrait. Nous ne devions pas nous concentrer sur tous les gardes du corps mais sur deux d’entres eux. Et nous ne les recherchions pas à la base…

Faith Middleton: Vous écoutez le sergent interrogateur Maddox de l’armée américaine qui raconte pour la première fois l’histoire de la capture de Saddam Hussein dans son livre Mission: Black List. Comment avez réussi à persuader ces partisans ou leur famille à vous délivrer des informations?

Eric Maddox: Eh bien, nous avions un certain regard qui n’était pas celui des autres équipes. Il ne nous suffisait pas de commencer du plus bas niveau de l’insurrection pour ensuite remonter dans la hiérarchie des insurgés. Chacun avait un lien avec une autre personne sur la carte des personnes impliquées et peu importait qui faisait quoi, s’ils étaient partisans ou famille de partisans, et nous nous sommes servis de ça lorsque nous les interrogions. Nous leur expliquions que nous étions au courant que leur famille était impliquée (cousins, frères…) et donc que ces derniers étaient en danger à cause de leur implication… En réalité, nous travaillions sur les réseaux familiaux entiers afin de leur montrer qu’il était plus judicieux de parler pour le bien de leur famille, nous nous servions de cet avantage là.

Faith Middleton: Mais pourquoi vous aidaient-ils alors qu’ils pouvaient juste dire «non» ?

Eric Maddox: C’est assez simple, je suis en train de parler à un individu qui a été acteur dans l’insurrection et je lui demande de me mener à un autre membre de son groupe. Je lui explique qu’il peut me mener lui-même au prochain membre de son groupe ou alors je peux aller chercher cette information chez son frère, son père, son cousin «parce qu’ils savent tous ce que tu fais. Peut-être même que ton cousin t’a donné un peu d’argent pour financer tes activités… Alors, mène-moi à eux où je peux traquer ces gens, ta famille, et ils vont me mener où j’ai envie qu’ils me mènent.» Et il sait que c’est la vérité, qu’ils ont des informations qui peuvent nous faire accéder à la prochaine étape. C’était très simple, soit ils nous menaient là où nous voulions, soit, étant donné que j’étais à Tikrit et leur famille aussi, nous allions directement les voir… Et je pouvais «aller à la fenêtre» (littéralement: regarder au dessus de la barrière), pointer du doigt à deux blocs de là et dire «tiens, c’est ton cousin là bas, je pourrais aller lui demander maintenant, j’en aurais pour cinq minutes… Ou alors tu me dirige vers la prochaine étape. A toi de choisir.»

Faith Middleton: Hum. Et à combien de ces familles avez-vous parlé ? Qui étaient d’accord pour coopérer ?

Eric Maddox: Je dirais que pendant mes 5/6 mois sur place, j’ai effectué environ 300 interrogatoires et il y a eu à peu près 15 pistes solides… Les interrogatoires pouvaient durer de 2 heures à 20 heures et on ne pouvait pas savoir lorsqu’une information solide pouvait tomber. Il était possible d’avoir quelques renseignements qui pourraient nous aider pour passer à l’étape suivante mais il fallait vraiment vraiment creuser pour avoir une bonne information. Et en 5 mois, 12 de ces informations se sont avérées bénéfiques…

Faith Middleton: 5 mois, c’est très long… Et pendant la première partie de cette mission, ces deux mois et demie, vous avez interrogé des prisonniers dont les informations étaient ou non importantes, c’est ce qu’est l’art des interrogatoires, avez-vous eu du mal à convaincre vos supérieurs de vous laisser continuer sur cette piste ?

Eric Maddox: Pour plusieurs raisons, j’ai du le faire Faith. D’abord, notre équipe de forces spéciales n’utilisaient pas les informations récoltées en interrogatoire pour les raids. Les informations nous servaient juste en phase stratégique, il s’agissait d’une illustration. Alors, lorsque j’étais là bas, j’ai essayé de guider l’équipe vers des insurgés dont les gens que nous avions capturés me parlaient en interrogatoire. C’était l’une des difficultés. Et l’autre difficulté était qu’ils comprenaient la possibilité que 80% de ce que me disait un prisonnier pouvait être un mensonge ou une vérité arrangée. Et il fallait que je convainque le commandant que j’étais capable de dire quels étaient les 20% qui ne mentaient pas, ceux à qui nous pouvions faire confiance et agir en conséquence. Il faut aussi comprendre qu’il est difficile pour le chef d’une équipe de faire confiance à un insurgé que nous avons capturé et c’est aussi difficile de me faire confiance parce-que «pourquoi te faire confiance Eric sur ces 20% de vérités alors que 80% sont des mensonges…».

