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vendredi 1 février 2013

Mise à jour pour le tournage (date et localisation)

Bonjour à tous,
Pour mon 1er post ici même, je vous fais part d'une SUPER MÉGA BONNE NOUVELLE ......



Le tournage de Mission: Blacklist n'aura pas lieu en Iraq!!!
Notre cher Robert Pattinson ainsi que toute l'équipe du film resteront sain et sauf pendant ce shooting :) L'endroit exact n'a pas encore été révélé mais une chose est sûre, ça sera dans un/des lieux safe ^^

Autre bonnes nouvelles, le début du tournage est pévu pour AVRIL 2013 avec une sortie à l'été 2014.

Sources: Embankmentfilms.com / via

dimanche 2 décembre 2012

Mentions de Mission : Blacklist sur un site Allemand et sur Figaro Culture

Maintenant que la Saga Twilight touche à sa fin, de nombreux magazines ou encore des journaux en tous genres se demandent ce que vont faire les acteurs, entre autre Robert Pattinson.

Ainsi, après son passage à Berlin le 16 Novembre dernier, un site internet allemand myheimat.de a décidé de mettre les pieds dans le plat et de parler de Mission : Blacklist...

Traduction maison aidée de ce cher Reverso (Moments où je me dis que j'aurais du conserver mon Allemand...)

"Mission : Blacklist : la famille de Robert Pattinson s'inquiète un peu du tournage en Irak"

Robert Pattinson finira en Irak. L'année prochaine sera tourné, en Irak, le film Mission : Blacklist, un film qui raconte la recherche et la capture de Saddam Hussein. Tout cela se déroulera donc dans un pays en guerre ce qui pourrait devenir dangereux et tout le monde en prend conscience notamment les parents de Pattinson.
Mais qu'est-ce qui a amené l'acteur à accepter un travail si dangereux?

Après la conclusion de la Saga Twilight, toutes les portes d'Hollywood auraient dû s'ouvrir pour le comédien tenant le rôle d'Edward, Robert Pattinson. Cependant, il concentre pour le moment son attention sur la sortie du Blockbuster (Twilight).
Le film Mission : Blacklist parle d'Eric Maddox, un officier de l'armée, qui part dans une quête assez solitaire afin de retrouver Saddam Hussein. Néanmoins, l'information la plus importante est que le film risque d'être un véritable docu-fiction puisqu'il serait tourné en Irak même! Cela n'a pas l'air d'effrayer Robert qui se dit très impatient de tourner ce nouveau rôle dangereux.

Les parents de Pattinson se résignent lentement à le voir partir tourner en Irak

Cela semble assez différent chez les membres de sa famille.
Au début, ses parents étaient totalement contre l'idée de ce film, cependant il semble leur avoir fait changer d'avis, explique Promicabana. Même Robert semble surpris de ce retournement de situation. Les soucis ne sont pas pour autant oubliés puisqu'un tournage de film étranger dans ce pays pourrait bien être la cible d'attentat(s) terroriste(s), notamment du fait que Pattinson est une star Hollywoodienne. A noter que les fans du British ne sont pas non plus enchantés de ce nouveau danger.
Mais pour le moment, Robert Pattinson a un autre projet, The Rover, dont le tournage est prévu pour le début de l'année prochaine."

XXXX

Je m'excuse d'avance pour la traduction quelque peu approximative mais ça vous donne déjà une bonne idée de ce qu'il se passe dans la tête de Robert mais aussi de sa famille. Le tournage approche et l'Irak semble toujours le point culminent... Vous avez peur?

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Autre petite mention rapide de Mission : Blacklist dans Le Figaro



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Même si l'acteur semble avoir de nombreux projets, Mission : Blacklist est l'un de ceux qui revient le plus souvent dans les articles presse, internet ou vidéo...
Pour le moment pas plus de nouvelles de ce côté-là. Nous ne savons pas encore si Jean Stéphane Sauvaire est revenu d'Irak ou encore la date exacte du tournage.
A savoir également si Robert souhaitera ou non être producteur du film, c'est une autre histoire...



Comme d'habitude, nous vous tiendrons au courant dès que nous en saurons plus!
En attendant, nous vous invitons à aller dans la catégorie des partenaires/affiliates pour voir notre nouveau partenaire : letmesign ainsi que tous nos autres partenaires ;)
Et en exclusivité française (parce que je suis très fière de ce partenariat et, un peu de moi) voici l'article que la créatrice du site m'a demandé de faire pour l'Avant Première de Breaking Dawn : Part. 2 à Berlin.
Merci à tous de votre soutien et à tout bientôt on l'espère!

vendredi 23 novembre 2012

Robert Pattinson n'a qu'un film en tête, Mission: Blacklist

Alors que la promotion Twilight bat son plein dans le monde entier, il semblerait que Robert Pattinson n'est qu'un projet en tête : le tournage de Mission : Blacklist #1.


En effet, le quotidien Metro New York a publié le 15 novembre dernier (soit un jour avant la sortie américaine de Twilight Breaking Dawn Part. 2) un article sur ce qu'allait bien pouvoir faire l'acteur après la saga.

Voici donc un extrait où le comédien mentionne Mission : Blacklist avec un enthousiasme qu'on reconnait bien lorsqu'il parle de ce projet dangereux et ambitieux à la fois.

Comme d'habitude, traduction maison ;)


Ce qui le guide
Comme le prouvent ses choix récents -- incluant le film challenge Cosmopolis de David Cronenberg, qui le montre en plein examen de la prostate -- il [Robert Pattinson] n'est plus effrayé de prendre des risques. "J'ai signé pour beaucoup de films l'année dernière. J'étais vraiment fixé sur le fait de travailler avec un maximum de personnes qui sont en quelques sortes dangereuses," dit-il.

"La partie business du showbiz a vraiment pris un tournant *merdique* du coté spectacle de la chose, alors je pense que n'importe quelle personne ayant de la visibilité devrait essayer quelque chose de vraiment, totalement subversif. Je pense qu'il serait intéressant de devenir totalement subversif pour le grand public. Nous ne sommes pas seulement dans l'industrie du cinéma en tant que consommateurs mais en tant que participants."

C'est cette sensibilité qui l'a amenée à signer pour le projet Mission : Blacklist, un film dont le tournage est prévu en Irak pour l'année prochaine. "C'est probablement hors de toute zone de confort pour n'importe quel individu," Pattinson parle du film, fondé sur une histoire vraie. "Ça parle de ce gars prénommé Eric Maddox qui fut un interrogateur de l'Armée et qui presqu'à lui seul a trouvé Saddam Hussein. Personne ne connait vraiment l'histoire, et pourtant elle est incroyable et assez hilarante d'un certain côté et bizarre."

Zones de Confort
Ce projet met en collaboration Pattinson et le réalisateur français Jean-Stéphane Sauvaire, qui a utilisé de véritables enfants soldats libériens pour son dernier film. "Je pense que j'aime sa façon de travailler," dit Pattinson. "Je voulais qu'il soit dans sa zone de confort, alors nous avons tous les deux poussé, affirmant que nous devions tourner en Irak... C'est le but ultime." On peut alors voir où se cache sa passion par le fait que, pendant cette interview, le comédien parle plus de Mission : Blacklist que de Twilight. Mais la promotion pour Breaking Dawn Part. 2 doit être faite... [...] "Cette année je pense que je devrais essayer de faire un film qu'au moins une personne ira voir," dit-il, "alors, maintenant j'essaye de trouver comment."



Comme vous pouvez le lire, Robert est vraiment prêt à tout pour ce film. Ne sentirait-on pas une palme à Cannes?
Rien n'est sûr mais l'ambition et la volonté des participants de cette aventure nous promettent bien des choses ;)

jeudi 8 novembre 2012

Robert Pattinson parle de Mission: Blacklist pendant la promo Twilight

C'est le retour de PromoRob comme l'appellent les américains.

Robert Pattinson, rôle principal du film Mission: Blacklist, est en pleine promotion pour le 5ème chapitre Twilight Breaking Dawn ou Révélation Partie 2.

Cela se traduit donc par des interviews à gogo où l'acteur de talent donne quelques infos sur le projet Mission : Blacklist.

Ainsi, il donnait une interview à Brooke Anderson (photo ci-dessous), lorsqu'il a mentionné le film dont le tournage est prévu pour 2013...


C'est donc muni de sa nouvelle coupe de cheveux que Rob nous en dit un peu plus sur son avenir et, fatalement, sur Mission: Blacklist de Jean Stéphane Sauvaire...

Traduction par mes soins ;)

Si vous voulez voir l'intégralité des vidéos et d'autres informations sur Twilight et Robert Pattinson, c'est par ici... Sources: robsessedpattinson et robpattinson


"Brooke Anderson: Les fans veulent savoir où est-ce que vous vous imaginez dans dix ans au niveau de votre carrière après ce dernier volet de la Saga Twilight?

Robert Pattinson: Eh bien, en fait... Je ne sais pas. Je ne peux pas... Je ne sais même pas où est-ce que je vais être dans, admettons... euh...

Brooke Anderson: Demain

Robert Pattinson : (rires) oui voilà! Hum... J'ai quelques projets pour l'année prochaine... Et donc, oui, j'essaye un peu de me diriger vers des projets plutôt dangereux... Par exemple, je vais tourner un film en Irak [ ... ] Je ne sais pas... J'espère juste sentir que j'ai évolué en tant qu'être humain. Mais peut être que j'aurais aussi régressé comme un enfant (rires)

Brooke Anderson: Vous êtes toujours aussi marrant. Félicitations pour la sortie de Twilight chapitre 5 : Révélation Partie 2."


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Peu de révélations mais toujours la même information : le tournage se fera en Irak...

Je dois avouer que cela me fait me poser bon nombre de questions face à la sécurité du tournage et la practicité du tout... J'espère que nous aurons plus d'informations bientôt...

De plus, je me rends la semaine prochaine à Berlin en compagnie d'Angy donc on ne sait jamais si l'opportunité se présente à nous de faire les reporters sans frontières pour le site Mission : Blacklist France, on vous tient au courant!!

Je vous souhaite une bonne soirée. Avec, je l'espère, plus d'infos d'ici la fin de la semaine prochaine.

vendredi 17 août 2012

Mission: Blacklist dans MTV First

Comme je vous l'avais dit précédemment, hier (enfin très tôt ce matin) a eu lieu l'interview de Robert Pattinson pour MTV First.

Evidemment, Josh Horowitz en excellent journaliste lui a posé une petite question sur ses futurs projets, notamment Mission : Blacklist.