Faith Middleton: Comment pouviez-vous savoir quelle partie des informations était vraie ?

Eric Maddox: Dans leur façon de raconter leur mensonge et le «timing» de ces mensonges. Par exemple, si je faisais un interrogatoire de 15 heures, j’essayais de leur faire raconter l’histoire petit bout par petit bout pour pouvoir la reconstituer et voir s’ils me menaient en bateau ou s’ils exagéraient certains détails et à la fin, après des heures et des heures d’interrogations, je pouvais déterminer si le prisonnier allait continuer à mentir sur la localisation de son frère, de son père ou de son fils mais petit à petit il s’ouvre pour me donner des informations sur d’autres individus. Et c’est alors qu’on essaye de faire jouer les compromis, qu’il ne savait pas que je n’avais pas le droit de faire. Il faut se concentrer sur des sujets où ils laisseront filtrer certaines informations et ensuite on peut comparer ce qu’il révèle avec l’histoire et les mensonges qu’il a pu dire. C’est à partir de la qu’on peut définir les informations vraies des fausses, on fait une sorte de jugement.

Faith Middleton: Quand ces mensonges sont dits, comme vous l’avez précisé 80% du temps, est-ce que vous en êtes tous les conscients et c’est une sorte de jeu ou… ?

Eric Maddox: Ce n’est pas un jeu que nous faisons. Puisque vous leur dites qu’ils mentent. Ce n’est pas un jeu. On sait tous les deux qu’il ment, et nous l’acceptons mais la plus dure des choses est, surtout chez les hommes Iraquiens, qu’il faut accepter qu’ils mentent. Et je ne vais pas les faire admettre leur mensonge mais je les autorise à me dire «je me suis trompé» ou encore «j’ai rêvé de ça hier soir, Eric je sais que je ne l’ai pas vraiment vu mais hier soir j’ai rêvé de cette localisation précise» et les gens pensent que je suis fou «comment peux-tu faire confiance à un rêve ?!», je ne fais pas confiance au rêve, mais je dois faire ressortir cette vérité. Et ils comprennent ce jeu, ils comprennent les règles du jeu donc il faut faire jouer son meilleur jugement.

Faith Middleton: Donc, l’idée n’est pas de les blâmer, de les rendre honteux…

Eric Maddox: Le but n’est pas de les punir…

Faith Middleton: Non, bien sûr mais je voulais dire que le but n’est pas de les faire se replier sur eux-mêmes ?

Eric Maddox: Oh, la pire chose que vous puissiez faire est de les appeler «menteurs», ils savent qu’on se rend compte de leur mensonges mais ils ne doivent pas l’admettre. Ils peuvent dire qu’ils se sont trompés ou qu’ils étaient effrayés ou qu’ils sont confus «je n’ai pas compris le sens de ta question, Eric». C’est comme cela qu’ils peuvent me parler, pas en les accablant de honte.

Faith Middleton: C’est tellement intéressant. Nous allons vous garder, nous allons faire une petite pause et reprendre cette conversation car j’ai tellement de choses à vous demander sur le sujet.
Nous sommes avec Eric Maddox, auteur de Mission: Black List #1 qui traite de la capture de Saddam Hussein et nous allons revenir dans environ 90 secondes, restez avec nous.
C’est Faith Middleton, merci infiniment d’écouter cette conversation plus qu’intéressante avec le sergent Eric Maddox qui a été entraîné à l’art des interrogatoires et qui faisait partie de cette équipe d’élite envoyée à Tikrit pour rechercher Saddam Hussein. Les professionnels sur place, en Iraq n’aimaient pas vraiment cet endroit, ils ne voulaient pas vraiment y aller puisque selon eux rien ne se passait vraiment à Tikrit. Ce livre raconte donc l’histoire (inconnue du grand public) de la capture de Saddam Hussein. Et, si vous rejoignez l’émission seulement maintenant, nous étions en train de nous concentrer sur l’art de mener un interrogatoire.

Lorsque vous interrogiez une de ces personnes et que vous leur mettiez la pression afin qu’ils parlent en les informant que si vous n’aviez pas de réponses vous alliez parler à leur famille, comment les approchiez-vous au début ? Était-ce difficile de frapper à leur porte en leur disant «mon équipe et moi voulons vous parler» ou est-ce que vous rentriez en dégainant les armes? Comment cela se passe-t-il?

Eric Maddox: Lorsque nous avions une information sur un individu, nous partions pour le raid et nous prenions avec nous toutes personnes susceptibles de nous être utiles en plus des individus que nous voulions: deux frères, un père. Peu importe qui était là. C’est la chose que j’essaye d’enseigner lorsque je tiens mon cours sur l’art d’interroger, on ne part pas pour un raid pour «prendre» une seule personne, il faut aussi penser aux membres de la famille et aux très proches personnes qui sont susceptibles de nous aider car elles ne font pas partie de l’insurrection et donc il y a une chance pour qu’elles n’haïssent pas vraiment les forces américaines. Mais, dans une maison où nous effectuons un raid, il y a quelques fois 6 à 8 personnes dont nous aurions besoin et par la suite je les interrogeais tous.

Faith Middleton: Il y a une partie que je n’ai jamais comprise… Pourquoi ces gens, je ne sais pas combien ils étaient, mais pourquoi étaient-ils si loyaux envers Saddam Hussein alors que nous avions entendu tant de choses monstrueuses à son sujet? Quelle était cette emprise qu’il avait sur les gens?

Eric Maddox: En partie, il s’agissait de la pression qu’il mettait aux gens. La plupart des gens étaient des relations plus ou moins proches de Saddam (famille, cousin très éloignés) depuis des générations. Et Tikrit était son lieu de naissance, il avait donc des connexions et il en jouait puisque les gens avaient besoin d’un emploi et grâce à lui ils avaient d’assez bonnes situations. Et d’un autre côté, il y avait le fait que la guerre avait déjà frappé et qu’une minorité de personnes à Tikrit était Chiite… Saddam était Sunnite. Et tous se proches le sont également. Dans ce cas présent, il y avait plusieurs «poches» (petits groupes) de Sunnites qui réussissait à suivre et qui étaient susceptibles d’obtenir le leadership du pays, or s’ils accédaient à ce leadership, le régime de Saddam continuait…

Faith Middleton: Mais pour nous qui restons à la maison, nous nous demandons comment ces gens peuvent-ils toujours être loyaux alors qu’il a été renversé en même temps que son régime et qu’on ne sait même pas où il est… Pourquoi sont-ils toujours si loyaux?

Eric Maddox: C’est ce que les gens ne réalisent pas vraiment. Saddam dirigeait cette insurrection et les insurgés dans tout le pays jusqu’au jour de sa capture. En effet, l’homme que nous avons capturé et qui nous a enfin dit «oui je vous mènerais à Saddam», il était l’un des dirigeants de l’insurrection personnelle de Saddam dans tout le pays. Il n’était peut être plus le chef du gouvernement, mais des millions et des millions de dollars auxquels ils pouvaient accéder et il dirigeait cette insurrection.

Faith Middleton: Oui, expliquez-nous comment il a pu la diriger. C’est assez difficile d’imaginer quelqu’un qui se cache, notamment de la manière dont il se cachait, de diriger une telle organisation…

Eric Maddox: Eh bien, c’est encore une chose que les gens ont mal compris… Tout le monde pensait qu’il se cachait tout le temps dans ce trou à rat… Non, il ne l’était pas. Il vivait dans cette ferme qui était très bien cachée à l’est de la rivière Tigris où il y avait très peu de soldats américains. Il pouvait aller et venir autant qu’il voulait et seuls deux de ses gardes du corps connaissaient son exacte localisation. Maintenant, à partir de cet endroit, l’insurrection fleurissait grandement et il y avait environ 7 à 8 leaders de petits groupes d’insurrection qui reportaient directement leur travail à ces deux gardes alors qu’ils étaient à la tête d’une équipe de deux ou trois douzaines de personnes qui travaillaient sur le terrain. Et pendant ce temps-là, Saddam «pompe» des millions et des millions de dollars à ses partisans pour les besoins de cette insurrection alors que l’argent était dur à gagner à cette période surtout pour les Sunnites.

Faith Middleton: Comment a-t-il eu accès à cet argent?