Je vous propose donc de cliquer sur ce lien (ATTENTION quand le message MTV apparaît, cliquez sur "continuer sur le site US" normalement la vidéo est disponible pour tous, j'ai réussis à la lire donc ça devrait passer... Si ce n'est pas le cas, faites-le nous savoir): VIDEO où Josh dit dès le début "Parlons de vos prochains projets" puis avancez jusqu'à 1 minute et 17 secondes...

C'est parti pour la traduction (maison ;)



"Josh Horowitz: Nous avons encore une question twitter sur vos prochains projets : "S'il vous plaît, demandez à Rob si sa mère n'est pas trop inquiète de le voir partir en Irak..." C'est vrai que c'est ce que l'on a entendu, que vous alliez peut-être tourner en Irak... Est-ce que vous le saviez, êtes-vous prêt pour ça?

Robert Pattinson: Eh bien, je veux dire, le réalisateur y est en ce moment-même, et je veux le faire là-bas, hum... Evidemment c'est assez compliqué mais je trouve que c'est un pays fascinant et le réalisateur m'a envoyé des photos des lieux exacts où se trouvait l'armée américaine. Et c'est vraiment beau, étonnant, un peu dans un style "Kubrickien" [NRLD : référence aux visuels des films de Stanley Kubrick], les murs sont si vides, tout juste plantés là.

Josh Horowitz: Donc pourquoi pas les utiliser pour un film...

Robert Pattinson: (rire) Oui.

Josh Horowitz: Ok, alors serait-ce le prochain tournage ou celui de The Rover le sera? Parce que j'ai adoré Animal Kingdom et il s'agit du même réalisateur [NRLD : David Michôd].

Robert Pattinson: Oui, exactement. Pour l'instant, The Rover est mon prochain tournage. Hum, je pense que le tournage de Mission: Blacklist sera tout de suite après. Oui... Et donc The Rover c'est pour l'année prochaine. Si quelqu'un a un job à me proposer entre temps... Faites-le moi savoir! (rires)"


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Voilà pour les news de la semaine, avec en info principale : tournage du film pour 2013 en Irak.

Comme vous avez pu lire, le tournage en Irak pose quelques complications et c'est sans doute la raison pour laquelle il est repoussé à l'année prochaine...
Si vous regardez les informations ou lisez le journal, vous avez peut être vu qu'il y avait encore eu des attaques cette semaine dans le pays, ayant causé la mort de 22 personnes (de ce que je sais, les estimations ont peut être changées).
En tout cas, Robert est très enthousiaste pour tous ses projets et l'interview de Josh était très bien menée, sans questions sur la vie privée. Excellent moment. J'avoue que ça valait le coup d'attendre jusqu'à 1h49 et de se coucher à 3h!

C'est donc tout pour le moment, chers Black Listers. La semaine prochaine Robert sera au Jimmy Kimmel Live, on verra s'il a d'autres informations à partager sur Mission : Blacklist.

Bonne journée =]

mercredi 15 août 2012

Un nouveau report pour le tournage de MBL


Alors que Robert Pattinson est en pleine promotion pour le film Cosmopolis de David Cronenberg à New York (cf photo : Pattinson Life), l'acteur principal du film avoue au TIME Entertainment que le tournage ne se déroulera pas cet été mais l'été prochain, en 2013 et toujours en Irak.

Source: Time



"Quels sont les prochains films qui sont en voie de production?"

RP: Je vais faire ce film [Mission: Blacklist] sur Eric Maddox, un interrogateur de l'Armée qui fut l'une des personnes les plus importantes responsable de la capture de Saddam Hussein. Il travaillait avec le JSOC (Commandement des opérations spéciales), qui n'est pas censé exister, et ils ont trouvé Saddam Hussein d'eux-mêmes mais ne pouvaient pas dire qu'il s'agissait d'eux. L'histoire est folle, absolument bizarre. C'est un réalisateur vraiment cool appelé Jean-Stéphane Sauvaire. Nous allons tourner en Irak l'été prochain"

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Après toutes nos questions, voici au moins une réponse. Pourquoi ce décalage de tournage? On ne sait pas vraiment... Peut-être une question de sécurité ou encore de planning ou même de casting et de préparations. En tout cas, nous voilà un peu plus renseigné(e)s sur le sujet!

On attend quand même avec impatience l'interview de demain dans Good Morning America mais aussi le Livestream New York Times et enfin l'interview de Josh Horowitz pour MTV First jeudi.

Affaire à suivre...

dimanche 29 juillet 2012

Jusqu'en Allemagne, et au-delà...

Après une semaine pleine de rebondissements, il ne s'agit malheureusement pas des nouvelles que nous attendions...
Alors que la promotion de Cosmopolis va commencer aux Etats-Unis, nous ne savons toujours pas grand chose sur le tournage du film Mission : Blacklist. Un peu comme si le projet devait rester secret...
Serait-ce pour éviter un plateau de tournage rempli de fans? Ou une question de sécurité? Nous ne le saurons peut-être pas avant longtemps...
En tout cas, le mystère reste entier mais cela n'empêche en rien le buzz sur ce projet, notamment l'implication de Robert Pattinson.

Voici donc un article allemand (traduit par les soins de reverso avec quelques corrections de ma part... 8 ans d'Allemand ne devraient pas s'oublier comme ça!) qui parle du projet.

Source: Entertainment-news



Traduction:

"Robert Pattinson: Sa coupe "cheveux courts" était pour son nouveau projet de film."

Robert Pattinson enthousiasme actuellement les spectateurs dans son nouveau film Cosmopolis. Dans ce drame, Robert Pattinson joue un multi-milliardaire dont la vie prend un tournant imprévisible en seulement une journée. Le film fut le premier projet cinématographique pour le Britannique après la conclusion des tournages Twilight. A la première du film Bel Ami quelques mois auparavant, on pouvait voir Rob avec les cheveux assez courts, ils ont repoussé depuis, mais pourquoi ses cheveux étaient si courts lors de la première en Allemagne... Nos collègues journalistes ont voulu en savoir plus.

Lors d'une interview, la coupe de Robert Pattinson trahissait déjà son futur projet cinématographique. Rob prend part à Mission: Blacklist dans le rôle d'Eric Maddox, pour lequel il devait "abandonner" ses cheveux. Dans l'interview, le Britannique révélait : "Il s'agit d'un film où j'interpréterais un soldat, celui qui a trouvé Saddam Hussein. Le tournage devait commencer au printemps mais a été déplacé pour l'automne."

Rob se retrouvera donc de nouveau devant la caméra à l'automne. Entre temps, la promotion a commencé pour le prochain volet de la saga Twilight. Ce mois-ci, nous avons pu voir Rob et ses partenaires au Comic-Con de San Diego et aux Teen Choice Awards. Rob est à l'apogée de la promotion alors qu'il sera en même temps en train de tourner Mission: Blacklist. On peut donc parier que Rob aura les cheveux courts pour la première de Breaking Dawn 2."


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Comme vous pouvez donc le lire, le tournage de Mission : Blacklist a déjà été reporté une fois... Nous pensions qu'il s'agissait plus du casting pour le film mais non, ce qui veut dire que le projet est en marche depuis plus longtemps qu'on ne le pensait...
Reste à savoir comment va se passer le tournage et comment le réalisateur va gérer ce dernier en Irak...
A noter qu'en début de semaine, de nouveaux bombardements ont eu lieu dans le pays mais aucune annonce sur le vrai lieu de tournage...

Une histoire à suivre...

dimanche 22 juillet 2012

Une nouvelle pas très bien accueillie...

Depuis la "parution" sur la toile des scans du magazine Black Book de septembre, les fans de Robert Pattinson n'arrivent pas à se décider entre la joie de revoir l'acteur tourner un film ou la peur qu'il arrive quelque chose à leur idole en Irak...

Inutile de préciser qu'aux Etats-Unis, les journalistes s'en donnent à cœur joie!

Ainsi, voici une vidéo d'une émission "people" où la présentatrice annonce l'inquiétude des fans de Robert Pattinson sur le tournage en Irak.



Source (Attention la page a des bugs, c'est pourquoi je vous propose plutôt d'agrandir la capture d'écran)




Traduction (maison, vous devez avoir pris l'habitude):

Le nouveau projet dangereux de Robert Pattinson.

"Les fans de Robert Pattinson ne sont pas vraiment aux anges concernant son nouveau projet, et nous voulons savoir ce que vous en pensez. Donc, après en avoir fini avec le dernier volet de la saga Twilight, Pattinson s'est tourné vers un film plus sérieux, appelé Mission : Black List. L'intense nouveau projet - décrit par son producteur, je cite, "palpitant, un thriller vous tenant au bord de votre siège," est l'adaptation du livre d'Eric Maddox, son récit personnel de la période où il était interrogateur de l'armée et qu'il était impliqué dans la capture du dirigeant Iraquien Saddam Hussein. De récentes interviews de Rob pendant le Comic Con ont rendues publiques son implication au projet, et l'acteur n'a cessé de répéter sa volonté de filmer sur place en Irak - malgré l'inquiétude grandissante de ses fans concernant sa sécurité, via twitter. Robert s'est beaucoup impliqué dans les recherches concernant son rôle et est même allé jusqu'à avoir un face à face de 16 heures avec Maddox - pendant lesquelles il a reçu un rapport détaillé sur l'expérience de l'auteur - Alors, êtes vous excités à l'idée du nouveau rôle dramatique de Rob? - Laissez-le nous savoir en commentant grâce au lien juste en dessous et alors que le film n'est qu'en pré-production, nous allons évidemment vous tenir au courant de toutes nouvelles infos sur Mission: BlackList alors que le film se développe. Je suis Dana Ward, en direct d'Hollywood, merci beaucoup d'avoir regarder ClevverTV."

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Complément d'informations: Il faut savoir que l'Irak se trouve entre la Syrie (pays en guerre en ce moment), l'Iran, le Koweit, la Jordanie et la Turquie...Donc des pays avec une certaine instabilité... Sans compter la crise au sein même du pays où les Américains ne sont pas forcément bien accueillis (même si Robert est Anglais et que Jean-Stéphane est Français).
C'est donc compréhensible que certains s'inquiètent mais, en même temps, si l'équipe a eu le feu vert pour tourner là-bas, c'est forcément que la sécurité est présente...
Alors, qu'en pensez-vous, Black Listers? Avez-vous peur pour le bon déroulement du tournage? Pour Robert lui-même?
Dites-nous tout ;)

samedi 21 juillet 2012

Black Book Magazine : "On part pour l'Irak le mois prochain"

Encore un article qui a éveillé la toile tôt ce matin : Mission : Blacklist sera tourné dès le mois prochain et pour son intégralité en Irak.

En effet, Robert Pattinson a accordé une interview au magazine Black Book où il avoue que le tournage du film se fera bien en Irak, en intégralité mais surtout que tout cela commence dès le mois prochain!