Eric Maddox: C’est l’argent qu’il possédait lorsqu’il était au pouvoir. Il a déplacé environ 4 milliards de dollars cash et l’a placé en Syrie quand la guerre a commencé et l’argent que les gens ont vu lorsqu’il a été capturé, 750 mille dollars… Dans l’un des raids que nous avons fait six jours avant sa capture, toujours dans cette traque pour le trouver, nous sommes tombés sur 1.9 millions de dollars américains et l’individu, qui nous a mené à Saddam, avait dans sa ferme où un raid a eu lieu 3 jours après la capture de l’ancien président 11.2 millions de dollars américains chez lui. Tout cet argent qu’il a accumulé provenait de l’époque où Saddam avait le contrôle…

Faith Middleton: C’est extrêmement choquant. Nous sommes avec Eric Maddox, ancien sergent de l’armée américaine qui a mené à la capture de Saddam Hussein qu’il raconte dans son livre Mission: Black List #1. Nous avons mentionné rapidement de ce dernier interrogatoire, car vous avez parlé à tous ses amis, à tous ces gens et leur discours est à 80% faux contre 20% vrai. Vous avez fait une sorte de charte…

Eric Maddox: Un diagramme.

Faith Middleton: Un diagramme.

Eric Maddox: Qui changeait chaque jour selon les informations valables que nous récoltions et nous allions faire des raids qui apportaient ou non quelque chose. Chaque jour nous l’arrangions mais en résumé, il s’agissait d’un diagramme d’environ 60 à 70 personnes où nous faisions le lien entre les individus qui pourraient d’une manière ou d’une autre nous mener à Saddam.

Faith Middleton: Vous avez mené votre dernier interrogatoire, celui qui a le plus compté puisqu’il vous menait à l’endroit précis où se trouvait Saddam, dites-nous tout sur cet interrogatoire.

Eric Maddox: Il s’agissait de mon dernier jour en Iraq, mon dernier interrogatoire puisque ma mission prenait fin en ce 13 décembre 2003. A 8 heures du matin, je devais me trouver dans un avion en direction de Doha, j’avais fini ce pour quoi j’étais venu en Iraq. Le 12 décembre, nous pensions être extrêmement proches du but, c’est-à-dire de Saddam, mais nous n’avions rien trouvé. Le 12 décembre, nous avons effectué un raid pour capturer Muhammad Ibrahim qui était l’un des gardes du corps rapproché de Saddam et qui pourrait nous mener à son leader. Nous sommes allés dans son repaire et chez lui, nous y étions à minuit le 13 décembre et nous ne l’avons pas trouvé. Nous avons capturé 4 personnes et j’ai commencé à interroger l’un deux à 4 heures du matin et après quelques heures d’interrogatoire il m’a avoué que Muhammad Ibrahim était bien dans cette maison lors du raid. Je suis allée voir les trois autres prisonniers et effectivement nous l’avions. Et alors, à 6 heures du matin, j’ai pu (enfin) interroger Muhammad Ibrahim. J’ai pu discuter avec lui de ses options, que je l’ai recherché pendant 4 mois, que j’ai traqué plusieurs membres de sa famille. Je lui ai expliqué que s’il ne me menait pas à Saddam j’allais continuer de traquer sa famille, je connaissais l’endroit où se trouvaient au moins 20 personnes de sa famille. Je savais qui il était, il savait qui j’étais. Et à 7h45, le 13 décembre, 15 minutes avant de monter dans mon avion, il nous a dit «oui, je sais où se cache Saddam, allons-y»

Faith Middleton: Quand vous l’avez «menacé» de poursuivre les membres de sa famille, avez-vous dit «nous allons les détruire», «nous allons les emprisonner à vie ? Que lui avez-vous dit sur sa famille ?

Eric Maddox: J’espère qu’il ne l’a pas ressenti comme une menace. Je l’informais seulement de ce qui allait venir s’il ne nous aidait pas… C’est comme ce dont nous avons parlé précédemment. Je lui ai dit «Muhammad Ibrahim, si tu ne me dis rien, alors nous allons aller demander aux membres de ta famille qui ont peut être des informations à nous donner… Alors que si TU nous mène à Saddam, je n’aurais pas besoin de leur demander quoi que ce soit. Si je t’ai traqué Muhammad Ibrahim c’est parce que tu es en mesure de me mener à Saddam et dans ce cas là je n’aurais ni besoin de toi par la suite, ni de ta famille. Mais si au contraire tu ne m’aide pas, les 40 membres de ta famille que nous avons déjà resteront en prison et les 20 autres les rejoindront assez vite» et voilà ce que j’ai dit. Je ne sais pas s’il l’a pris comme une menace. Ce n’en est pas vraiment une puisqu’il s’agit d’une vérité…

Faith Middleton: En réalité, il voulait protéger sa famille. Mais en réalité, qu’est-ce que cela lui apporte personnellement? Est-ce qu’il ressort avec quelque chose de cette révélation ?