Apparemment, le réalisateur a trouvé un endroit plus ou moins sécurisé... Malheureusement peu de détails nous sont donnés.

Je vous propose donc les scans de l'interview... (Source)




Tout au long de l'interview, on parle des choix de Robert notamment de son implication dans Twilight ou encore Cosmopolis, qui, je vous le rappelle, ne sort aux Etats-Unis que cet été.

Ce qui nous intéresse se trouve dans les 14 dernières lignes de la deuxième page d'interview : (Traduction maison comme d'habitude)



"Occasionnellement, j'interviens lorsqu'il parle d'une de ses lectures qui m'intrigue. Comme son prochain film, un drame par le réalisateur libéral français Jean Stéphane Sauvaire, dont le dernier film, Johnny Mad Dog, se centrait sur un enfant soldat Congolais. Ce dernier sera entièrement filmé en Irak. Nous nous y rendons le mois prochain. Peut-être que là-bas, les balles sifflant dans nos oreilles, me feront vibrer. Jusque-là, nous allons tisser notre temps à l'arrière d'une voiture, ralentissant à une intersection et attendant que le feu change de couleur. Jeff demande si nous voulons aller quelque part en particulier, mais nous ne sommes pas sûrs. "Je ne suis jamais allé nulle part" avoue Rob, "je ne sais même pas ce où nulle part se trouve"."



Voilà pour cette petite révélation sur le film... Tout reste très secret, notamment sur les partenaires à l'écran de Robert ou encore sur les conditions de tournages...
On garde un oeil ouvert pour vous!

samedi 14 juillet 2012

La Revue de Presse et quelques News du Comic Con

Bonjour Black Listers!
Pour commencer, petite photo de Robert Pattinson, avant-hier au Comic Con... (Angy: Où j'y étais!! Trop bon Chouchou en live^^)



De nouveaux articles sur la toile sont apparus sur l'implication de Robert Pattinson dans le projet Mission : BlackList.

Encore une fois, peu de révélations sur ce film ou sa production ou même la réalisation. Cependant, le monde du cinéma semble attendre beaucoup de l'adaptation du livre mais aussi de la performance de Robert.

Je vous laisse profiter de ces deux articles français.


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Articles PureCiné et Écran Noir


















Et, enfin, une nouvelle qui devrait réjouir tout le monde (ou inquiéter certains comme c'est notre cas)... Robert Pattinson, lors de son interview pour MTV News spécial Twilight au Comic Con, a révélé que Jean Stéphane Sauvaire se trouvait en ce moment-même en Irak pour des repérages!


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Voici le lien pour la vidéo.

L'intégralité n'est pas traduite puisqu'il s'agit de Twilight mais voici ma traduction pour ce court moment sur Mission : BlackList. (Début à 1 minute 15 secondes, fin à 1 minute et 29 secondes):

"Josh Horowitz: Donc, hum Mission : Blacklist, le projet va se faire?

Robert Pattinson: Oui, je pense

Josh: Ah, mais est-ce que vous pouvez nous en dire plus si vous savez quelque chose?

Robert: Le réalisateur est en ce moment-même en Irak. Donc... Euh... Oui... C'est excitant!"

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Comme vous pouvez le voir sur la vidéo, Robert Pattinson semble à la fois excité et inquiet du tournage en Irak... Et techniquement nous le sommes aussi vu le climat qui règne dans le pays...
Si Jean Stéphane Sauvaire est sur place, nous risquons d'avoir un peu plus de nouvelles dans les semaines qui suivent notamment si les journalistes posent des questions à Robert lors de la promotion américaine du film de Cronenberg, Cosmopolis.

Ce sera tout pour aujourd'hui, bonne journée les Black Listers ;)

mardi 3 juillet 2012

Le Sergent et les ondes radio, interview FML

Chers Black Listers,
Voici une interview d’Eric Maddox à la radio (de nouveau). Même s’il expose les mêmes choses que dans les précédents articles, j’ai pensé que ça pouvait être intéressant pour tout le monde de vraiment savoir ce que ce monsieur avait dans la tête lors de la traque de Saddam…
Comme d’habitude (je me répète), traduction maison, soyez indulgents parce qu’une demi heure de traduction seulement à l’oreille ce n’est pas du gâteau qu’on soit bilingue ou pas ;)
Je vous préviens, cette interview est longue =]


Article et écoute de l'émission FML (Faith Middleton Show)

De Publishers Weekly:

En 2003, le sergent Maddox était un spécialiste des interrogatoires sur son premier assignement sur le terrain en Iraq, récoltant des informations sur les «bad guys» (mauvais garçons). La chute inattendue du régime de Saddam Hussein a élargie cette catégorie (de «bad guys»). Envoyé à Tikrit, la ville natale de Saddam, Maddox ne trouva aucun système de référencement des détenus afin d’identifier les cibles prioritaires. Cela a commencé à changer lors de l’interrogatoire d’un des gardes du corps de Saddam, l’un des premiers interrogatoires sérieux de Maddox et le premier pas vers la capture de Saddam. Avec l’aide de l’écrivain freelance Seay (co-auteur de Hello Charlie), Maddox emmène les lecteurs dans des jeux de questions-réponses de niveaux multiples et de forte intensité qui nous mèneront doucement, avec beaucoup de faux départs et de fausses pistes, à la cachette de Saddam. Maddox ne fait aucun secret de ses erreurs: la perte de son sang-froid, la perte de contrôle des interrogatoires, la recherche d’informations plutôt que de cultiver certaines idées. «Nous n’étions pas aux Etats-Unis et mon boulot n’était pas de faire justice», écrit-il. Son point de vue est le bienvenu en ce qui concerne les techniques d’interrogations, souvent de secondes mains. La capture de Saddam Hussein, comme tout bon travail d’informations, représentait 5% d’idées et 95% de patience. La brutalité, Maddox est clair à ce sujet, n’était pas vraiment contre productive mais non nécessaire.


"La véritable histoire de la traque de Saddam Hussein, Eric Maddox interviewé par Faith Middleton pour WNPR – Connecticut Public Radio


Faith Middleton: Au centre du quartier d’art de New Haven, je suis Faith Middleton et cette émission traite de la richesse de la vie. Merci de nous écouter à Rhode Island, dans le Connecticut et à New York ainsi que dans l’est de Rhode Island, sur internet ou dans le monde entier sur notre site.

Alors que l’annonce choquante de la capture de Saddam Hussein fut faite le 14 décembre 2003, il a été révélé l’une des plus grosses affaires de l’histoire avec ses troupes militaires, ses forces spéciales, ses informations et ses dépenses utilisées avec intelligence. Aucun endroit n’a été mis de côté après l’invasion: chaque recoin, chaque caillou, chaque indice, chaque piste ont été retournés pour retrouver les anciens partisans du régime. De toutes les cibles de grandes valeurs représentées sur un jeu de carte par l’armée américaine, Saddam était l’as de pique. Mais, ce livre retrace la traque de cet homme, ainsi que le personnel impliqué qui ne devait pas être révélé au public. Eric Maddox était le sergent ayant organisé la capture de Saddam. Mission: Black List #1 – The Inside Story of the Search for Saddam Hussein - As Told by the Soldier Who Masterminded His Capture est le livre qui révèle l’envers du décor de la capture de Saddam par l’homme qui a réussi où beaucoup d’autres ont échoué.
Le sergent Eric Maddox a reçu de nombreuses récompenses: l’award du directeur de la DIA (Defense Intelligence Agency), la légion du mérite, l’étoile de bronze et la médaille de la réussite de l’Intelligence Nationale (Information) pour son rôle clé dans la capture de Saddam Hussein, il est originaire d’Oklahoma et vit désormais à San Antonio au Texas, et nous l’avons au téléphone.

Bienvenue dans l’émission!

Eric Maddox: Merci Faith, merci de me recevoir!

Faith Middleton: Dites-moi pour quelle raison avez-vous été envoyé en Iraq à la base?

Eric Maddox: C’était très simple, j’ai été envoyé en tant qu’interrogateur pour donner un coup de main aux forces spéciales qui étaient chargées de capturer des cibles de grandes valeurs, notamment Saddam Hussein. En tant qu’interrogateur, notre mission est d’interroger tous prisonniers capturés qu’ils soient coupables ou innocents. Après deux jours passés à Bagdad, j’ai été envoyé à Tikrit auprès d’une unité des forces spéciales composées de douze hommes puis j’ai travaillé pour eux en tant qu’interrogateur à la solde de l’équipe.

Faith Middleton: Dans le livre, vous expliquez que les personnes qui occupaient la place avant vous se centraient particulièrement sur la famille proche de Saddam Hussein, ce qui, en soit, est logique mais vous, vous aviez une autre idée.

Eric Maddox: Eh bien, Faith, ils avaient dans l’idée que la famille proche de Saddam mais aussi n’importe quelle personne du jeu de cartes (Deck of cards) pouvaient forcément nous mener à Saddam puisqu’ils faisaient partie de l’ancien Régime. Ce que j’ai fait lorsque je suis arrivé à Tikrit, c’est de coopérer avec les petits groupes, les «petites» gens des rues qui pourraient avoir un lien avec l’insurrection qui avait lieue contre les militaires. Après avoir parlé à une centaine d’entres eux, pendant environ deux mois et demi, une nouvelle insurrection a commencé à se développer, et cette dernière semblait tourner autour de quelques gardes du corps personnels et très rapprochés de Saddam et j’ai donc pensé que si Saddam voulait organiser une telle chose, il ne se servirait que de ses gardes du corps rapprochés pour diriger l’insurrection puisqu’ils n’étaient pas vraiment recherchés… Donc, lorsque j’ai réalisé ça, j’en ai parlé à cette équipe de douze hommes avec laquelle je travaillais et je leur ai conseillé de changé de tactique, de cibles… Nous devions nous concentrer sur ces insurgés de bas niveau qui travaillaient directement dans l’insurrection puisqu’ils voyaient tout…

Faith Middleton: Parce que ces derniers étaient très loyaux envers lui et la logique tendrait à dire que s’ils l’étaient pendant son mandat ils l’étaient sans doute encore donc cela voudrait dire qu’ils étaient encore en contact avec lui pour lui venir en aide…

Eric Maddox: Exactement! Il s’agissait d’une partie de la logique… En fait, eh bien la logique était qu’il devait leur faire confiance, ces gars le protégeaient jours et nuits et il était celui qui donnait les ordres. Il y a certains gardes du corps qui étaient impliqués et lorsque nous interrogions les sous fifres, nous leur demandions toujours pour qui ils travaillaient et à chaque fois, seuls deux noms ressortaient. Alors, pour moi, l’étau se resserrait. Nous ne devions pas nous concentrer sur tous les gardes du corps mais sur deux d’entres eux. Et nous ne les recherchions pas à la base…

Faith Middleton: Vous écoutez le sergent interrogateur Maddox de l’armée américaine qui raconte pour la première fois l’histoire de la capture de Saddam Hussein dans son livre Mission: Black List. Comment avez réussi à persuader ces partisans ou leur famille à vous délivrer des informations?