Eric Maddox: Cela ne lui apporte rien. Il restera en prison. Il n’a rien demandé. Il réalise que ses actions ont causées la mort de centaines de soldats américains et de milliers d’Iraquien. Alors il ne pouvait rien demander pour lui-même. La seule chose qu’il a demandée était la libération des 40 membres de sa famille. Il savait que s’il nous menait à Saddam alors nous laisserons les 20 autres.

Faith Middleton: Et les avez-vous relâché ?

Eric Maddox: Oui, absolument.

Faith Middleton: Bien, alors parlons de ce moment où il vous dit «je sais où il est je vais vous mener à lui» qu’avez-vous senti à ce moment-là ?

Eric Maddox: J’aurais pu être heureux à ce moment-là mais je suis resté assez statique et la seule chose à laquelle j’ai pu penser était de sortir un bout de papier et commencer à faire une carte avec la localisation de Saddam. Comme je l’ai dit, j’ai effectué plus de 300 interrogatoires pendant ces 5 mois et 12 d’entres eux ont porté leurs fruits, donc cela fait 288 qui n’ont rien apporté… On ne veut jamais penser que ça peut être ça… Il n’y a qu’une seule chose à faire, qu’une seule chose qu’on est capable de faire, c’est de dessiner comme on peut cette carte et essayer d’avoir le plus de détails possible, de garder son calme parce qu’on n’est pas encore sorti d’affaires tant que ce n’est pas fini. Alors je pense que ce que je ressentais à ce moment-là c’était plutôt le passage à l’étape suivante, ce qu’on allait faire à partir de là… Dessiner ce plan, prévenir l’équipe de Bagdad pour qu’elle puisse prévenir celle de Tikrit afin qu’ils fassent ce raid avant que je parte, j’ai essayé de contacter le commandant avec qui je devais partir pour le prévenir de mon retard…

Faith Middleton: Bien sûr. Et que s’est-il passé? Le commandant vous a-t-il permis de rester plus longtemps? Étendre la durée de votre mission ?

Eric Maddox: Le commandant et moi nous sommes repartis ensemble, c’était une personne importante, nous avons volé ensemble jusqu’à Doha et un sergent comme moi ne pouvait pas l’en empêcher… Et le vol était tendu avec ce qu’il venait de se passer et lors de notre arrivée à l’aéroport il a été appelé et dans les 15 minutes qui ont suivi il repartait déjà pour l’Iraq, sauf que je devais donner un débriefing à Doha et donc je ne pouvais pas repartir avec lui. Je devais dire aux officiels ce qu’il se passait, les avancées que nous avions faites en terme d’informations et surtout ce qu’il se passait en ce 14 décembre. Et le commandant m’a dit «j’y retourne, toi tu les informe de tout ce qu’il vient de se passer». J’étais d’accord avec ça, enfin, je n’avais pas besoin d’aller sur place, j’avais déjà travaillé avec les forces et ils n’allaient pas avoir besoin de moi pendant le raid. Ils avaient besoin de quelqu’un qui pouvait les mener à Saddam Hussein et le prisonnier avait promis de le faire alors mon boulot était fini.

Faith Middleton: Nous sommes avec Eric Maddox, ancien sergent de l’armée américaine qui a mené la capture de Saddam Hussein et qui raconte son histoire dans le livre Mission: Black List #1. Est-ce que vous pensez vraiment cela? Je veux dire, après avoir passé autant de temps là-bas, laisser une autre équipe faire le boulot… Si j’avais travaillé dur comme vous, j’aurais voulu voir de mes propres yeux ce qui allait se passer, j’aurais voulu voir son visage, l’endroit où il s’est caché… Est-ce que cela a été dur pour vous ?

Eric Maddox: On m’a posé la question, bon nombre de fois, mais ça ne me gêne pas vraiment… Enfin, je veux dire, ce n’est pas mon boulot, ce n’était pas ma mission… Qui se préoccupe que j’ai vu Saddam ou non? Il a été capturé, il va passer devant la commission, le boulot est fait, peu m’importe de le voir ou non… Je suis reconnaissant qu’il n’ait pas été relâché et qu’il soit désormais mort mais ça ne change pas que je le vois ou pas. La meilleur chose à propos de tout ça était que l’année qui a suivi j’ai été embauché pour les relations avec les civils par le département de défense tant en Iraq qu’en Afghanistan et cela prouve qu’ils me font désormais confiance dans mon boulot. Lorsque je suis arrivé pour la première fois en Iraq en juillet 2003, je n’avais aucune expérience dans l’art d’interroger, ce devait-être mon deuxième interrogatoire et encore je n’en avais jamais vraiment fait un véritable… Et un an plus tard, ils me renvoient là-bas en me donnant ce travail avec toute leur confiance. Pour moi, c’est très important...