Eric Maddox: Eh bien, nous avions un certain regard qui n’était pas celui des autres équipes. Il ne nous suffisait pas de commencer du plus bas niveau de l’insurrection pour ensuite remonter dans la hiérarchie des insurgés. Chacun avait un lien avec une autre personne sur la carte des personnes impliquées et peu importait qui faisait quoi, s’ils étaient partisans ou famille de partisans, et nous nous sommes servis de ça lorsque nous les interrogions. Nous leur expliquions que nous étions au courant que leur famille était impliquée (cousins, frères…) et donc que ces derniers étaient en danger à cause de leur implication… En réalité, nous travaillions sur les réseaux familiaux entiers afin de leur montrer qu’il était plus judicieux de parler pour le bien de leur famille, nous nous servions de cet avantage là.

Faith Middleton: Mais pourquoi vous aidaient-ils alors qu’ils pouvaient juste dire «non» ?

Eric Maddox: C’est assez simple, je suis en train de parler à un individu qui a été acteur dans l’insurrection et je lui demande de me mener à un autre membre de son groupe. Je lui explique qu’il peut me mener lui-même au prochain membre de son groupe ou alors je peux aller chercher cette information chez son frère, son père, son cousin «parce qu’ils savent tous ce que tu fais. Peut-être même que ton cousin t’a donné un peu d’argent pour financer tes activités… Alors, mène-moi à eux où je peux traquer ces gens, ta famille, et ils vont me mener où j’ai envie qu’ils me mènent.» Et il sait que c’est la vérité, qu’ils ont des informations qui peuvent nous faire accéder à la prochaine étape. C’était très simple, soit ils nous menaient là où nous voulions, soit, étant donné que j’étais à Tikrit et leur famille aussi, nous allions directement les voir… Et je pouvais «aller à la fenêtre» (littéralement: regarder au dessus de la barrière), pointer du doigt à deux blocs de là et dire «tiens, c’est ton cousin là bas, je pourrais aller lui demander maintenant, j’en aurais pour cinq minutes… Ou alors tu me dirige vers la prochaine étape. A toi de choisir.»

Faith Middleton: Hum. Et à combien de ces familles avez-vous parlé ? Qui étaient d’accord pour coopérer ?

Eric Maddox: Je dirais que pendant mes 5/6 mois sur place, j’ai effectué environ 300 interrogatoires et il y a eu à peu près 15 pistes solides… Les interrogatoires pouvaient durer de 2 heures à 20 heures et on ne pouvait pas savoir lorsqu’une information solide pouvait tomber. Il était possible d’avoir quelques renseignements qui pourraient nous aider pour passer à l’étape suivante mais il fallait vraiment vraiment creuser pour avoir une bonne information. Et en 5 mois, 12 de ces informations se sont avérées bénéfiques…

Faith Middleton: 5 mois, c’est très long… Et pendant la première partie de cette mission, ces deux mois et demie, vous avez interrogé des prisonniers dont les informations étaient ou non importantes, c’est ce qu’est l’art des interrogatoires, avez-vous eu du mal à convaincre vos supérieurs de vous laisser continuer sur cette piste ?

Eric Maddox: Pour plusieurs raisons, j’ai du le faire Faith. D’abord, notre équipe de forces spéciales n’utilisaient pas les informations récoltées en interrogatoire pour les raids. Les informations nous servaient juste en phase stratégique, il s’agissait d’une illustration. Alors, lorsque j’étais là bas, j’ai essayé de guider l’équipe vers des insurgés dont les gens que nous avions capturés me parlaient en interrogatoire. C’était l’une des difficultés. Et l’autre difficulté était qu’ils comprenaient la possibilité que 80% de ce que me disait un prisonnier pouvait être un mensonge ou une vérité arrangée. Et il fallait que je convainque le commandant que j’étais capable de dire quels étaient les 20% qui ne mentaient pas, ceux à qui nous pouvions faire confiance et agir en conséquence. Il faut aussi comprendre qu’il est difficile pour le chef d’une équipe de faire confiance à un insurgé que nous avons capturé et c’est aussi difficile de me faire confiance parce-que «pourquoi te faire confiance Eric sur ces 20% de vérités alors que 80% sont des mensonges…».

Faith Middleton: Comment pouviez-vous savoir quelle partie des informations était vraie ?

Eric Maddox: Dans leur façon de raconter leur mensonge et le «timing» de ces mensonges. Par exemple, si je faisais un interrogatoire de 15 heures, j’essayais de leur faire raconter l’histoire petit bout par petit bout pour pouvoir la reconstituer et voir s’ils me menaient en bateau ou s’ils exagéraient certains détails et à la fin, après des heures et des heures d’interrogations, je pouvais déterminer si le prisonnier allait continuer à mentir sur la localisation de son frère, de son père ou de son fils mais petit à petit il s’ouvre pour me donner des informations sur d’autres individus. Et c’est alors qu’on essaye de faire jouer les compromis, qu’il ne savait pas que je n’avais pas le droit de faire. Il faut se concentrer sur des sujets où ils laisseront filtrer certaines informations et ensuite on peut comparer ce qu’il révèle avec l’histoire et les mensonges qu’il a pu dire. C’est à partir de la qu’on peut définir les informations vraies des fausses, on fait une sorte de jugement.

Faith Middleton: Quand ces mensonges sont dits, comme vous l’avez précisé 80% du temps, est-ce que vous en êtes tous les conscients et c’est une sorte de jeu ou… ?

Eric Maddox: Ce n’est pas un jeu que nous faisons. Puisque vous leur dites qu’ils mentent. Ce n’est pas un jeu. On sait tous les deux qu’il ment, et nous l’acceptons mais la plus dure des choses est, surtout chez les hommes Iraquiens, qu’il faut accepter qu’ils mentent. Et je ne vais pas les faire admettre leur mensonge mais je les autorise à me dire «je me suis trompé» ou encore «j’ai rêvé de ça hier soir, Eric je sais que je ne l’ai pas vraiment vu mais hier soir j’ai rêvé de cette localisation précise» et les gens pensent que je suis fou «comment peux-tu faire confiance à un rêve ?!», je ne fais pas confiance au rêve, mais je dois faire ressortir cette vérité. Et ils comprennent ce jeu, ils comprennent les règles du jeu donc il faut faire jouer son meilleur jugement.

Faith Middleton: Donc, l’idée n’est pas de les blâmer, de les rendre honteux…

Eric Maddox: Le but n’est pas de les punir…

Faith Middleton: Non, bien sûr mais je voulais dire que le but n’est pas de les faire se replier sur eux-mêmes ?

Eric Maddox: Oh, la pire chose que vous puissiez faire est de les appeler «menteurs», ils savent qu’on se rend compte de leur mensonges mais ils ne doivent pas l’admettre. Ils peuvent dire qu’ils se sont trompés ou qu’ils étaient effrayés ou qu’ils sont confus «je n’ai pas compris le sens de ta question, Eric». C’est comme cela qu’ils peuvent me parler, pas en les accablant de honte.

Faith Middleton: C’est tellement intéressant. Nous allons vous garder, nous allons faire une petite pause et reprendre cette conversation car j’ai tellement de choses à vous demander sur le sujet.
Nous sommes avec Eric Maddox, auteur de Mission: Black List #1 qui traite de la capture de Saddam Hussein et nous allons revenir dans environ 90 secondes, restez avec nous.
C’est Faith Middleton, merci infiniment d’écouter cette conversation plus qu’intéressante avec le sergent Eric Maddox qui a été entraîné à l’art des interrogatoires et qui faisait partie de cette équipe d’élite envoyée à Tikrit pour rechercher Saddam Hussein. Les professionnels sur place, en Iraq n’aimaient pas vraiment cet endroit, ils ne voulaient pas vraiment y aller puisque selon eux rien ne se passait vraiment à Tikrit. Ce livre raconte donc l’histoire (inconnue du grand public) de la capture de Saddam Hussein. Et, si vous rejoignez l’émission seulement maintenant, nous étions en train de nous concentrer sur l’art de mener un interrogatoire.

Lorsque vous interrogiez une de ces personnes et que vous leur mettiez la pression afin qu’ils parlent en les informant que si vous n’aviez pas de réponses vous alliez parler à leur famille, comment les approchiez-vous au début ? Était-ce difficile de frapper à leur porte en leur disant «mon équipe et moi voulons vous parler» ou est-ce que vous rentriez en dégainant les armes? Comment cela se passe-t-il?

Eric Maddox: Lorsque nous avions une information sur un individu, nous partions pour le raid et nous prenions avec nous toutes personnes susceptibles de nous être utiles en plus des individus que nous voulions: deux frères, un père. Peu importe qui était là. C’est la chose que j’essaye d’enseigner lorsque je tiens mon cours sur l’art d’interroger, on ne part pas pour un raid pour «prendre» une seule personne, il faut aussi penser aux membres de la famille et aux très proches personnes qui sont susceptibles de nous aider car elles ne font pas partie de l’insurrection et donc il y a une chance pour qu’elles n’haïssent pas vraiment les forces américaines. Mais, dans une maison où nous effectuons un raid, il y a quelques fois 6 à 8 personnes dont nous aurions besoin et par la suite je les interrogeais tous.

Faith Middleton: Il y a une partie que je n’ai jamais comprise… Pourquoi ces gens, je ne sais pas combien ils étaient, mais pourquoi étaient-ils si loyaux envers Saddam Hussein alors que nous avions entendu tant de choses monstrueuses à son sujet? Quelle était cette emprise qu’il avait sur les gens?

Eric Maddox: En partie, il s’agissait de la pression qu’il mettait aux gens. La plupart des gens étaient des relations plus ou moins proches de Saddam (famille, cousin très éloignés) depuis des générations. Et Tikrit était son lieu de naissance, il avait donc des connexions et il en jouait puisque les gens avaient besoin d’un emploi et grâce à lui ils avaient d’assez bonnes situations. Et d’un autre côté, il y avait le fait que la guerre avait déjà frappé et qu’une minorité de personnes à Tikrit était Chiite… Saddam était Sunnite. Et tous se proches le sont également. Dans ce cas présent, il y avait plusieurs «poches» (petits groupes) de Sunnites qui réussissait à suivre et qui étaient susceptibles d’obtenir le leadership du pays, or s’ils accédaient à ce leadership, le régime de Saddam continuait…

Faith Middleton: Mais pour nous qui restons à la maison, nous nous demandons comment ces gens peuvent-ils toujours être loyaux alors qu’il a été renversé en même temps que son régime et qu’on ne sait même pas où il est… Pourquoi sont-ils toujours si loyaux?

Eric Maddox: C’est ce que les gens ne réalisent pas vraiment. Saddam dirigeait cette insurrection et les insurgés dans tout le pays jusqu’au jour de sa capture. En effet, l’homme que nous avons capturé et qui nous a enfin dit «oui je vous mènerais à Saddam», il était l’un des dirigeants de l’insurrection personnelle de Saddam dans tout le pays. Il n’était peut être plus le chef du gouvernement, mais des millions et des millions de dollars auxquels ils pouvaient accéder et il dirigeait cette insurrection.

Faith Middleton: Oui, expliquez-nous comment il a pu la diriger. C’est assez difficile d’imaginer quelqu’un qui se cache, notamment de la manière dont il se cachait, de diriger une telle organisation…

Eric Maddox: Eh bien, c’est encore une chose que les gens ont mal compris… Tout le monde pensait qu’il se cachait tout le temps dans ce trou à rat… Non, il ne l’était pas. Il vivait dans cette ferme qui était très bien cachée à l’est de la rivière Tigris où il y avait très peu de soldats américains. Il pouvait aller et venir autant qu’il voulait et seuls deux de ses gardes du corps connaissaient son exacte localisation. Maintenant, à partir de cet endroit, l’insurrection fleurissait grandement et il y avait environ 7 à 8 leaders de petits groupes d’insurrection qui reportaient directement leur travail à ces deux gardes alors qu’ils étaient à la tête d’une équipe de deux ou trois douzaines de personnes qui travaillaient sur le terrain. Et pendant ce temps-là, Saddam «pompe» des millions et des millions de dollars à ses partisans pour les besoins de cette insurrection alors que l’argent était dur à gagner à cette période surtout pour les Sunnites.

Faith Middleton: Comment a-t-il eu accès à cet argent?

Eric Maddox: C’est l’argent qu’il possédait lorsqu’il était au pouvoir. Il a déplacé environ 4 milliards de dollars cash et l’a placé en Syrie quand la guerre a commencé et l’argent que les gens ont vu lorsqu’il a été capturé, 750 mille dollars… Dans l’un des raids que nous avons fait six jours avant sa capture, toujours dans cette traque pour le trouver, nous sommes tombés sur 1.9 millions de dollars américains et l’individu, qui nous a mené à Saddam, avait dans sa ferme où un raid a eu lieu 3 jours après la capture de l’ancien président 11.2 millions de dollars américains chez lui. Tout cet argent qu’il a accumulé provenait de l’époque où Saddam avait le contrôle…

Faith Middleton: C’est extrêmement choquant. Nous sommes avec Eric Maddox, ancien sergent de l’armée américaine qui a mené à la capture de Saddam Hussein qu’il raconte dans son livre Mission: Black List #1. Nous avons mentionné rapidement de ce dernier interrogatoire, car vous avez parlé à tous ses amis, à tous ces gens et leur discours est à 80% faux contre 20% vrai. Vous avez fait une sorte de charte…

Eric Maddox: Un diagramme.

Faith Middleton: Un diagramme.

Eric Maddox: Qui changeait chaque jour selon les informations valables que nous récoltions et nous allions faire des raids qui apportaient ou non quelque chose. Chaque jour nous l’arrangions mais en résumé, il s’agissait d’un diagramme d’environ 60 à 70 personnes où nous faisions le lien entre les individus qui pourraient d’une manière ou d’une autre nous mener à Saddam.

Faith Middleton: Vous avez mené votre dernier interrogatoire, celui qui a le plus compté puisqu’il vous menait à l’endroit précis où se trouvait Saddam, dites-nous tout sur cet interrogatoire.

Eric Maddox: Il s’agissait de mon dernier jour en Iraq, mon dernier interrogatoire puisque ma mission prenait fin en ce 13 décembre 2003. A 8 heures du matin, je devais me trouver dans un avion en direction de Doha, j’avais fini ce pour quoi j’étais venu en Iraq. Le 12 décembre, nous pensions être extrêmement proches du but, c’est-à-dire de Saddam, mais nous n’avions rien trouvé. Le 12 décembre, nous avons effectué un raid pour capturer Muhammad Ibrahim qui était l’un des gardes du corps rapproché de Saddam et qui pourrait nous mener à son leader. Nous sommes allés dans son repaire et chez lui, nous y étions à minuit le 13 décembre et nous ne l’avons pas trouvé. Nous avons capturé 4 personnes et j’ai commencé à interroger l’un deux à 4 heures du matin et après quelques heures d’interrogatoire il m’a avoué que Muhammad Ibrahim était bien dans cette maison lors du raid. Je suis allée voir les trois autres prisonniers et effectivement nous l’avions. Et alors, à 6 heures du matin, j’ai pu (enfin) interroger Muhammad Ibrahim. J’ai pu discuter avec lui de ses options, que je l’ai recherché pendant 4 mois, que j’ai traqué plusieurs membres de sa famille. Je lui ai expliqué que s’il ne me menait pas à Saddam j’allais continuer de traquer sa famille, je connaissais l’endroit où se trouvaient au moins 20 personnes de sa famille. Je savais qui il était, il savait qui j’étais. Et à 7h45, le 13 décembre, 15 minutes avant de monter dans mon avion, il nous a dit «oui, je sais où se cache Saddam, allons-y»

Faith Middleton: Quand vous l’avez «menacé» de poursuivre les membres de sa famille, avez-vous dit «nous allons les détruire», «nous allons les emprisonner à vie ? Que lui avez-vous dit sur sa famille ?

Eric Maddox: J’espère qu’il ne l’a pas ressenti comme une menace. Je l’informais seulement de ce qui allait venir s’il ne nous aidait pas… C’est comme ce dont nous avons parlé précédemment. Je lui ai dit «Muhammad Ibrahim, si tu ne me dis rien, alors nous allons aller demander aux membres de ta famille qui ont peut être des informations à nous donner… Alors que si TU nous mène à Saddam, je n’aurais pas besoin de leur demander quoi que ce soit. Si je t’ai traqué Muhammad Ibrahim c’est parce que tu es en mesure de me mener à Saddam et dans ce cas là je n’aurais ni besoin de toi par la suite, ni de ta famille. Mais si au contraire tu ne m’aide pas, les 40 membres de ta famille que nous avons déjà resteront en prison et les 20 autres les rejoindront assez vite» et voilà ce que j’ai dit. Je ne sais pas s’il l’a pris comme une menace. Ce n’en est pas vraiment une puisqu’il s’agit d’une vérité…

Faith Middleton: En réalité, il voulait protéger sa famille. Mais en réalité, qu’est-ce que cela lui apporte personnellement? Est-ce qu’il ressort avec quelque chose de cette révélation ?

Eric Maddox: Cela ne lui apporte rien. Il restera en prison. Il n’a rien demandé. Il réalise que ses actions ont causées la mort de centaines de soldats américains et de milliers d’Iraquien. Alors il ne pouvait rien demander pour lui-même. La seule chose qu’il a demandée était la libération des 40 membres de sa famille. Il savait que s’il nous menait à Saddam alors nous laisserons les 20 autres.

Faith Middleton: Et les avez-vous relâché ?

Eric Maddox: Oui, absolument.

Faith Middleton: Bien, alors parlons de ce moment où il vous dit «je sais où il est je vais vous mener à lui» qu’avez-vous senti à ce moment-là ?

Eric Maddox: J’aurais pu être heureux à ce moment-là mais je suis resté assez statique et la seule chose à laquelle j’ai pu penser était de sortir un bout de papier et commencer à faire une carte avec la localisation de Saddam. Comme je l’ai dit, j’ai effectué plus de 300 interrogatoires pendant ces 5 mois et 12 d’entres eux ont porté leurs fruits, donc cela fait 288 qui n’ont rien apporté… On ne veut jamais penser que ça peut être ça… Il n’y a qu’une seule chose à faire, qu’une seule chose qu’on est capable de faire, c’est de dessiner comme on peut cette carte et essayer d’avoir le plus de détails possible, de garder son calme parce qu’on n’est pas encore sorti d’affaires tant que ce n’est pas fini. Alors je pense que ce que je ressentais à ce moment-là c’était plutôt le passage à l’étape suivante, ce qu’on allait faire à partir de là… Dessiner ce plan, prévenir l’équipe de Bagdad pour qu’elle puisse prévenir celle de Tikrit afin qu’ils fassent ce raid avant que je parte, j’ai essayé de contacter le commandant avec qui je devais partir pour le prévenir de mon retard…

Faith Middleton: Bien sûr. Et que s’est-il passé? Le commandant vous a-t-il permis de rester plus longtemps? Étendre la durée de votre mission ?

Eric Maddox: Le commandant et moi nous sommes repartis ensemble, c’était une personne importante, nous avons volé ensemble jusqu’à Doha et un sergent comme moi ne pouvait pas l’en empêcher… Et le vol était tendu avec ce qu’il venait de se passer et lors de notre arrivée à l’aéroport il a été appelé et dans les 15 minutes qui ont suivi il repartait déjà pour l’Iraq, sauf que je devais donner un débriefing à Doha et donc je ne pouvais pas repartir avec lui. Je devais dire aux officiels ce qu’il se passait, les avancées que nous avions faites en terme d’informations et surtout ce qu’il se passait en ce 14 décembre. Et le commandant m’a dit «j’y retourne, toi tu les informe de tout ce qu’il vient de se passer». J’étais d’accord avec ça, enfin, je n’avais pas besoin d’aller sur place, j’avais déjà travaillé avec les forces et ils n’allaient pas avoir besoin de moi pendant le raid. Ils avaient besoin de quelqu’un qui pouvait les mener à Saddam Hussein et le prisonnier avait promis de le faire alors mon boulot était fini.

Faith Middleton: Nous sommes avec Eric Maddox, ancien sergent de l’armée américaine qui a mené la capture de Saddam Hussein et qui raconte son histoire dans le livre Mission: Black List #1. Est-ce que vous pensez vraiment cela? Je veux dire, après avoir passé autant de temps là-bas, laisser une autre équipe faire le boulot… Si j’avais travaillé dur comme vous, j’aurais voulu voir de mes propres yeux ce qui allait se passer, j’aurais voulu voir son visage, l’endroit où il s’est caché… Est-ce que cela a été dur pour vous ?