Faith Middleton: Ce livre, pour moi, est un témoignage de ce que doit être un interrogatoire en opposition à la torture. Quel genre d’interrogatoire est-ce que vous mené désormais? Au sein des Etats-Unis ou en dehors ?

Eric Maddox: Oh! En dehors des Etats-Unis. Les missions sont plutôt en Iraq, en Afghanistan et un peu partout dans le monde en fait. Et comme je l’ai dit, avant mon arrivée en Iraq, à Tikrit avec ces douze hommes, je n’avais jamais vraiment fait d’interrogatoire et j’étais le seul interrogateur sur place… Je n’ai pu observer personne donc j’ai, on va dire, appris de mes erreurs en 300 interrogatoires et croyez-moi avec les erreurs que j’ai faites, vous apprenez vite et j’ai pu développer mon propre style d’interrogatoire, c’est-à-dire travailler avec un prisonnier. La chose première que j’ai apprise c’est à me mettre à la place de ces prisonniers. Je n’avais pas d’empathie pour eux mais je devais comprendre dans quelle situation ils se trouvaient. Alors que la torture vous ramènent dans le passé, et j’entends des gens dire que la torture peut fonctionner, par exemple je peux vous dire en tant qu’interrogateur que lorsque vous vous y prenez bien il n’y a pas besoin de torture pour le faire avouer ce que vous voulez savoir…

Faith Middleton: Est-ce que vous aimez toujours ce que vous faites ?

Eric Maddox: Je pense que j’ai le plus beau des jobs du monde. La plus belle des choses dans ce travail est [désolée mais pour le coup monsieur Maddox parle trop vite pour bien comprendre mais en gros il dit que son travail l’emmène dans des endroits pas très reluisants (les prisons) et que ça n’attire pas grand monde] je ne pense pas que j’ai beaucoup de compétition et je trouve que c’est le plus sympa des boulots au monde puisque personne n’en veut.

Faith Middleton: Est-ce que vous avez une famille ?

Eric Maddox: Oui, j’ai deux fils qui vivent à Phoenix, Arizona et bien sûr ma famille vit en Oklahoma où je suis né et où j’ai été élevé. Et je vois mes fils tous les deux mois, notamment pendant leurs vacances et l’été.

Faith Middleton: Ce doit être dur pour eux de ne pas vraiment savoir ce que vous faites et où. Je pense toujours combien cela doit être dur lorsque la famille est à la maison…

Eric Maddox: Eh bien, mes fils sont nés en 2001 et 2002. J’ai été déployé 6 fois depuis 2002, ils étaient si jeunes ils ne savaient pas trop ce qu’il se passait alors on essayait de garder cette ambiance heureuse, je leur disais que je partais mais que j’allais revenir très vite avec des souvenirs alors le plus important est qu’ils ne se rendent pas encore compte des dangers et de la réalité des choses, ce serait un vrai miracle.

Faith Middleton: Vous n’avez eu aucun problème avec l’armée lorsque vous avez publié ce livre ?

Eric Maddox: Pas vraiment. J’ai soumis au département de défense publique un script d’un peu plus de 500 pages alors que le livre n’en fait 264 mais je voulais qu’ils aient toutes les informations susceptibles d’y apparaître. Et ils ont gardé le script pendant 9 mois puis ils me l’ont rendu avec des notes et je n’ai pas voulu le publier jusqu’à ce que Saddam soit mort pour des raisons évidentes que je ne voulais pas que mon livre soit utilisé contre lui ou dans cette affaire. Et donc nous avons attendons et quand le procès a pris fin, nous avons décidé de le sortir et voilà.

Faith Middleton: Merci infiniment.

Eric Maddox: Merci à vous.

Faith Middleton: Eric Maddox, ancien sergent maintenant interrogateur en Iraq pour le département de la défense. Il a mené la capture de Saddam Hussein et nous faire part de son histoire dans le livre Mission: Black List #1…»


Voilà les Black Listers, de quoi cerner un peu le personnage d’Eric et d’en connaître un peu plus!
Bonne soirée;)