Eric Maddox: On m’a posé la question, bon nombre de fois, mais ça ne me gêne pas vraiment… Enfin, je veux dire, ce n’est pas mon boulot, ce n’était pas ma mission… Qui se préoccupe que j’ai vu Saddam ou non? Il a été capturé, il va passer devant la commission, le boulot est fait, peu m’importe de le voir ou non… Je suis reconnaissant qu’il n’ait pas été relâché et qu’il soit désormais mort mais ça ne change pas que je le vois ou pas. La meilleur chose à propos de tout ça était que l’année qui a suivi j’ai été embauché pour les relations avec les civils par le département de défense tant en Iraq qu’en Afghanistan et cela prouve qu’ils me font désormais confiance dans mon boulot. Lorsque je suis arrivé pour la première fois en Iraq en juillet 2003, je n’avais aucune expérience dans l’art d’interroger, ce devait-être mon deuxième interrogatoire et encore je n’en avais jamais vraiment fait un véritable… Et un an plus tard, ils me renvoient là-bas en me donnant ce travail avec toute leur confiance. Pour moi, c’est très important...

Faith Middleton: Ce livre, pour moi, est un témoignage de ce que doit être un interrogatoire en opposition à la torture. Quel genre d’interrogatoire est-ce que vous mené désormais? Au sein des Etats-Unis ou en dehors ?

Eric Maddox: Oh! En dehors des Etats-Unis. Les missions sont plutôt en Iraq, en Afghanistan et un peu partout dans le monde en fait. Et comme je l’ai dit, avant mon arrivée en Iraq, à Tikrit avec ces douze hommes, je n’avais jamais vraiment fait d’interrogatoire et j’étais le seul interrogateur sur place… Je n’ai pu observer personne donc j’ai, on va dire, appris de mes erreurs en 300 interrogatoires et croyez-moi avec les erreurs que j’ai faites, vous apprenez vite et j’ai pu développer mon propre style d’interrogatoire, c’est-à-dire travailler avec un prisonnier. La chose première que j’ai apprise c’est à me mettre à la place de ces prisonniers. Je n’avais pas d’empathie pour eux mais je devais comprendre dans quelle situation ils se trouvaient. Alors que la torture vous ramènent dans le passé, et j’entends des gens dire que la torture peut fonctionner, par exemple je peux vous dire en tant qu’interrogateur que lorsque vous vous y prenez bien il n’y a pas besoin de torture pour le faire avouer ce que vous voulez savoir…

Faith Middleton: Est-ce que vous aimez toujours ce que vous faites ?

Eric Maddox: Je pense que j’ai le plus beau des jobs du monde. La plus belle des choses dans ce travail est [désolée mais pour le coup monsieur Maddox parle trop vite pour bien comprendre mais en gros il dit que son travail l’emmène dans des endroits pas très reluisants (les prisons) et que ça n’attire pas grand monde] je ne pense pas que j’ai beaucoup de compétition et je trouve que c’est le plus sympa des boulots au monde puisque personne n’en veut.

Faith Middleton: Est-ce que vous avez une famille ?

Eric Maddox: Oui, j’ai deux fils qui vivent à Phoenix, Arizona et bien sûr ma famille vit en Oklahoma où je suis né et où j’ai été élevé. Et je vois mes fils tous les deux mois, notamment pendant leurs vacances et l’été.

Faith Middleton: Ce doit être dur pour eux de ne pas vraiment savoir ce que vous faites et où. Je pense toujours combien cela doit être dur lorsque la famille est à la maison…

Eric Maddox: Eh bien, mes fils sont nés en 2001 et 2002. J’ai été déployé 6 fois depuis 2002, ils étaient si jeunes ils ne savaient pas trop ce qu’il se passait alors on essayait de garder cette ambiance heureuse, je leur disais que je partais mais que j’allais revenir très vite avec des souvenirs alors le plus important est qu’ils ne se rendent pas encore compte des dangers et de la réalité des choses, ce serait un vrai miracle.

Faith Middleton: Vous n’avez eu aucun problème avec l’armée lorsque vous avez publié ce livre ?

Eric Maddox: Pas vraiment. J’ai soumis au département de défense publique un script d’un peu plus de 500 pages alors que le livre n’en fait 264 mais je voulais qu’ils aient toutes les informations susceptibles d’y apparaître. Et ils ont gardé le script pendant 9 mois puis ils me l’ont rendu avec des notes et je n’ai pas voulu le publier jusqu’à ce que Saddam soit mort pour des raisons évidentes que je ne voulais pas que mon livre soit utilisé contre lui ou dans cette affaire. Et donc nous avons attendons et quand le procès a pris fin, nous avons décidé de le sortir et voilà.

Faith Middleton: Merci infiniment.

Eric Maddox: Merci à vous.

Faith Middleton: Eric Maddox, ancien sergent maintenant interrogateur en Iraq pour le département de la défense. Il a mené la capture de Saddam Hussein et nous faire part de son histoire dans le livre Mission: Black List #1…»


Voilà les Black Listers, de quoi cerner un peu le personnage d’Eric et d’en connaître un peu plus!
Bonne soirée;)

lundi 25 juin 2012

A la recherche de Saddam Hussein

Les introuvables frères Musslit étaient le chaînon manquant qui devait mener les enquêteurs à l'antre du dictateur. (3/5)

(Photo: Arrestation à Tikrit en octobre 2003.)
"Le sergent-chef Eric Maddox ne voulait pas d' Izzat Ibrahim al-Douri dans son organigramme. Chargé des interrogatoires dans le cadre des opérations spéciales à Tikrit, Maddox avait élaboré des graphiques semblables à ceux de l'équipe des renseignements du colonel Jim Hickey, et leur ajoutait des noms à chaque information fournie par les prisonniers. Certes, al-Douri, confident roux de Saddam considéré par beaucoup comme son bras droit - le roi de trèfles dans le jeu de carte de l'armée - était activement recherché, mais Maddox estimait qu'il avait dû quitter son patron depuis un bail.

Pour Maddox comme pour les hommes de Hickey, le chemin menant à Saddam passait par la capture de personnages bien moins connus, à Tikrit et aux environs. Un seul problème: le haut commandement - les patrons des patrons de Maddox - ne l'entendaient pas de cette oreille, et exigeaient que des personnalités éminentes comme Al-Douri soient représentées dans l'organigramme des hommes à capturer. Pour éviter les problèmes, Maddox en fit deux versions: celle à partir de laquelle lui et les analystes travaillaient, et celle qu'ils affichaient ostensiblement dès que quelqu'un d'important pointait le bout de son nez.

Maddox ne manquait pas de noms pour remplir ses graphiques. Lorsqu'il avait rejoint le groupe d'opérations spéciales en juillet, un interprète lui avait montré une longue liste de tous les anciens gardes du corps de Saddam et de leurs familles vivant dans la région. Parmi eux, figuraient 40 Musslit. Maddox en tira deux conclusions: d'abord que les Musslit étaient une famille influente dans la région, et ensuite que Saddam Hussein avait beaucoup de gardes du corps.

Au fil des interrogatoires, Maddox découvrit une chose curieuse. Alors que certains gardes du corps étaient clairement engagés dans l'insurrection, d'autres semblaient avoir quasiment pris leur retraite. (Maddox apprit qu'un ancien garde du corps au grade très élevé était tranquillement resté chez lui, au vu et au su de tous, depuis le début de la guerre). Il lui fallait à présent déterminer lesquels, de tous les anciens protecteurs de Saddam, étaient encore en contact avec lui - et pour cela, étudier les rôles d'avant-guerre de chacun n'était pas d'une grande utilité. Comme l'écrit Maddox dans son mémoire de cette époque, Mission: Black List #1, « l'Irak était un lieu complètement différent de ce qu'il avait été avant la guerre».

Centralité intermédiaire

Au cours de la traque de Saddam, Maddox et ses homologues durent prendre une foule de décisions subjectives pour déterminer qui -parmi tous ces gardes du corps, et tous ces Musslit- revêtaient la plus grande importance. L'intuition du lieutenant colonel Steve Russell lui dictait que les frères Rudman et Mohammad al-Musslit étaient de ceux-là, au vu de leurs riches propriétés à Tikrit, des photos où ils figuraient aux côtés de Saddam et des rapports de renseignements où leurs noms ne cessaient d'apparaître. L'analyse, plus tard, du major Brian Reed, qui allait écrire son mémoire sur cet organigramme, montra que la théorie du réseau confirmait l'intuition de Russell.

L'une des façons pour mesurer l'importance d'une personne dans un réseau social consiste à étudier sa «centralité intermédiaire». Cette mesure est élevée si la personne est un connecteur - c'est-à-dire, si elle est susceptible de se trouver sur le plus court chemin entre deux autres nœuds, contribuant ainsi à former la connexion entre eux. Un individu n'a pas besoin d'être directement relié à de nombreux nœuds pour avoir une grande centralité intermédiaire; il suffit qu'il relie deux groupes sociaux, de façon qu'un chemin allant de l'un à l'autre devra nécessairement passer par lui.

Dans un réseau de mes collègues et de mes amis de fac, par exemple, ma centralité intermédiaire est au plus haut, puisque c'est moi qui comble le fossé entre deux groupes qui n'ont rien d'autre en commun. Des connexions fortuites peuvent aussi déboucher sur de hautes valeurs de centralité intermédiaire. Pensez à toutes les connexions inattendues que vous avez vues sur Facebook. Un exemple: un de mes collègues est allé au lycée avec un de mes amis d'université. Cela leur octroie à chacun de hauts niveaux de centralité intermédiaire à l'intérieur de mon réseau - même sans moi, mes collègues pourraient remonter jusqu'à mes compagnons de fac grâce à ce lien.

Le cœur du réseau de Saddam est représenté ci-dessous. Je l'ai élaborée à partir du mémoire de Reed, de comptes-rendus publics et d'entretiens avec les militaires sur le terrain en Irak. Il apparaît clairement que Mohammad al-Musslit est le lien vital entre Saddam et l'intégralité du clan Musslit. Rudman obtient aussi un score élevé car c'est le chef des opérations de l'insurrection.

Les calculs derrière chaque note impliquent des opérations mathématiques relativement compliquées, mais la raison de l'importance des deux frères est claire: Rudman et Mohammad sont situés exactement entre Saddam et le reste de la famille Musslit. Et, ce qui ajoute à leur importance, les deux frères sont aussi le lien entre Saddam - via un mariage dans la famille Musslit - et un autre clan au rôle majeur dans l'insurrection. (Le diagramme établi par Reed et le major Stan Murphy, des renseignements, figure dans le mémoire de Reed sous une forme très élaborée. J'ai pu y identifier Rudman et Mohammad en me basant sur les comptes-rendus et les déductions grâce aux nœuds voisins. En revanche, je n'ai pas su identifier la deuxième famille à laquelle les frères Musslit étaient reliés).

Faire le tri dans les Musslit

Curieusement, l'un des hommes du diagramme de Reed à la centralité intermédiaire élevée était mort depuis vingt ans quand la 4ème division d'infanterie est arrivée à Tikrit. Son importance restait cependant primordiale pour le réseau car il formait l'un des rares liens entre les Musslit et le deuxième clan mentionné plus haut, également actif dans l'insurrection.

Rudman et Mohammad, en revanche, étaient tout ce qu'il a de plus vivants. Le réseau et son instinct disaient la même chose à Maddox: ces types-là le conduiraient à Saddam Hussein. Mais l'instinct seul, même étayé par un organigramme, ne constitue pas une base assez solide pour organiser un raid et mettre en danger la vie de soldats américains.

Maddox devait gagner la confiance des commandants des opérations spéciales en avançant les preuves que ses organigrammes reflétaient des réalités sur le champ de bataille. Maddox commit sa part d'erreurs — en préconisant des raids qui ne donnèrent rien du tout, et en s'opposant à d'autres qui s'avèreraient fructueux. Mais à mesure que les interrogatoires continuaient de confirmer ce que le réseau avait laissé entendre - qui était important, et qui ne l'était pas - le commandant et l'analyste de l'équipe acceptèrent de prendre le risque de se fier davantage au réseau. Maddox finit par faire partie de l'équipe qui organisait et exécutait les raids, rôle inhabituel pour un interrogateur.

A Tikrit, Maddox passait un temps fou à faire le tri dans des dizaines de Musslit pour tenter de se frayer un chemin jusqu'à Rudman et Mohammad. Les Musslit n'étaient pas seulement des fidèles de Saddam. Si les hommes de Tikrit s'appelaient mutuellement Ibn 'Amm ou 'Amm- cousin ou oncle, selon la différence d'âge - la famille Musslit était réellement liée à Saddam du côté maternel. Selon un arbre généalogique élaboré à la main par l'expert de l'Irak Amatzia Baram, le clan Musslit partageait avec Saddam un arrière-grand-père - le Musslit originel. Parmi les enfants de cet ancêtre commun figuraient le grand-père maternel de Saddam, Talfah, et un homme appelé Omar, grand-père des Musslit qui organisaient l'insurrection.

Se contenter de traquer les Musslit n'allait pourtant pas mener à ceux qui étaient les plus proches de Saddam. Pour reconstituer une image détaillée de l'insurrection, Maddox et ses collègues devaient aussi remplir les cases correspondant aux figurants. Outre les cinq principales familles qui semblaient orchestrer les opérations, le lieutenant colonel Steve Russell et ses hommes se lancèrent sur la trace d'un réseau de familles de deuxième niveau, plus directement impliquées dans les combats des rues. Chaque raid rapportait son lot de renseignements. Le capitaine Timothy Morrow, officier des renseignements de Russell, se souvient avoir confisqué des représentations élaborées de l'arbre généalogique de Saddam - dont l'un comportait «Adam et Eve» tout en bas - qui s'avérèrent essentielles pour compléter les organigrammes. Comme me le dit Russel lors de ma visite dans l'Oklahoma:

Il y avait en fait deux familles qui ne figuraient pas dans le réseau des cinq grandes, mais qui nous sont apparues comme très importantes. C'était ceux qui organisaient la plus grande résistance contre nous. C'était les gars qui planifiaient l'explosion de bombes sophistiquées au bord des routes, contrairement à ce que nous avions dû affronter avant... Nous les avions combattus dans les rues pendant l'été. Nous connaissions leurs noms. Ce n'est que quand on a commencé à en attraper un certain nombre et qu'on a pu relier les points entre eux qu'on a compris, “La vache, regardez-le papa de ce groupe-là est marié à la demi-sœur de Saddam”. On a réalisé: “Ces types sont vraiment liés entre eux”.

Le 22 juillet, les fils psychopathes de Saddam Hussein, Oudaï et Qoussaï, furent abattus par l'armée américaine à Mossoul (ils avaient tué l'un des chiens renifleurs de bombes de l'armée, provoquant des représailles explosives). Leur mort permit à Maddox de se concentrer davantage sur des insurgés aux noms moins connus.

Mohammad et Rudman restaient les cibles prioritaires, mais les analystes esquissèrent une image plus complète du reste du clan. Ses membres semblaient obéir à une division du travail: certains cuisinaient, d'autres livraient la nourriture (peut-être à Saddam), d'autres encore organisaient l'insurrection. Le but était de remonter le réseau des Musslit - du cuisinier au plus haut membre de l'état-major, et à partir de tous ces cousins de la base, remonter à Mohammad et Rudman, au sommet.

Les précieuses erreurs des prisonniers

Dans les jours qui suivirent la mort d'Oudaï et de Qoussaï, Steve Russell et ses soldats firent pour la troisième fois une descente sur la ferme de Faris Yasin Omar al-Musslit. Ils ne parvinrent pas à pincer Faris, mais cette opération leur permit de découvrir des photos qui les aidèrent à identifier une nouvelle fournée de gardes du corps de haut rang. Peu de temps après, un bataillon sous le commandement de Hickey utilisa ces tous nouveaux renseignements pour attraper Nazhan Ibrahim Omar Al-Musslit, l'un des frères de Rudman et Mohammad. Le cœur de la famille Musslit se rapprochait.

En rassemblant les éléments du puzzle pour reconstituer ce réseau, Maddox raconte qu'il obtenait parfois directement des prisonniers tout ce qu'il voulait savoir. «Ils ne veulent rien dire de l'insurrection» expliqua-t-il. «Mais ils vous disent qui est copain avec qui». Convaincus qu'ils détournaient l'attention des interrogateurs, les petits chefs conduisaient Maddox plus près de sa cible. Ces prisonniers commettaient en quelque sorte la même erreur que l'armée américaine au début de la guerre en Irak. Des renseignements institutionnels sur l'insurrection n'auraient pas aidé les soldats de la coalition à trouver la cachette de Saddam Hussein. Les renseignements sociaux fournis par ces Musslit de peu d'importance étaient bien plus précieux. Maddox voulait les noms des amis de Saddam, pas ceux de ses anciens collègues.

Le 3 août, les soldats de Russell firent une descente dans un complexe de fermes élaboré, propriété de la famille Musslit. Cette fois encore, ils ne trouvèrent aucune de leurs cibles, mais ils récupérèrent de nouvelles photos de famille et une source bien vivante, particulièrement précieuse: Omar Al-Musslit lui-même, le grand-père de la plupart des Musslit fauteurs de troubles. Russell souligne avec ironie que le numéro de carte d'identité nationale d'Omar était le 666 - symbole approprié pour celui qui engendra tant d'hommes de main de Saddam. Dans la semaine qui suivit, le 1er bataillon du 22ème régiment d'infanterie continua de capturer des membres des cinq familles. Et, lors d'un nouveau raid dans la ferme personnelle de Rudman, le gardien leur asséna qu'ils venaient de rater Rudman et Mohammad de moins de 24 heures."


A la recherche de Saddam (4/5)

(Photo: Saddam Hussein filmé après sa capture, le 14 décembre 2003)
"Le Gros", garde du corps fidèle de Saddam, était le seul à pouvoir conduire les enquêteurs au repaire du dictateur déchu.

"L'infernal été irakien touchait à sa fin. Rudman Ibrahim Omar al-Musslit et son frère Mohammad étaient incroyablement difficiles à localiser. Pour Eric Maddox, chargé des interrogatoires pour les forces d'opérations spéciales de Tikrit, la première avancée notable de l'automne fut la capture d'Ahmed Yasin Omar al-Musslit. L'un des plus jeunes représentants d'une longue lignée de cousins Musslit, Ahmed n'était pas personnellement suspecté d'activités insurrectionnelles majeures. Mais Nasir et Faris, deux de ses frères, si.

Maddox mit six heures à faire parler Ahmed de sa famille. Celui-ci jura n'avoir pas vu Rudman depuis des mois, mais il avait vu Mohammad. Et contrairement à ce que la plupart des analystes américains avaient cru, Ahmed prétendait que c'était Mohammad, pas Rudman, qui recevait les ordres directement de Saddam.

Maddox était sous pression; il fallait absolument que cette histoire de réseau donne des résultats. Une nouvelle équipe de forces spéciales était arrivée en octobre, ce qui signifiait de nouveaux patrons pour les deux mois de mission qui lui restaient. Il s'était alors familiarisé à un tel point avec les acteurs de l'insurrection que les rebelles eux-mêmes lui avaient trouvé un surnom: «l'homme à la chemise bleue». (Maddox n'avait pas apporté de garde-robe très élaborée à Tikrit, il portait tous les jours la même chemise en oxford bleu).

La plus grosse prise de l'automne a duré 24h

Le commandant de l'équipe de remplacement, que tout le monde surnommait «Bam Bam» était aussi intelligent que cynique. Maddox allait devoir perdre du temps à faire la conquête d'un chef qui ne voyait pas nettement l'intérêt de traquer des gens sans rôle connu dans l'insurrection, sous prétexte qu'ils étaient le cousin de quelqu'un.

Enfin, le 8 novembre, Maddox put montrer le résultat de son travail. Ce même jour, un bataillon de la 4e division d'infanterie captura Faris Yasin, frère du jeune Ahmed Yasin, et les opérations spéciales s'emparèrent de Rudman Ibrahim en personne. Rudman fut transporté en avion à Bagdad contre la volonté de l'équipe des opérations spéciales, qui voulaient l'interroger sur le champ. C'était la plus grosse prise de l'automne.

Or, moins de 24 heures après sa capture, Rudman mourait d'un infarctus. «Nous étions furieux qu'il nous claque entre les doigts», se rappelle le lieutenant colonel Steve Russell, commandant du 1er bataillon, 22ème régiment d'infanterie. «Vous imaginez un peu: il savait où était Saddam!»

Mais à quelque chose malheur est bon. Après la mort de Rudman, l'insurrection continua ses opérations sans baisse d'efficacité apparente. Ce qui prouvait qu'Ahmed avait dit la vérité: Rudman Ibrahim Omar al-Musslit n'était pas le cerveau de l'organisation-c'était son frère Mohammad qui tirait les ficelles depuis le début. «Nous pensions, jusqu'à la capture de Rudman, que Mohammad était peut-être le chef de la sécurité ou quelque chose comme ça, alors qu'en réalité, c'était lui qui dirigeait les opérations» explique Russell. «C'était lui, l'homme qui maintenait la cohérence de l'ensemble».

Du jour au lendemain, l'attention de tous se focalisa sur Mohammad. Son identité à l'époque était encore un secret bien gardé, et il devint connu de ceux qui le traquaient sous le nom de «Fat Man», le Gros. La chasse était ouverte, et les chasseurs étaient plus que jamais convaincus que s'ils trouvaient le Gros, ils ne seraient plus très loin de Saddam Hussein.

Des réseaux sociaux prédictifs

Ma première rencontre avec Eric Maddox eut lieu par une pluvieuse matinée de novembre, dans un restaurant mexicain d'Alexandria, Virginie. Il partait le lendemain à l'étranger pour une nouvelle mission d'interrogatoires, pour la énième fois. C'est un homme du genre bulldog, d'environ 1,75m, à la poignée de main ferme et dont le visage sérieux cache un vrai sens de l'humour. Parlez-lui de réseaux sociaux, et il s'enflamme.

Si les organigrammes représentant les réseaux sociaux sont si importants pour la contre-insurrection, explique Maddox, c'est parce qu'ils aident à prédire ce qui se passe quand quelqu'un comme Rudman Ibrahim Omar al-Musslit se fait tuer ou capturer. En étudiant les relations entre les cibles potentielles, il est possible de deviner comment le réseau va se modifier - et surtout, qui va monter en grade - quand quelqu'un est éliminé. «Quand vous connaissez tous les liens entre les personnes», conclut Maddox-les mariages, les liens de parenté, qui boit avec qui-«alors les modifications du réseau n'ont plus rien d'irrationnel.»

Pour illustrer son propos, Maddox emprunta mon bloc et esquissa le réseau d'une fausse insurrection. Son graphique comportait une vingtaine de personnes, avec une cible de grande valeur au sommet. (Maddox soulignait énergiquement ses propos en traçant des lignes avec son stylo, et le réseau finit par ressembler à l'explosion d'une cartouche d'encre. Voici la reconstitution de son dessin).

La clé du scénario de Maddox est que l'un des hommes proches du sommet (le n°4) a un neveu (le n°16) qui ne joue qu'un petit rôle dans l'insurrection. Capturer et interroger ce neveu peut vous mener à l'homme haut placé, dont on ne connaît pas la cachette. La ruse, explique Maddox, consiste à trouver quelqu'un dans le réseau dont la fonction, s'il était éliminé, reviendrait au neveu.

De l'ombre à l'oncle

Même si ce dernier n'est pas terriblement important ou expérimenté, le plus crucial est de bien comprendre que, particulièrement en Irak, le lien familial prime toute autre relation. Si un poste important devient subitement vacant, il y a de grandes chances pour que l'homme situé au sommet de la hiérarchie y nomme son neveu. Une fois celui-ci sorti de l'ombre, vous pouvez l'interroger et remonter jusqu'à l'oncle.
Quand Rudman disparut du réseau, l'hypothèse de Maddox se réalisa. Pour combler cette immense lacune, d'autres membres du clan Musslit et leurs associés durent passer à l'action - ce qui les rendit plus visibles et donc, plus faciles à capturer. Le 4 décembre, la 4ème division d'infanterie rattrapa Burhan Ibrahim Omar al-Musslit, soupçonné de coordonner les finances de l'insurrection. Quelques jours plus tard, un jeune homme qui servait d'informateur au colonel Jim Hickey conduisit les Américains à un membre de la famille qui avait aidé Saddam lorsqu'il avait fui le pays en 1959.

Entre-temps, le fils de Rudman Ibrahim Omar al-Musslit avait commencé à parler. Surnommé «Baby Rudman», ce jeune homme de 18 ans avait été pris avec son père et envoyé à Bagdad. Après la mort de son père, Baby Rudman fut renvoyé à Tikrit pour y être interrogé. Questionné par Maddox, il donna les noms de deux alliés de Mohammad Ibrahim Omar al-Musslit: un partenaire d'affaires appelé Abu Drees, et Basim Latif, le chauffeur de Mohammed.

«Un putain d'organigramme»

Mais faire capturer deux personnes sous prétexte qu'elles étaient censées être des amis d'un ami de Saddam était loin d'être gagné. Comme Maddox le rapporte dans son mémoire, «Kelly», l'analyste de l'équipe — les membres des opérations spéciales, dont certaines missions sont tenues secrètes, ne sont pas identifiés par leurs noms entiers — ne mâcha pas ses mots:

Ecoutez: vous continuez à descendre dans ce putain d'organigramme, et ça ne mène jamais nulle part. On est censés remonter la filière. Tout ce que vous faites c'est ajouter des noms tout en bas de la liste. Par chance, la 4ème division d'infanterie avait déjà localisé Basim, le chauffeur. Pour Maddox, mettre la pression sur Basim comportait une certaine dose de risque: il était le cousin d'un responsable de la sécurité de haut rang à Tikrit, avec qui l'armée américaine avait besoin d'être en bons termes. Après un premier interrogatoire infructueux, Maddox l'interrogea à nouveau, dans les bureaux du maire de Tikrit, en présence d'une grande partie de l'équipe des opérations spéciales. Devant l'obstination du chauffeur à garder le silence, ces dernières le firent prisonnier.

A ce moment précis, «Bam Bam», le commandant des forces spéciales, mettait sa carrière en danger. L'arrestation de Basim tendait les relations américaines avec les dirigeants de Tikrit, sans aucun bénéfice immédiat. Mais aussi insignifiant qu'il paraisse, Basim n'était qu'à deux personnes de Saddam. Et c'était la meilleure carte du jeu de Maddox.

Cela s'avéra l'une des plus importantes décisions de l'équipe. «Il est à l'origine de tout», justifia Maddox lors de notre rencontre, presque exactement six années plus tard. Après son arrestation, Basim opéra une volte-face totale et décida que son intérêt était de parler. Il se consacra corps et âme à aider les Américains à localiser Mohammad Ibrahim, désigné à l'époque par le nom de code «le Gros». S'ils mettaient la main sur lui, ils n'auraient plus qu'à prier pour qu'il soit resté en contact avec celui qu'ils recherchaient vraiment.

A deux heures de la fin de mission

Pendant des jours, les Américains ne furent qu'à un cheveu du Gros. Ils commencèrent par une descente dans une maison de location de la ville voisine de Samarra, où ils ratèrent leur cible mais capturèrent son fils de 18 ans, Musslit al-Musslit. Une cachette recelant 1,9 million de dollars en billets de 100 leur laissa penser qu'ils étaient sur le bon chemin. Musslit ne tarda pas à céder à l'interrogatoire et indiqua à Maddox une écloserie où son père et un ami allaient régulièrement pêcher. L'équipe des opérations spéciales fit deux descentes dans le centre de pisciculture, mais une fois de plus, le Gros leur glissa entre les doigts. En revanche, ils capturèrent deux pêcheurs nerveux à la place.

Le temps imparti à Maddox arrivait à son terme; sa mission était sur le point de se terminer. Le 8 décembre, il retourna à l'aéroport international de Bagdad accompagné de quelques prisonniers coopérants, notamment Basim. Sa première priorité était d'interroger les pêcheurs capturés dans l'exploitation piscicole du Gros, envoyés directement à Bagdad après leur capture. Il ne restait alors à Maddox que six jours en Irak.

C'était exactement le type de menu fretin que Kelly, l'analyste de Tikrit, n'avait aucune envie de perdre du temps à traquer. Et pourtant, ils allaient prouver que l'approche par le réseau fonctionnait réellement. Il s'avéra que l'un des deux hommes était le cousin d'un compagnon de pêche du Gros, Mohammed Khudayr. Ce pêcheur et son cousin possédaient aussi une propriété à Bagdad susceptible de servir de refuge au Gros. Maddox fit passer l'information.

Lors d'une des dernières nuits de Maddox en Irak, un major évoqua par hasard un raid en train d'avoir lieu dans une maison de Bagdad-le refuge du pêcheur. Quelques heures plus tard, les hommes des opérations spéciales revenaient avec quatre prisonniers cagoulés, parmi lesquels se trouvait Mohammed Khudayr. Une fois encore, semblait-il, le Gros leur avait échappé. Encore une piste en impasse, comme tant d'autres.

Un peu plus tôt le jour même, Maddox avait briefé le commandant des opérations spéciales sur son organigramme et son approche par les réseaux sociaux. Ce dernier avait été si impressionné qu'il avait demandé à Maddox d'en parler à l'officier des renseignements du CENTCOM [United States Central Command] le lendemain à Doha, au Qatar. L'avion décollait à 8 heures du matin. A 2 heures, six heures avant de quitter l'Irak, Maddox commença à interroger Mohammed Khudayr.

Et sous la cagoule...

Après de longs échanges, Maddox reçut un choc en apprenant de la bouche de Khudayr que le Gros était avec lui lors de sa capture. Maddox retourna à toute vitesse à la prison et arracha les cagoules des trois autres hommes capturés ce jour-là. Le troisième était Mohammad Ibrahim Omar al-Musslit. Ils avaient trouvé le Gros; il leur avait juste fallu quelques heures pour s'en rendre compte.

A Tikrit, le major Brian Reed posa d'un geste sec une feuille de papier kraft sur la table. En une quinzaine de minutes, Reed et son commandant, le colonel Jim Hickey, esquissèrent les grandes lignes d'un plan de capture de Saddam Hussein. Le Gros avait livré à Maddox le lieu de sa cachette au bout de quelques heures d'interrogatoire seulement: une ferme au bord du Tigre, près de la ville d'al Dawr. L'endroit revêtait une signification particulière pour le dictateur.

En 1959, après sa tentative ratée d'assassinat du Premier ministre irakien, Saddam avait fui à al Dawr avant de traverser le Tigre à la nage pour rejoindre la Syrie. Après son accession au pouvoir, Saddam mit en scène cette traversée tous les ans pour célébrer l'anniversaire de sa fuite.

Alors que Maddox se trouvait désormais à Doha, Mohammad Ibrahim Omar al-Musslit fut transporté par avion de Bagdad à Tikrit, puis conduit à la ferme par les membres des opérations spéciales qui avaient rendez-vous avec les troupes de la 4e division d'infanterie commandée par Hickey. Reed raconte qu'il s'attendait à un nouveau «puits sec», comme à chaque fois qu'il avait eu un tuyau sur la cachette de Saddam. Hickey, quant à lui, était plus sûr de son coup. Après une première fouille infructueuse de la propriété, Mohammad montra du doigt l'endroit où le célèbre trou de souris de Saddam était dissimulé. La traque de l'homme le plus recherché d'Irak venait de s'achever".


Chris Wilson
Traduit par Bérengère Viennot.(Mars 2010)
Sources: slate.fr 3/5 et 4/5

Autre documents du dossier: A la recherche de Saddam Hussein 1/5, 2/5 et 5/5